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Thérapies de conversion : un projet de loi qui expose la division des conservateurs

Une main s'agite devant un drapeau arc-en-ciel.

Le projet de loi criminaliserait le fait de forcer les gens à suivre une thérapie pour changer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Photo : AFP / DIBYANGSHU SARKAR

La Presse canadienne

Les conservateurs tenteront de modifier le projet de loi libéral qui criminaliserait le fait de forcer les gens à suivre une thérapie pour changer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

En signalant lundi son intention de proposer un amendement au projet de loi, le Parti conservateur a également exposé les efforts qu'il déploie pour combler le fossé entre sa base socialement conservatrice et les députés plus modérés de son caucus.

Le député conservateur Eric Duncan, qui est ouvertement gai, a lancé la réponse officielle des conservateurs au débat en deuxième lecture du projet de loi C-6. Il a affirmé que les soi-disant thérapies de conversion constituaient une pratique terrible, inhumaine et dangereuse qui doit prendre fin.

Mais avant son intervention, ce sont des députés de l'aile socialement conservatrice du parti qui ont posé les premières questions au ministre de la Justice David Lametti. Ils se sont dits inquiets que le projet de loi aille trop loin et rende illégal, par exemple, le fait pour des leaders religieux ou des parents de parler aux enfants des thérapies de conversion.

M. Duncan a déclaré lundi que le parti chercherait à amender le projet de loi pour s'assurer que l'intention déclarée du gouvernement de ne pas criminaliser les conversations à ce sujet soit explicitement mentionnée dans le texte.

Dans son discours, M. Duncan a raconté sa propre sortie du placard en 2017 et comment il a été accueilli avec soutien et amour. Ce n'est pas le cas pour tout le monde, a-t-il dit, en mentionnant l'histoire de deux hommes qui se sont suicidés après des années de lutte contre leur propre orientation sexuelle.

Le Parlement doit s'assurer que le projet de loi soit adopté afin d'envoyer un message important, a-t-il affirmé.

C'est correct d'être gai. Il n'y a rien de mal à être trans. Ils peuvent vivre leur vie comme ils sont et être ce qu'ils sont, a déclaré M. Duncan.

Les Canadiens savent que soumettre quiconque à une thérapie de conversion est une erreur et nous devons protéger ceux qui sont vulnérables.

Eric Duncan, député conservateur

Un vote libre pour les conservateurs

Si elle est adoptée, la loi interdirait les thérapies de conversion pour les mineurs et rendrait illégal le fait d'envoyer un mineur à l'étranger à cette fin. Il serait également interdit d'obliger un adulte à suivre une telle thérapie contre son gré, ou de tirer profit de ces thérapies et des publicités à leur sujet.

Le chef conservateur Erin O'Toole a annoncé que les députés de son parti pourraient voter librement sur ce projet de loi, estimant qu'il s'agit d'un cas de conscience. C'est la concrétisation d'une promesse qu'il avait faite lors de la course à la direction qu'il a remportée, une victoire attribuée en partie aux conservateurs sociaux du parti dont il a finalement obtenu l'appui.

La députée conservatrice Cathay Wagantall, qui parraine un projet de loi d'initiative parlementaire visant à interdire l'avortement sélectif selon le sexe, a estimé lundi que le projet de loi sur les thérapies de conversion restreignait la liberté de choix et d'expression des Canadiens, y compris les personnes des minorités sexuelles et de genre.

Elle a cité le cas d'une femme qui a changé de sexe et qui l'a ensuite regretté, suggérant que le projet de loi l'empêcherait de parler de son expérience pour avertir les autres des conséquences.

Derek Sloan, candidat malheureux à la direction du parti, avait également affirmé lors de sa campagne que le projet de loi criminaliserait les conversations à ce sujet entre les parents et leurs enfants. Lundi, il a dit craindre que le projet de loi, tel que rédigé, criminalise la prière.

Les libéraux ont insisté sur le fait que le projet de loi n'interdirait pas les conversations ordinaires visant à guider ceux qui remettent en question leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Ce que nous interdisons, c'est une pratique, a déclaré le ministre Lametti en réponse au député Sloan. Il y a une grande différence avec une personne qui discute ou qui prie.

Il y a une grande différence entre, d'une part, tenter de déterminer qui est une personne et, d'autre part, dire à quelqu'un que ce qu'il est est problématique ou mal, puis essayer de changer cela pour autre chose.

David Lametti, ministre de la Justice

Les libéraux n'ont pas encore dit si leurs députés pourraient voter librement sur cette question.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a indiqué que son caucus voterait pour le projet de loi, bien que le député Randall Garrison ait estimé lundi que le texte n'allait pas assez loin puisqu'il n'interdit pas catégoriquement toute pratique des thérapies de conversion.

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