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Prix des logements : ce qui manque, « c'est la volonté politique »

Affiche de logement à louer devant un immeuble.

Le prix des logements à louer dans le Grand Moncton ne cesse d'augmenter. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Le prix des loyers du Grand Moncton monte en flèche. Radio-Canada révélait cette semaine que des locataires ont vu leur mensualité augmenter de plus de 40 %, et ce, en toute légalité. Alors que l’hiver approche et que de plus en plus de gens se cherchent un logement abordable, des changements sont réclamés.

William Morissette est l’un de ces locataires qui a reçu une lettre l’avisant que son loyer sera majoré de 460 $ par mois, pour atteindre 1200 $. Il est loin d’être le seul dans cette situation.

C’est vraiment affreux. On est en période de pandémie aussi, donc c’est plus difficile pour les gens aussi de se trouver un logement. C’est aussi la période avant Noël. C’est vraiment désastreux pour les gens qui font face à ce genre d’augmentation là, note Jean-Claude Basque, du Front commun pour la justice sociale, en entrevue à La matinale.

Le ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, Bruce Fitch, a affirmé pour sa part que les locataires de l’immeuble devraient contacter son ministère et voir s'il y a une possibilité pour eux de trouver un logement abordable.

Je crois que le propriétaire des immeubles d'habitation n'est pas très juste lorsqu'il augmente les loyers à ce point.

Bruce Fitch, ministre du Développement social
Jean-Claude Basque au micro de La matinale.

Jean-Claude Basque du Front commun pour la justice sociale (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

En moyenne, un logement de deux chambres dans le Grand Moncton coûte 870 $ par mois. En trouver un à ce prix au cœur de la municipalité n’est pas chose facile. En effet, selon le rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, en 2018, le taux d’inoccupation, c’est-à-dire le nombre de logements disponibles, a chuté pour la cinquième année consécutive, à 2,7 %. Il est inférieur à la moyenne provinciale de 3,2 %.

Selon les données pour 2019, le taux est de 2,2 %. De moins en moins de logements locatifs sont alors disponibles dans la région.

Les prix continuent aussi d’augmenter. Le loyer moyen pour un logement de deux chambres en 2018 était de 831 $ par mois à Moncton. Il est aujourd’hui de 870 $.

Tous les loyers qui sont au-dessus de ce prix-là ne sont certainement pas abordables, souligne M. Basque.

Pour pallier la demande de logements, de nouveaux logements sont construits dans la région. Plusieurs grues se dessinent d’ailleurs dans le ciel, mais ce sont tous des appartements qui ne sont pas abordables. C'est pour des gens qui ont de l’argent, selon M. Basque.

Un plafond d'augmentation réclamé

Contrairement au Québec ou à l’Ontario, le Nouveau-Brunswick n’impose pas de limite sur l’augmentation des loyers. En Atlantique, seule l’Île-du-Prince-Édouard limite les augmentations à environ 2 % par an.

Selon M. Basque, la balle est dans le camp du gouvernement provincial, qui devrait légiférer pour limiter les hausses annuelles des loyers ou encore forcer les développeurs à construire un pourcentage de logements abordables.

Ce qui manque au Nouveau-Brunswick, c’est la volonté politique, a-t-il déclaré.

L’opposition libérale à Fredericton affirme qu’elle pressera le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs d'agir dans ce dossier.

Robert Gauvin en entrevue dans un studio radiophonique.

Robert Gauvin, député libéral de la circonscription de Baie-de-Shediac-Dieppe

Photo : Radio-Canada / Marc-André Haché

En Ontario, les propriétaires ne peuvent pas monter le loyer à leur guise. Donc, c’est possible. Nous, on peut arriver en Chambre dès le mois de novembre, et on le fera, pour déposer une motion demandant au gouvernement de légiférer là-dessus, a avancé le député libéral Robert Gauvin dans son entrevue à La matinale.

Robert Gauvin rappelle que le précédent gouvernement, celui de Brian Gallant, a signé un accord de 300 millions de dollars avec le gouvernement fédéral afin de créer plus de logements abordables au Nouveau-Brunswick.

Le levier peut être actionné par M. Higgs, a conclu M. Gauvin.

Le Parti vert craint des conséquences graves

Ce n’est pas acceptable d’avoir des augmentations de loyer autant haut que cela, dit la députée verte de Memramcook-Tantramar, Megan Mitton. Il faut avoir des protections pour les locataires, il faut avoir quelque chose pour que les loyers ne puissent augmenter comme cela.

Elle rappelle qu’un projet de loi du Parti vert de 2018 proposait une protection pour les locataires en s’assurant que les loyers ne puissent pas augmenter de 50 %.

Le chef du Parti vert, David Coon, proposait alors une augmentation liée au coût de la vie et de consommation, ou bien un maximum d’augmentation de loyer de 3 % par année.

Megan Mitton affirme que dans la province voisine, à l’Île-du-Prince-Édouard, une loi restreint les augmentations de loyer à un maximum de 2 % annuellement.

On a un manque de logements abordables, ici, au Nouveau-Brunswick. C’est dans les milieux urbains, mais aussi dans les régions rurales.

Megan Mitton, députée verte de Memramcook-Tantramar.

Le revenu des locataires n’augmente pas en même temps que leur loyer, rappelle Megan Mitton. Une des conséquences peut être que les gens perdent leur logement. On va peut-être voir une augmentation de gens qui sont sans abri, dit-elle.

Pour ceux qui réussissent à garder leur toit, la qualité de vie pourrait alors se dégrader fortement. Selon Megan Mitton, les locataires couperont ailleurs dans leur budget, comme sur leurs dépenses en nourriture saine ou en médicaments.

On voit qu’il y a des conséquences qui contribuent à la pauvreté au Nouveau-Brunswick, dit la députée verte.

Elle ajoute que ce problème n’est pas nouveau dans la province, mais la pandémie de COVID-19 a empiré la situation, puisque les prix ont augmenté tandis qu'un certain nombre de personnes ont perdu leur emploi.

Je crois que c’est un droit humain d’avoir le logement. Ce devrait être une priorité de notre gouvernement.

Megan Mitton, députée verte de Memramcook-Tantramar.

Elle ajoute que dans les refuges pour sans-abris de la province, plusieurs personnes sont à la recherche d’un logement abordable.

Le Parti vert a l’intention de faire pression sur le gouvernement de Blaine Higgs à ce sujet. Il faut bouger plus vite, dit Megan Mitton, qui aimerait que le gouvernement propose un projet de loi semblable à celui que son parti a présenté en 2018.

Avec les renseignements de La matinale et de Michel Corriveau

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