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COVID-19 : les enseignantes peuvent obtenir des retraits préventifs

Une femme enceinte

Des enseignantes enceintes pourront obtenir un retrait préventif en raison de la COVID-19. (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En Abitibi-Témiscamingue, les enseignantes enceintes peuvent désormais obtenir des retraits préventifs en lien avec une possible infection à la COVID-19. Un inspecteur de la CNESST a confirmé cette possibilité en tranchant en ce sens, la semaine dernière.

Le Syndicat de l’enseignement de l’Ungava et de l’Abitibi-Témiscamingue (SEUAT) jugeait qu’une travailleuse enceinte ne pouvait effectuer son travail en n’étant pas exposée à un danger.

De leur côté, les Centres de services scolaires affirmaient que le respect de la distanciation et du plexiglas pour du travail rapproché protégeaient suffisamment les enseignantes enceintes. Ces protections étaient d’ailleurs recommandées par la Santé publique.

Dans la région, le président du SEUAT martèle depuis un moment que les enseignantes ne peuvent faire leur travail convenablement en respectant la distanciation sociale.

Dans un contexte de classe, on a toujours pensé et on pense toujours que c’est inapplicable et que c’est impossible qu’une enseignante demeure toute la journée derrière son plexiglas. Ça fait partie de son rôle de circuler en classe et d’aller d’un élève à l’autre.

Yvan Dallaire, président du SEUAT.

Déjà en septembre, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier, demandait que l’Institut national de santé publique revoie ses normes de retraits préventifs, dans une entrevue donnée dans La Presse.

L’enseignante dont le travail fait l’objet de cette première décision sera donc désormais affectée à du travail de bureau sans avoir à enseigner en classe, ni en visio à ses élèves en présentiel, peut-on lire dans une publication Facebook du SEUAT.

Respecter les demandes de la santé publique

Les Centres de services scolaires, dans leur argumentaire, se basaient toutefois sur les recommandations de la Santé publique et ont soutenu des directeurs des ressources humaines de deux Centres de services scolaires de la région.

On a accepté l’ensemble des recommandations de la santé publique. On a réaménagé les tâches afin de respecter la distance de deux mètres, lors des déplacements par exemple, et là où ne pouvait pas garantir la distance de deux mètres en classe, nous avons installé des plexiglas, détaille Vincent Boutin, directeur des ressources humaines à Rouyn-Noranda.

Ceci dit, cette décision de l’inspecteur ne vient pas garantir que chaque droit de refus sera accepté, explique son vis-à-vis du Centre de services scolaire Harricana. Selon Maxim Pellerin, une enseignante pourrait voir sa demande être acceptée alors qu’une autre, dans un contexte qui serait différent, pourrait être refusée.

Aux yeux du syndicat, chaque enseignante enceinte qui se sera fait dire qu’elle était suffisamment protégée avec le respect des deux mètres et avec la protection du plexiglas peut cependant entreprendre une démarche de contestation et espérer avoir gain de cause.

Bien que le milieu vive actuellement une pénurie de personnel, la décision des Centres de services scolaires n’avait pas été prise selon ce contexte, ajoute le directeur des ressources humaines du Centre de services scolaire Harricana, Maxime Pellerin.

Ça a une incidence sur la pénurie de personnel, mais nous aurions pris cette décision même si’l n’y avait pas eu de pénurie de personnel.

Plus d’effets pour une femme enceinte

Selon la médecin-conseil à l’INSPQ Mylène Trottier, les femmes enceintes ne sont pas plus à risque de contracter une infection virale que les populations non enceintes, mais ont plus de chances de développer des complications.

Plus d’hospitalisations, plus d’utilisations de respirateurs aux soins intensifs et il y a certaines études qui démontrent qu’au troisième trimestre, il y a davantage de risques, plus de césariennes et plus de problèmes de prématurité. Ce sont les problèmes les plus rapportés, détaille-t-elle.

De son côté, la professeure à l’Université de Montréal et spécialiste au Centre d'Infectiologie Mère-Enfant à l’hôpital Ste-Justine Isabelle Boucoiran rappelle que l’idée d’isoler les femmes enceintes n’est peut-être pas la meilleure.

Elle dit comprendre la volonté de vouloir maximiser la sécurité des femmes enceintes, mais à un moment, il faut voir les risques sur la santé mentale des femmes enceintes qui se retrouvent brimées de leurs activités, même si c’est le cas de la majorité de la population.

Je pense qu’il faut trouver un équilibre. Une femme enceinte qui a un accident de voiture, c’est dramatique, mais ce n’est pas une raison de leur dire de ne pas conduire. Je pense qu’on doit avoir la même approche pour la COVID-19, nous n’arriverons jamais au risque zéro et il faudrait trouver une sorte d’équilibre dans les précautions que l’on suggère.

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