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Le CIUSSS octroie des contrats de plus de 6 M$ à des cliniques privées

Un chirurgien prend un instrument dans sa main.

Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS a octroyé deux contrats totalisant 6,3 millions de dollars à des cliniques privées pour les chirurgies d'un jour (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Pour alléger ses listes d'attente, le CIUSSS de l'Estrie - CHUS a octroyé deux contrats totalisant 6,3 millions de dollars à des cliniques privées pour les chirurgies d'un jour.

Ces contrats s’étendent sur une période de trois ans avec la possibilité d'ajouter à deux reprises une année supplémentaire. Ils pourraient donc s’étaler sur cinq ans, d’après l’appel d’offres dont Radio-Canada a pu obtenir copie.

D'ailleurs, au début du mois, le CIUSSS de l'Estrie - CHUS avait annoncé devoir se tourner vers le privé pour réduire les listes d'attente qui s'étaient considérablement allongées pendant la pandémie.

La première clinique impliquée est une compagnie à numéro où est actuellement située la clinique OculoVision, sur la rue King Ouest, à Sherbrooke. Des chirurgies pour les cataractes y seront effectuées comme le stipule l'appel d'offres. Ce premier contrat s’élève à 3,7 millions de dollars. Environ 2500 chirurgies y seront effectuées annuellement.

L’autre contrat a été octroyé à Services chirurgicaux des Cantons inc., une clinique située sur la rue Lionel-Groulx, toujours à Sherbrooke, pour un montant de 2,6 millions de dollars. Cette clinique s’occupera quant à elle des chirurgies d'un jour en plastie. Le nombre estimé de chirurgies sera de 360 par année.

Nous avons tenté de joindre les propriétaires de ces deux cliniques, mais nous sommes toujours sans réponse.

Soupir de soulagement du côté du syndicat

Du côté du syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est, on a poussé un soupir de soulagement en apprenant que les professionnels du CIUSSS de l'Estrie-CHUS ne seront pas réquisitionnés dans ces deux cliniques privées. Le personnel de ces cliniques travaillera conjointement avec des médecins du CHUS.

On avait beaucoup d’inquiétudes à savoir si le personnel serait délesté vers ce nouveau site parce qu’on manque déjà de personnel, indique Sophie Séguin, présidente du syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est.

Cette dernière explique qu’en temps habituel, le syndicat ne cautionne pas le privé. Mais pendant la période de COVID où le bloc opératoire est une spécialité où on est en manque de personnel, et où surtout beaucoup sont en [temps supplémentaire] et [temps supplémentaire obligatoire], ça nous donne une lueur d’espoir, lance-t-elle en entrevue.

Christine Labrie inquiète

De son côté, la députée solidaire Christine Labrie se dit inquiète de cette démarche du CIUSSS de l’Estrie - CHUS.

Dans le contexte, ça peut paraître d’avoir l’air d’un mal nécessaire, mais en même temps, je trouve ça assez inquiétant qu’on parle ici d’un contrat de trois ans minimum et qui pourrait aller jusqu’à cinq, lance-t-elle.

Il ne faudrait pas que la crise devienne une occasion de s’enfoncer davantage dans la privatisation du réseau et que ça nourrisse le système à deux vitesses qu’on avait déjà.

Christine Labrie, députée de Québec solidaire de Sherbrooke

S’il y a un manque de ressources et d’infrastructures à l’interne dans le CIUSSS pour procéder à ces opérations-là, il faut les ajouter. On ne peut juste pas pelleter ça dans la cour du privé pour les prochaines années, conclut la députée de Sherbrooke.

Contacté par Radio-Canada Estrie, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a fait savoir que personne n'était disponible pour répondre à nos questions ce lundi.

Avec les informations de Fanny Lachance-Paquette

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