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Fermetures jusqu'au 23 novembre en Outaouais : une injustice selon des commerçants

Une femme dans un bar peu éclairé.

Les salles à manger de l'Outaouais resteront fermées jusqu'au 23 novembre (archives).

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson (CBC)

Radio-Canada

Des restaurateurs et propriétaires d'autres commerces de l'Outaouais dénoncent la décision du gouvernement du Québec de maintenir les mesures sanitaires dans les zones rouges jusqu'au 23 novembre.

Martine Boily, la co-propriétaire du bistro l’Autre Oeil dans le secteur d'Aylmer, espérait de meilleures nouvelles, lundi. Mme Boily pousse depuis quelques semaines déjà ses menus pour emporter, mais c’est nettement insuffisant pour se maintenir à flot. 

On offre l’option pour emporter, mais c’est comme être sur le respirateur artificiel. Évidemment ce n’est pas lucratif du tout. Ça couvre à peine les frais fixes. C’est vraiment juste pour continuer à être présents, dit-elle. 

Martine Boily, en entrevue sur la terrasse du Bistro l'Autre Oeil.

Martine Boily, co-propriétaire du Bistro l'Autre Oeil à Aylmer.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

La co-propriétaire du bistro l’Autre Oeil espérait pouvoir rouvrir sa salle à manger au cours des prochains jours, mais le gouvernement Legault a annoncé lundi, qu'il reconduit pour encore quatre semaines ses mesures restrictives en zone rouge en raison du bilan de cas de COVID-19 qui continue de s'alourdir.

Pour Martine Boily c’est l'incompréhension et surtout le sentiment d’être ciblée à tort.

Avec toutes les mesures qui nous ont été dictées et imposées, on avait adapté nos lieux, on avait intégré cette nouvelle façon de procéder. Oui, il y a eu des éclosions un peu plus tôt cet été dans des bars où des endroits qui étaient plus récalcitrants, mais rien ne prouvait dans les dernières semaines que c’était dans des restaurants où on avait des problèmes et des foyers de contamination, note la restauratrice.

Pourquoi les restaurants? Joe Rego, copropriétaire du groupe Portobella, qui gère plusieurs restaurants à Gatineau, se pose aussi la question.

Un homme pose devant son restaurant.

Joe Rego, copropriétaire du groupe Portobella

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

« Il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier. Il a des problèmes dans certains secteurs. Je crois qu’en ce moment, on a un problème dans les écoles, les CHSLD, mais je pense que dans les restaurants, on a pas tant de cas. Il faudrait peut être [que le gouvernement] révise sa décision de garder les restaurants fermés [...] Je crois que si on a à mettre des règlements, il faudrait que ça s’applique partout et pas juste dans la restauration, parce qu'on a des magasins à grande surface qui sont pleins à craquer », estime Joe Rego.

C’est comme deux poids deux mesures. Et notre industrie, qui est déjà faible, devrait avoir une chance de se reprendre avant Noël

Joe Rego copropriétaire du groupe Protobella

Les mesures restrictives ciblent aussi les gyms qui devront rester fermés. Élaine Dupras la directrice générale de Sporthèque de Gatineau déplore la situation et estime que les centres sportifs sont essentiels plus que jamais dans ce contexte de pandémie. 

Élaine Dupras en photo devant la Sporthèque.

Élaine Dupras, directrice générale, Sporthèque de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

« C’est certains qu’on aimerait mieux avoir un pouvoir d'influence sur l’équipe du docteur Arruda, pour faire valoir que l’activité physique est un maillon extrêmement important de la santé et c’est une mesure d’atténuation du confinement autant pour la santé mentale que pour la santé physique. Et ça, je pense que ça prime au-delà [... ]de juste limiter des contacts. À mon avis on devrait être les derniers à fermer », fait valoir Élaine Dupras.

Par ailleurs, un regroupement de 200 gyms, centres de yoga et centres sportifs du Québec a récemment annoncé qu’il allait défier le gouvernement et ouvrir quand même dès jeudi.

Élaine Dupras, de la Sporthèque, n’a pas indiqué si elle allait suivre le mouvement et faire fi des nouvelles mesures en place. 

« Injustice »

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce de Gatineau Pierre Samson n’hésite pas à qualifier la situation d’injuste pour certains. 

Pierre Samson à l'extérieur.

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Il y a deux situations qui sont très très pressantes, où quant à moi, il y a des injustices. C’est les gymnases, d’une part, où les gens sont frustrés. Je pense qu’ils ont investi beaucoup d’argent pour pouvoir rendre leurs installations sécuritaires et je pense que les gens ont besoin d’être en santé, de bouger. Je pense que les centres sportifs c’est une façon de le faire et c’est très sécuritaire si c’est bien contrôlé. Je pense qu’on pourrait avoir des règlements plus sévères, mais demeurer ouvert. L’autre élément, c’est les hôteliers. Les hôtels demandent d’avoir un rabais de taxes pour l’année au complet et ça, je pense que c’est une question de survie et j’espère que le gouvernement va se pencher sur ces deux points-là, a-t-il indiqué. 

Avec les informations de Jean-François Poudrier et Ismael Sy.

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