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Aucune garantie en cas de faillite de GNL Québec, dénonce la Fondation David Suzuki

Deux bateaux voguent dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Vue du fjord du Saguenay, près duquel serait construit le projet d'usine de transformation de gaz naturel GNL Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre Shields

La Fondation David Suzuki relève un vide juridique dans la loi québécoise et croit que le Québec pourrait payer très cher en cas de faillite ou d’abandon du projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à La Baie par GNL Québec.

Au nom de leur organisation, Diego Creimer et Stéphanie Roy recommandent donc au BAPE de demander au ministre de l’Environnement du Québec, Benoît Charette, de faire les modifications nécessaires au cadre législatif de façon à pouvoir exiger des montants en garantie auprès de l’entreprise. La Fondation David Suzuki était la première à prendre la parole lors des audiences du BAPE tenues en soirée par la commission d’enquête indépendante sur GNL Québec.

La deuxième portion des audiences publiques, tenues à la suite d’une première partie en septembre, a débuté lundi après-midi.

David contre Goliath

Jean Paradis, un citoyen fermement opposé au projet qu’il perçoit comme insoutenable, déplore le fait que l’on s’attarde peu aux impacts psychosociaux d’Énergie Saguenay et que ce volet n’ait pas été inclus dans l’étude d’impact. Le citoyen, associé à la Coalition Fjord, réclame une analyse en profondeur des effets cumulatifs du projet depuis 2014.

Il y a des préoccupations, il y a de l’angoisse et de l’anxiété, observe-t-il, faisant notamment référence aux jeunes qui, selon lui, sont nombreux à perdre foi en l’avenir en raison de projets qui misent sur l’exploitation des énergies fossiles.

Catherine Morissette, mairesse de Saint-David-de-Falardeau, s’est elle aussi exprimée en soirée pour dire qu’un juste équilibre est nécessaire entre économie et environnement. Elle pense que l’implantation d’un terminal de liquéfaction de gaz naturel sur les rives du Saguenay demeure un projet d’envergure qui rendrait la région prospère à nouveau.

Catherine Morissette invite d’ailleurs la population régionale à se mobiliser en faveur d’Énergie Saguenay, dont les initiateurs prévoient la création d’environ 6000 emplois en cours de construction.

Un projet qui contribuerait à l'enrichissement des money junkies, selon un intervenant

Henri Jacob, de l’Action boréale, est convaincu que les projets de terminal et d’usine auraient dû être évalués en même temps par le BAPE puisqu’ils sont intrinsèquement liés. Plusieurs intervenants ont fait valoir le même point de vue au cours des délibérations qui se sont déroulées en après-midi.

On nous dit qu’on va analyser le frigidaire et après, on va analyser le tuyau, dénonce l’acolyte du poète et chanteur Richard Desjardins. Selon Henri Jacob, le projet de GNL Québec contribuerait à l’enrichissement des money junkies.

Une quinzaine de participants ont pris la parole en soirée et ont exposé leurs arguments aux deux commissaires, Denis Bergeron et Laurent Pilotto, par vidéoconférence. Au total, une trentaine d’intervenants ont été entendus au cours de cette première journée d’audiences.

Environ 250 personnes prendront la parole jusqu’au 5 novembre. La commission rapporte avoir reçu 2550 mémoires de la part de citoyens et d’organismes tous azimuts.

GNL Québec souhaite recevoir l’aval du gouvernement du Québec l’an prochain pour démarrer la construction de son usine en 2022, pour une mise en service en 2026.

Le BAPE devra soumettre son rapport au ministre de l’Environnement en janvier.

Des signaux d'alerte

Marc Nantel, de l’organisme GazoduQ!, parlons-en! y est allé d’une présentation étoffée, que le président de la commission, Denis Bergeron, a qualifiée de très instructive.

Le militant soutient que le projet n’offrira rien en matière environnementale.

La prétention de l’entreprise que la baisse de GES va permettre la modernisation des infrastructures dans d’autres pays, pour nous, c’est de la simple spéculation, a martelé le co-porte-parole de GazoduQ!, parlons-en!

Il a fait valoir que son regroupement se soucie du fait que l’offre mondiale pour le gaz naturel est actuellement à son plus fort et que la baisse de demande fera en sorte qu’il sera difficile d’obtenir un prix rentable pour ce type d’énergie.

De surcroît, Marc Nantel pense qu’Énergie Saguenay ne tient pas la route en termes économiques et que le montage financier bat de l’aile en raison, notamment, du retrait de Berskhire Hathaway, un important bâilleur de fonds.

On s’inquiète beaucoup que le gouvernement embarque dans un projet qui donne déjà des signaux d’alerte […]. Le BAPE perd beaucoup de crédibilité parce que le premier ministre et plusieurs ministres se sont prononcés en faveur du projet, a signalé le co-porte-parole.

Marc Nantel a d'ailleurs demandé à la commission d’enquête du BAPE de proposer au gouvernement qu'elle devienne décisionnelle dans ce projet.

Enfin, au nom des étudiants en intervention plein air de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Guillaume Lavigueur a mis fin à la soirée d’audiences sur une note romanesque pour signifier aux commissaires que lui et ses collègues rejettent le projet de complexe méthanier.

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