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LHJMQ : des pertes financières jusqu'à un million $ pour les équipes des Maritimes

La traditionnelle poignée de main

La traditionnelle poignée de main

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Mathieu Massé

La pandémie de COVID-19 est passée comme un ouragan dans le monde du sport et la tempête n’est pas terminée. La Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) a pu reprendre ses activités, mais non sans faire des concessions. Des défis encore plus importants pourraient survenir si les choses ne changent pas avant la prochaine saison.

Les équipes de la division Maritimes de la LHJMQ ont un avantage sur les douze équipes québécoises : elles peuvent accueillir certains partisans lors de leurs parties. Grâce à la bulle atlantique, le nombre de cas de COVID-19 a été plus bas qu’ailleurs au pays. Toutefois, cette chance ne fait pas nécessairement en sorte que les équipes sont en excellente position.

Selon le président des Eagles du Cap Breton, Gerard Shaw, l'organisation néo-écossaise pourrait avoir un déficit de plusieurs centaines de milliers de dollars pour la saison actuelle.

À Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le président-directeur général des Sea Dogs, Trevor Georgie, fait état de pertes d’au moins un million de dollars cette année.

À Bathurst, l’état des finances du Titan était précaire avant même que la pandémie éclate. Le groupe de propriétaires de la franchise a d’ailleurs réduit son nombre d’actionnaires plus tôt cet automne, dans le but d’alléger et de redresser la structure financière du Titan.

Des propriétaires passionnés

Le PDG des Sea Dogs le dit d’emblée, sans le propriétaire, Scott McCain, il serait impossible de conserver une équipe à Saint-Jean dans l’état actuel des choses. Il s’agit certainement d’un point commun entre les propriétaires du Titan, des Eagles et des Sea Dogs.

M. McCain, c’est un homme d’affaires, mais c’est aussi un homme de communauté. C’est rare que les gens comme lui changent de chapeau et il le fait parce qu’il juge que c’est la communauté en entier qui va bénéficier de son investissement.

Trevor Georgie, président et directeur général des Sea Dogs de Saint-Jean
Un homme souriant donne une entrevue

Trevor Georgie, président et directeur général des Sea Dogs de Saint-Jean.

Photo : Facebook / LHJMQ / Vincent Ethier

Serge Thériault, avec onze autres actionnaires, a racheté les parts d’un groupe qui était plus large et plus complexe à gérer. Le but est absolument de garder l’équipe à Bathurst. Avec le groupe de propriétaires, on s’est donné un horizon de deux ans pour redresser les finances, mais la première année on a une pandémie alors ils faudra voir comment les choses vont se passer.

Pour Gerard Shaw, le président des Eagles du Cap Breton, l’actionnaire majoritaire, Irwin Simon est aussi en grande partie la raison pour laquelle la franchise y est toujours.

Moins de revenus

À Saint-Jean, Trevor Georgie affirme qu’il est de plus en plus difficile de faire balancer la colonne des revenus avec celle des dépenses. Selon lui, le Centre TD accueille aujourd’hui 25 % du nombre de spectateurs habituel. Avec une moyenne avoisinant les 3000 spectateurs par match, les pertes au guichet sont substantielles.

Un joueur effectue un tir.

En raison de la pandémie, les Sea Dogs, peut accueillir seulement 25 % du nombre de spectateurs normal.

Photo : La Presse canadienne / HO

Il ajoute aussi que davantage de détenteurs de billets de saison sont présents, ce qui a un impact important sur les ventes les soirs de matchs. Un spectateur qui vient 30 fois par année va moins dépenser chaque fois. Les gens qui viennent seulement deux ou trois fois par saison, ils vont peut-être acheter de la nourriture ou deux ou trois bières entre amis. C’est là que ça nous fait mal aussi, explique-t-il.

Le même raisonnement vaut avec la marchandise de l’équipe. Si tu viens très souvent voir les Sea Dogs, c’est pas plausible que tu achètes une nouvelle casquette toutes les semaines, illustre-t-il. 

Au Cap-Breton, on vit les mêmes problèmes avec un nombre de spectateurs qui avoisine 20 % du nombre habituel. Gerard Shaw souligne aussi le fait que leurs rivaux les plus proches, les Mooseheads d’Halifax, sont à cinq heures de route. C’est donc dire que malgré la division Maritimes, les frais de transports et d’hébergement ne descendent pas comme pour les autres équipes.

Moncton peut faire un match à Saint-Jean et revenir le même soir. Saint-Jean peut aller à Bathurst et faire pareil. Nous, on a des frais d’hôtel chaque fois, analyse-t-il. 

M. Georgie abonde dans le même sens. Plusieurs vont penser que vu qu’on reste dans les Maritimes, ça coûte moins cher, mais normalement, on a des deals avec les compagnies de transport parce qu’on fait beaucoup de route. Là, on fait moins de route, alors les deals sont moins bons et ça coûte cher quand même.

Un appel aux partisans

Serge Thériault lance de son côté un appel aux partisans du Titan. Il faut que les gens viennent voir les matchs, dit-il. L’effet de la pandémie se reflète sur le nombre de spectateurs, croit-il. Selon le plan opérationnel du Centre K.C. Irving, 1375 spectateurs peuvent assister aux matchs. Jusqu’à maintenant, on voit seulement un achalandage d'environ 1100 personne par match. Cette différence a un impact réel, selon Serge Thériault.

Un homme en entrevue devant le logo d'une équipe.

Serge Thériault, président du Titan d'Acadie-Bathurst.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

La crainte de la COVID est là pour beaucoup de gens, mais d’un autre côté, la façon que l’aréna est géré, il n’y a vraiment pas de risque. Je pense que les gens peuvent se sentir à l’aise de venir voir un match et que s’ils viennent, ils vont revenir parce qu’il vont réaliser que c’est pas dangereux.

Serge Thériault, copropriétaire du Titan d'Acadie Bathurst
Les spectateurs assistent au match. Ils sont assis dans les estrades. Ils regardent le jeu sur la patinoire.

Le Centre K.C Irving reçoit beaucoup moins de spectateurs en raison de la pandémie de COVID-19

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Une saison, mais pas deux

Gerard Shaw affirme sans hésiter qu’il est lui-même fort heureux de jouer la saison à l’intérieur seulement de la division Maritimes. Je dirais que pour cette année, c’est la meilleure des choses. Et j’irai même plus loin que ça, si la situation avec le Québec ne s’améliore pas cet hiver, on pourrait même faire un championnat entre nos équipes si ça devient nécessaire.

Mais il ne voit pas ce concept aller au-delà de la saison 2020-2021. Ça ne serait pas viable financièrement, dit-il.

Plusieurs équipes, c’est le cas des Sea Dogs, ont vu le nombre de leurs commanditaires chuter, eux aussi touchés économiquement par la pandémie. On n’est pas fâchés contre personne, assure Trevor Georgie, c’est pas comme s’ils n’aimaient plus l’équipe ou le produit, c’est juste qu’ils ne peuvent plus se le permettre. On comprend tellement ça.

Une foule dans le Harbour Station

Le repêchage de la LHJMQ se déroulait au Harbour Station de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick en 2017.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Il assure que plusieurs commanditaires ont pris une pause [forcée], et seront de retour dans des temps moins incertains.

Trevor Georgie n’a pas l’air inquiet, mais le contexte est plus qu’incertain. Malgré une pause forcée de deux semaines pour les équipes du Québec, des éclosions continuent d’être rapportées, comme du côté des Voltigeurs de Drummondville cette semaine.

Le gouvernement du Québec a donné un montant d’un million de dollars pour les douze équipes de la LHJMQ sur son territoire. Dans les Maritimes, pour le moment, aucune aide directe aux équipes de la LHJMQ n’est prévue, puisque les équipes ne sont pas privées de tous leurs revenus.

Les Islanders de Charlottetown et les Mooseheads d’Halifax n’ont pas répondu à la demande d’entrevue de Radio-Canada. Les Wildcats de Moncton, de leur côté, ne désiraient pas s’étendre sur l’aspect des impacts économiques sur l’organisation.

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