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La folie annuelle du pointu dans la rivière Touladi

Des dizaines de pêcheurs se rassemblent pour la pêche traditionnelle au corégone nain, communément appelé pointu.

La pêche au pointu se déroule chaque année du 15 au 28 octobre dans la rivière Touladi, au Témiscouata.

Photo : Radio-Canada

Jennifer Boudreau

La saison de la pêche du corégone nain, une pêche bien spéciale qui se pratique en automne à la tombée du jour, tire à sa fin dans la rivière Touladi, à Saint-Juste-du-Lac.

Les pêcheurs utilisent une puise en grillage métallique qui doit être rigide, puisqu'on pêche le poisson à contre-courant, lorsqu'il remonte en rivière pour aller frayer.

Cette pêche, d'abord effectuée par les Premières Nations, est toujours bien ancrée dans les mœurs des habitants de la région. Elle se pratique depuis plus de 4000 ans.

La pêche au pointu se déroule aux abords de la rivière Touladi, à Saint-Juste-du-Lac, au Témiscouata.

Les pêcheurs doivent attraper les poissons à contre-courant dans la rivière.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Chaque année, du 15 au 28 octobre, des dizaines d'amateurs de ce poisson se rassemblent à cet endroit bien précis pour effectuer leur réserve de nourriture pour l'hiver.

La particularité de cette pêche est que la ressource est si abondante qu'il est possible d'atteindre son quota de 50 poissons en un seul coup de puise.

C'est le trip, la folie! Je suis maniaque de ça! Dans un seul coup de puise, on peut en pogner assez qu'il faut en remettre à l'eau.

Micheline Castonguay, pêcheuse
Micheline Castonguay présentant son filet contenant des poissons sur le bord d'une rivière.

Micheline Castonguay pêche le pointu depuis plus de 45 ans aux abords de la rivière Touladi.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Chaque année, Micheline Castonguay attend l'ouverture de la pêche au pointu avec impatience.

On se fait des puises maisons, par exemple, avec du carrelage de lapins. On prend une ancienne puise de pêche, on démanche le filet qu'il y a dessus et on attache le carrelage avec de la petite broche fine à l'entour du rond, explique-t-elle. Après, on se trouve un spot, où on peut mettre notre puise accotée sur une roche, aux abords de la rivière. Les poissons passent, mais on doit pêcher à la noirceur.

Quand tu entends cogner dans ta puise, il faut que tu te dépêches à lever ta puise pour pouvoir les attraper!

Micheline Castonguay

La pêcheuse âgée de 61 ans ajoute qu'il est toutefois important de bien compter son nombre de prises pour préserver l'espèce.

Selon le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, la limite quotidienne de prise de corégone nain se situe à 50 par pêcheurs, tandis que la limite de possession totale est établie à 150 par personne.

Le ministère précise aussi que les seuls engins de pêche autorisés sont l’épuisette et le carrelet.

Micheline Castonguay pêchant le pointu dans la rivière Touladi.

Micheline Castonguay se fabrique des puises maisons avec du carrelage de lapin pour pouvoir pêcher le pointu.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Boudreau

Un poisson au goût d'amande

Selon Micheline Castonguay, ce petit poisson abondant est délicieux. On peut le mettre en conserve ou le boucaner.

Un pointu boucané, il n'y a pas d'autre mot à dire que "merveilleux"!

Micheline Castonguay

Ça ressemble un peu à de l'éperlan, sauf qu'il faut enlever les écailles. C'est un poisson blanc. Il y en a beaucoup qui disent que ça goûte l'amande, raconte-t-elle.

Des corégone nains.

Les corégones nains goûtent les amandes selon certains.

Photo : Radio-Canada

Si le pointu se pêche habituellement à la tombée du jour, cette année, il était possible d'en attraper une quantité importante en plein jour.

Selon la biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Anne-Marie Pelletier, ce phénomène s'expliquerait en raison de la couverture nuageuse présente au cours des dernières semaines.

Il pleut beaucoup et, étant donné que c'est très sombre, on pense que ça favorise le poisson à monter, précise-t-elle.

Habituellement, on ne fait pas ça, pêcher un poisson en pleine période de reproduction. Cette pêche-là est particulière parce qu'elle est vraiment ancrée dans les mœurs de la population. C'est pour ça qu'on la laisse, mais il faut vraiment suivre la ressource comme il faut pour être sûr qu'on ne l'exploite pas, raconte la biologiste.

Mme Pelletier affirme que la population du corégone nain se porte très bien, même que le poisson est beaucoup plus gros qu'avant.

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