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Cinéma : ces villes ontariennes qui veulent ressembler à Toronto

Une salle de cinéma vide.

Les maires demandent des conditions fiscales semblables à celles en place à Toronto.

Photo : Shutterstock / hxdbzxy

Les maires de six municipalités du Sud-Ouest de l’Ontario ont conjointement signé une lettre ouverte dans laquelle ils demandent au gouvernement provincial d’accorder à leurs villes les mêmes incitatifs fiscaux que Toronto.

Les élus de Chatham-Kent, London, Sarnia, St-Thomas, Windsor et Stratford souhaitent accueillir plus de tournages de films et de séries.

Pour Mike Bradley, maire de Sarnia, l’industrie cinématographique offre la possibilité de créer des emplois sur le long terme. Elle serait une aubaine pour la région, d’autant que le cinéma n’y est pas tout à fait nouveau.

Des scènes de Bowling for Columbine de Michael Moore ont été tournées à Sarnia. Le film Renaissance Man a également été en partie tourné à Sarnia. Il y a un certain nombre de productions Netflix qui sont tournées en ce moment à St-Thomas, ajoute-t-il.

Nous avons été approchés par le passé, mais le problème c’est que si vous êtes un producteur ou un réalisateur et que vous vous rendez compte que vous pouvez obtenir des avantages ou des déductions fiscales en allant à Toronto ou dans le Nord [de l’Ontario]. C’est difficile pour nous de rivaliser.

Mike Bradley, maire de Sarnia
Mike Bradley dit que sa ville a déjà accueillie le tournage de quelques films mythiques.

Le maire de Sarnia Mike Bradley.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Développer une main-d’œuvre locale

Mike Bradley est conscient des défis liés au développement d’industries cinématographiques dans la région.

La quasi-totalité des métiers du cinéma, nécessaires à la production de contenus, est présente dans une ville comme Toronto, ce qui est loin d’être le cas dans des villes de plus petite taille.

M. Bradley pense toutefois que ces ressources peuvent être développées. Il prend l’exemple de Stratford qui est mondialement connu pour ses ressources en matière de théâtre. Des ressources sur lesquelles il est possible de s’appuyer.

C’est un avis que partage Vincent Georgie qui est à la fois directeur du Festival international du film de Windsor (WIFF) et de l’École des arts créatifs de l’Université de Windsor.

Selon lui, la région est d’autant plus prête à accueillir plus de tournages que des programmes postsecondaires existent déjà, qui forment chaque année du personnel.

Il y a des programmes de formation technique qu’on a autant à l’Université [de Windsor] que dans les collèges ici dans notre région qui pourraient appuyer cette initiative. Côté main-d'œuvre, c’est essentiel que ce soit possible de façon locale, précise-t-il.

Le directeur général et chef programmateur du WIFF, Vincent Georgie, à l'extérieur devant une affiche du WIFF.

Le directeur général et chef programmateur du WIFF, Vincent Georgie

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Pour M. Georgie, les étudiants ne demandent qu’à vivre de leur passion.

Quand on voit nos diplômés, ils aimeraient rester travailler, mais souvent ce n’est pas possible parce qu’il n’y a pas assez de tournages qui se passent ici

Vincent Georgie, directeur du WIFF et de l’École des arts créatifs de l’Université de Windsor

Des opportunités concrètes

Gemma Eva, réalisatrice et étudiante en maîtrise à l’Université de Windsor, pense qu’un important travail devra être fait pour développer une industrie cinématographique locale. Elle note que peu de longs métrages sont, en ce moment, produits dans la région, contrairement aux courts métrages qui se font en plus grand nombre.

Les courts métrages ne peuvent cependant pas seuls servir à retenir les diplômés, d'autant qu'iI est nécessaire pour les réaliser d'obtenir des subventions, sans lesquelles ces courts métrages ne pourraient pas se faire.

Gemma Eva pense qu'il faudra des propositions concrètes pour amener les diplômés des programmes de cinéma et de théâtre à rester dans la région.

La réalisatrice Gemma Eva, originaire de Windsor

Photo : Gemma Eva

Pour Mme Eva, il y a une forme d'exode des talents vers les grandes villes comme Toronto. Puisque la région n’est pour le moment pas réputée pour son industrie cinématographique, il faudra des opportunités concrètes pour pousser les diplômés locaux à rester .

La production de films ici repose plus sur la passion que sur des opportunités de carrière. [...] Il n’est pas possible de payer ses factures ici en travaillant dans l’industrie cinématographique.

Gemma Eva, réalisatrice et étudiante en maîtrise à l'Université de Windsor

Vincent Georgie pense, quant à lui, que la région a tout à offrir. Il affirme que des incitatifs fiscaux couplés à la spécificité de villes comme Windsor ne pourront que séduire les producteurs de films.

Si on pense au caractère et au visuel qu’on voit dans le coin de Walkerville et on compare ça a ce qu’on peut voir au centre-ville, à ce qu’on peut voir à Tecumseh, ce qu’on peut voir à l’île Pelée, ce qu’on peut voir à Leamington... C’est quand même des géographies et des éléments visuels très différents, tous dans une ville qui est quand même petite, explique-t-il.

Un long sentier en bois au-dessus d'un champ vaseux.

Pour Vincent Georgie, la météo clémente de la région ainsi que sa proximité avec des cours d'eau ne peut que séduire les producteurs de films.

Photo : Parcs Canada

Pour monsieur Georgie, il ne faut pas non plus oublier que Windsor, comme d'autres villes du Sud-Ouest de l'Ontario, offre de grands espaces ainsi qu’une vue sur l’eau et une météo de choix.

La lettre des six maires envoyée à Lisa MacLeod, ministre des Industries du patrimoine, du sport, du tourisme et de la culture, n'a pas encore reçu de réponse de sa part.

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