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Des vacances de Noël prolongées dans les écoles pour freiner le virus?

Une classe vide remplie de pupitres.

Serait-ce possible de prolonger les vacances de Noël pour limiter la propagation du coronavirus? Pour le moment, le premier ministre n'entrevoit pas cette option.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La rumeur circule dans le milieu de l’éducation : pourrait-on prolonger les vacances de Noël des écoles du Québec pour limiter la propagation de la COVID-19, en raison des rassemblements en famille pendant le temps des Fêtes?

Ce n'est pas une option actuellement pour le premier ministre François Legault. La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) estime plutôt que M. Legault devrait faire preuve d’ouverture.

Pourquoi ne pas en parler dès maintenant, parce qu’on le sait qu’il pourrait y avoir des rassemblements à Noël, en petit nombre, donc si on se prépare, on pourrait limiter la propagation avant, et après, explique Sylvain Mallette, président du syndicat.

M. Mallette souligne avoir discuté de cette possibilité avec le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lundi après-midi, et que ce dernier s’est montré plus ouvert.

Lundi soir, le cabinet du ministre Roberge a toutefois répondu qu'il n’est pas prévu de prolonger le congé des Fêtes. Si des aménagements sont à prévoir, nous informerons le réseau scolaire et la population au moment opportun.

Déjà trop de retard

Lors de la conférence de presse de 17 h, lundi, le premier ministre a déclaré que son gouvernement n'envisage pas une période d’isolement dans les écoles, avant et après le congé de Fêtes.

Non, on a déjà perdu beaucoup de semaines au printemps, il y a du rattrapage à faire, donc il n'est pas question de raccourcir les sessions, a souligné François Legault.

Sylvain Mallette de la FAE rétorque cependant que le premier ministre pourrait être forcé de revenir sur sa décision, si jamais les taux d’infection au nouveau coronavirus étaient encore élevés en décembre.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement, lors d'un point de presse à Québec.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement. La FAE représente quelque 50 000 enseignants au Québec, à travers neuf syndicats affiliés.

Photo : Radio-Canada

J'invite le premier ministre à être un peu moins catégorique dans sa réponse.

Sylvain Mallette, président de la FAE

On sait maintenant que les adolescents sont des transmetteurs du virus, et on s’imagine au retour des Fêtes dans des classes où on ne peut pas ouvrir les fenêtres, on pourrait voir une plus grande transmission, précise-t-il.

D'après lui, la santé publique pourrait alors recommander que le congé des Fêtes soit plus long.

Un enseignant au secondaire, à Québec, souhaite toutefois rappeler que la priorité doit demeurer celle de garder les élèves à l'école le plus possible. Sylvain Dancause ajoute que les élèves qui reviennent en classe après une période d'isolement ou de confinement ont perdu certaines bonnes habitudes, et que ça peut nuire à leur apprentissage.

Pas en mode virtuel

Mais si jamais la santé publique choisit de prolonger les vacances de Noël, le président de la FAE croit qu’il est important d’en parler maintenant, puisqu’une telle décision pourrait avoir plusieurs effets sur les élèves et les enseignants.

Si c’était le cas, et qu’il fallait partir en vacances plus tôt, et revenir plus tard, il faut que les choses soient dites suffisamment tôt, dit-il.

M. Mallette précise que ces semaines de vacances prolongées pourraient difficilement être réalisées en enseignement virtuel.

Cette prolongation ne doit pas se tenir en virtuel. On ne veut pas virer un réseau de bord pour faire une semaine d’enseignement à distance, c’est ça qui guide nos conversations avec le ministre présentement.

Selon lui, il est possible que les écoles contribuent à nourrir la deuxième vague, même après le temps des Fêtes. Il faut être prêt.

Lundi, le premier ministre s’est montré rassurant concernant la situation dans les écoles. Un total de 881 classes sont actuellement fermées, sur 45 000 au Québec, en raison de la COVID-19.

Il y a quelques semaines, on était à un peu plus de 1000, donc c’est bien, a-t-il ajouté.

Le gouvernement a néanmoins annoncé que les élèves de troisième secondaire devront eux aussi faire une journée sur deux à l’école, l’autre à distance, en zone rouge, dès lundi.

Les élèves de quatrième et cinquième secondaire suivent cet horaire depuis le 8 octobre, en zone rouge.

Les enseignants surchargés

Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement du Québec, la présidente Josée Scalabrini ne croit pas que les vacances de Noël prolongées dans les écoles soient la seule option. Elle estime que les enseignants ont tout simplement besoin de repos.

Au début octobre, les commentaires qu'on avait c'est qu'ils ont déjà l’impression d’être aux Fêtes. Là, on sent comme si on est à la relâche. Le niveau de détresse et d'épuisement est grand, affirme Mme Scalabrini.

Mme Scalabrini croit même qu'un temps d'arrêt en novembre, pour permettre aux enseignants de reprendre leur souffre, serait nécessaire. Ils ont dû s'adapter, aux nouvelles mesures, à l'enseignement à distance, rapidement, et sans formation, et les parents non plus n'ont pas eu de formation, soutient-elle.

Elle souligne, cependant, sans en faire la demande, qu'un retour du congé de Noël une semaine plus tard qu'à l'habitude pourrait être une bonne option pour réduire la transmission du virus.

Mardi, la Fédération des comités de parents du Québec a préféré ne pas donner d'entrevue sur le sujet.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc et Camille Simard

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