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Analyse

Partielles à Toronto : un message préoccupant pour Justin Trudeau

Annamie Paul, souriante, devant un micro.

Annamie Paul, chef du Parti vert du Canada, prononce son discours après avoir perdu l'élection partielle de Toronto-Centre face à la candidate libérale Marci Ien, le lundi 26 octobre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Deux châteaux forts libéraux ont tremblé sous la menace de l’adversaire lors des élections partielles de lundi dans la région de Toronto. Les électeurs avaient une première occasion de porter leur jugement sur la gestion de la pandémie du gouvernement Trudeau. Le message envoyé est loin d’être entièrement réjouissant pour le premier ministre.

Les libéraux conservent leur deux sièges, mais ils ont perdu quelques plumes. Ces résultats décevants vont compliquer la vie à Justin Trudeau, qui jongle toujours avec l’idée de déclencher des élections dès cet automne, ou d’attendre à plus tard.

La lutte très serrée dans York-Centre est une bonne nouvelle pour Erin O’Toole. Le chef conservateur, à son premier test dans une partielle, démontre qu’il a le potentiel d’être au moins aussi concurrentiel que Stephen Harper dans les banlieues torontoises.

Quant à la chef du Parti vert, elle a de quoi se réjouir. Sa deuxième position dans Toronto-Centre, avec 30 % des voix, est une victoire morale. Elle révèle qu’Annamie Paul est une force avec laquelle il faudra composer dans les milieux urbains et progressistes. Ce qui est une très mauvaise nouvelle pour le NPD de Jagmeet Singh

Un bémol cependant : le taux de participation de 25 % dans York-Centre et de 31 % dans Toronto-Centre sont assez faibles (même pour des partielles) en raison de la pandémie. C’est aussi peut-être un signe que les électeurs n’étaient pas grandement motivés à se débarrasser des libéraux.

À quand les élections?

Si Justin Trudeau voulait faire de ces deux élections partielles un baromètre de la popularité de son gouvernement, le message reçu n’a probablement pas suffisamment éclairé ses lanternes.

Les résultats pas très encourageants de lundi soir pourraient donner des arguments aux faucons du parti, qui souhaitent déclencher des élections plus tôt que tard, avant qu’une possible chute libérale ne se poursuive.

Les mêmes résultats peuvent également être interprétés par les colombes du parti comme un signe que la fenêtre pour une élection cet automne vient de se refermer pour de bon, et que la meilleure option est de maintenir ce gouvernement minoritaire en vie le plus longtemps possible.

Les débats au sein du caucus libéral cette semaine en seront d’autant plus intéressants.

Mme Ien prend la parole dans un point de presse après sa victoire.

La libérale Marci Ien a été élue députée de Toronto-Centre, le 26 octobre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Annamie Paul tire son épingle du jeu

L’équipe des verts en Ontario a mis le paquet dans la partielle de Toronto-Centre, même si Annamie Paul semblait entrer dans l’arène à reculons.

Elle a demandé à deux reprises que l’élection soit annulée à cause de la pandémie. Sa prédécesseure Elizabeth May a même demandé au NPD de ne pas présenter de candidat, pour donner les coudées franches à la nouvelle chef qui n’a pas de siège aux Communes. Or, le NPD y a terminé bon troisième.

Le NPD voudra mettre l’accent sur le fait qu’il a sensiblement maintenu sa part du vote dans Toronto-Centre, contrairement aux libéraux, qui ont perdu environ 15 points.

N’empêche que si on combine les votes des verts avec ceux du NPD, ils auraient vaincu les libéraux et Annamie Paul serait élue députée. Ce qui ne va sûrement pas adoucir les relations entre les deux partis.

Erin O’Toole : potentiel de croissance

Les conservateurs qui suivaient la soirée dans York-Centre en direct hier n’ont probablement plus d’ongles aux doigts ce matin. Les bleus et les rouges se sont échangé la pôle position toute la soirée, parfois avec moins de 10 voix de différences.

L’équipe d’Erin O’Toole essayait de diminuer les attentes au cours des derniers jours, et disait ne pas fonder beaucoup d’espoir de conquérir une forteresse libérale qui a enregistré dans le passé des majorités de 60 % et 70 % à Ken Dryden et Art Eggleton.

Or, le candidat conservateur a donné des sueurs froides aux libéraux.

Ils ont perdu 7 points comparativement à l’élection générale d’il y a un an; les conservateurs en ont gagné six. Les rouges doivent peut-être leur survie à la division du vote de protestation. Le NPD, les verts, le Parti populaire et le candidat indépendant ont accumulé ensemble plus de 2100 voix. Les libéraux ont gagné par 700 votes.

En choisissant Erin O’Toole, les conservateurs voulaient un chef qui puisse recoudre la grande tente bleue de Stephen Harper et reconquérir les circonscriptions cruciales dans la région du Grand Toronto. Le résultat dans York-Centre leur donne espoir d’être sur le bon chemin.

Un mot en terminant sur le chef du Parti populaire, Maxime Bernier, qui demeure orphelin de circonscription. Il termine quatrième dans York-Centre.

En tentant sa chance à 830 km de sa Beauce natale, il n’espérait pas vraiment l’emporter. C’était surtout une façon pour lui de faire acte de présence; une occasion aussi d’amasser des dons pour son parti qui bat de l’aile. Avec à peine 640 votes, c’est un autre signal envoyé par l’électorat qu’il est peut-être temps pour Maxime Bernier de réfléchir à l’avenir de son parti.

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