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Sa femme simule la mort pour survivre, il plaide coupable

Poignardée au moins trois fois, la victime avait simulé sa mort pour survivre.

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Palais de justice de Québec

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Un homme de Lévis a plaidé coupable à la tentative de meurtre de son ex-conjointe. Il l'avait poignardée à plusieurs reprises quelques mois après leur rupture.

Le juge de la Cour du Québec, Alain Morand, a condamné Claude Lévesque à six ans et demi d’emprisonnement. Ce dernier a plaidé coupable par visioconférence de son centre de détention.

Détenu depuis son arrestation, le 5 septembre 2019, il lui reste le trois quarts de sa peine à purger derrière les barreaux.

Le juge a ainsi suivi les recommandations conjointes de la procureure aux poursuites criminelles et pénales Mélanie Tremblay et de la défense, Sophie Dubé.

Ma consoeur et moi avons consulté la plaignante et avons analysé certains facteurs pour vous soumettre nos recommandations, explique Mélanie Tremblay au tribunal.

Facteurs aggravants : violence conjugale

Claude Lévesque et son ex-conjointe formaient un couple depuis 15 ans et étaient mariés depuis 8 ans.

En juin 2019, la plaignante met fin à leur relation. La rupture est vécue difficilement par l’accusé, explique la procureure lors de l’exposé des faits.

Claude Lévesque et la plaignante restent toutefois en contact, si bien que la victime se rend chez son ex-mari le 5 septembre 2019.

Claude Lévesque lui explique alors sa détresse. C’est là qu’il s’est écrasé sur elle, poursuit Mélanie Tremblay au juge Morand.

Elle a vu qu’il avait un couteau dans une main. Il lui a dit : ''tu vas mourir avec moi, on va mourir ensemble. Après je vais me tirer une balle”, a ajouté la procureure.

Simuler sa mort

Claude Lévesque aurait réussi à atteindre son ex-femme au moins trois fois à l’aide du couteau.

Pour survivre, la victime a été contrainte de simuler sa mort : elle a arrêté de bouger et a ralenti sa respiration.

Elle a réussi à s’enfuir chez les voisins lorsque son agresseur a baissé la garde en allant quelques minutes aux toilettes.

La victime dit maintenant vivre avec de nombreuses séquelles.

La confiance portée à l’égard d‘une autre personne est plus difficile. Les gestes ou bruits brusques me font sursauter. Je fais des cauchemars. J’ai peur d'être séquestrée et poignardée à nouveau, écrit-elle dans une lettre lue par la procureure Tremblay.

Facteurs atténuants : plaidoyer et remords

Après le drame, l’accusé aurait exprimé des remords. En détention, Claude Lévesque était content qu'elle ne soit pas morte. Il a dit qu’il n’avait pas l’intention de la tuer, a affirmé au juge la procureure.

L’accusé aurait aussi collaboré avec les autorités, n’aurait pas d'antécédents judiciaires et n’aurait jamais été violent à l’égard de son ex-conjointe avant le 5 septembre 2019.

Finalement, la Couronne considère que la reconnaissance de culpabilité a une très grande valeur. Cela sauve la victime de plusieurs mois de procès, affirme Mélanie Tremblay.

Après avoir écouté attentivement l'exposé des faits, le juge a décidé de suivre les recommandations des deux juristes sur le champ.

Si on regarde dans la jurisprudence, 6 ans et demi, c’est dans la fourchette, affirme le juge Morand.

En plus de le condamner à 78 mois de détention, Alain Morand a ordonné à Claude Lévesque de ne pas entrer en contact avec la victime et ses proches de quelques manières que ce soit, sauf par l’intermédiaire de leur avocat respectif pour les procédures de divorce.

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