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Il est dangereux de renoncer à contrôler la pandémie, déclare l'OMS

Une infirmière soigne une femme dans un hôpital français.

Selon l'OMS, 46 % des cas de COVID-19 ont été recensés en Europe la semaine dernière.

Photo : afp via getty images / ANNE CHAON

Agence France-Presse

« Il est dangereux de renoncer à contrôler » la pandémie, a affirmé lundi le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), prenant clairement le contrepied des déclarations du chef de cabinet du président américain Donald Trump la veille.

Nous ne devons pas baisser les bras et c'est pour cela que nous disons que si nous sommes d'accord avec le chef de cabinet sur l'importance de protéger les plus vulnérables, il reste dangereux de renoncer à maintenir le contrôle [de la pandémie], a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus au cours d'une conférence de presse.

M. Tedros a reconnu qu’une certaine fatigue s'installait après des mois de lutte contre la pandémie, qui a fait plus de 1,1 million de morts, mais il a appelé à continuer la lutte, un jour seulement après que Mark Meadows a laissé entendre que les États-Unis renonçaient à prendre le contrôle de la pandémie, mais pariaient plutôt sur des médicaments et des vaccins.

Voilà ce que nous allons faire. Nous n'allons pas contrôler la pandémie, nous allons contrôler le fait qu'on puisse avoir des vaccins, des traitements et d'autres moyens d'atténuer la maladie, a dit Mark Meadows sur la chaîne CNN dimanche.

Il est impossible de maîtriser la situation, parce que c'est un virus contagieux tout comme la grippe, a ajouté M. Meadows quand le journaliste qui l'interrogeait lui a demandé la raison de ce renoncement.

Le contrôle [de la pandémie] doit aussi faire partie de la stratégie », a lancé M. Tedros, après avoir exhorté à ne pas se laisser décourager dans son traditionnel propos de début de conférence de presse.

Nous ne pouvons pas baisser les bras. Nous ne devons pas baisser les bras, a-t-il lancé. Le gouvernement doit faire sa part et les citoyens le doivent aussi. Le virus est dangereux. Si on le laisse circuler librement, il peut créer des ravages, en particulier tant que nous n'avons pas de vaccin disponible, a-t-il insisté.

La situation est grave en Europe

Face à l'explosion des nouvelles infections notamment en Europe et aux États-Unis, les responsables de l'OMS répètent inlassablement le même message : il n'est jamais trop tard pour combattre le virus et il faut employer toute la palette de moyens disponibles pour ce faire et tenter d'échapper à de nouvelles mesures de confinement généralisé comme on a pu les voir au printemps.

Le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, a souligné la gravité de la situation en Europe, qui pour l'OMS va de l'Islande à l'Extrême-Orient russe.

Cette semaine, 46 % de la totalité des cas [de Covid-19] dans le monde venaient de la région Europe, a-t-il dit.

C'est presque un tiers de la totalité des morts dans le monde. Il n'y a donc aucun doute que la région Europe est un épicentre de la maladie en ce moment, a-t-il souligné.

La responsable de la gestion de la pandémie à l'OMS, Maria Van Kerkhove, a reconnu s'inquiéter de la hausse du nombre d'hospitalisations et d'admissions dans les services de réanimation et des projections qui montrent qu'ils arriveront à saturation dans les jours, les semaines qui viennent.

Il y a beaucoup de choses que ces pays peuvent faire pour arriver à contrôler la pandémie, a-t-elle affirmé une nouvelle fois, rappelant que des pays européens avaient réussi à faire baisser drastiquement le nombre de cas.

Ils peuvent le faire à nouveau, a-t-elle insisté, rappelant à quel point il était important d'identifier toutes les personnes en contact avec un cas positif avéré et de les mettre en quarantaine.

L'autre option, si nous ne mettons pas en quarantaine les contacts des cas avérés, c'est que tout le monde soit en quarantaine, et ça, c'est ce que nous voulons éviter, a-t-elle rappelé.

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