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Des Winnipégois souhaitent le démantèlement des campements de sans-abri

Des flammes et de la fumée entourent le bâtiment du club de curling près de la berge de la rivière, alors qu'il fait encore nuit.

Un feu s'est déclaré mardi matin dans les environs du campement situé le long de la rivière Assiniboine près du club de curling Granite.

Photo : Radio-Canada / Nicholas Frew

Radio-Canada

Des riverains veulent voir un leadership de la part de la Ville et de la province afin de régler le problème d'itinérance et mettre fin aux campements de sans-abri le long de la rivière Assiniboine.

Pat McNorgan est très clair quand il parle des effets du campement situé à quelques mètres des fenêtres de son appartement de la rue Balmoral, dans le quartier Broadway de Winnipeg.

C'est un vrai cauchemar, dit-il. Il y a des feux de camp allumés tous les soirs et parfois cela se transforme en incendie majeur.

Deux incendies importants se sont déclarés cette semaine, créant un épais nuage de fumée noire qui a incommodé une partie du quartier Broadway et du village Osborne.

Des flammes et des explosions ont éclairé le ciel au-dessus du club de curling Granite dans la nuit de mardi vers 3 h, ce qui a nécessité une visite des équipes du Service d’incendie et des soins paramédicaux de Winnipeg.

Il n’y a eu aucun blessé et l'incendie a été maîtrisé rapidement.

Des bonbonnes de propane et d'autre matériel brûlés sont éparpillés par terre.

Des bonbonnes de propane et d'autre matériel brûlés sont éparpillés par terre le long de la rivière, après que des feux se soient déclarés lundi et mardi.

Photo : Radio-Canada / Sean Kavanagh

À la lumière du jour, les conséquences de ces incidents s’accumulent : arbres brûlés, bonbonnes de propane noircies, déchets fondus et gelés au sol.

Pour Pat McNorgan, le cauchemar c'est aussi la consommation de drogue qui se répand dans le quartier avec ces camps. Entre 3 h et 5 h, il y a souvent des gens agressifs et bruyants qui crient et qui courent le long de la rive, raconte-t-il. Il y a des disputes. C'est très difficile de dormir.

Des résidents de quartier Osborne décrivent des scènes semblables. Certains ajoutent avoir vu des sans-abri qui urinent et défèquent le long de la rivière Assiniboine.

Ces problèmes génèrent de multiples appels à la police, aux pompiers et à la ligne 311 de la Ville de Winnipeg.

Les services d’urgences répondent aux appels des résidents des quartiers environnants. Mais quand les incendies sont éteints, les abris restent.

Un homme vu de près pendant qu'il parle, dans un environnement extérieur.

Pat McNorgan qui habite sur la rue Belmoral se sent constamment en danger en raison de ces feux.

Photo : Radio-Canada / John Einarson

Pat McNorgan veut une solution.

Il se dit sensible aux problèmes sociaux que cachent ces campements, comme la toxicomanie, la pauvreté, la santé mentale et le logement. Mais les camps détruisent son sentiment de sécurité et son amour du quartier.

Je ne sais pas quelle est la solution, admet-il. J'aborde juste le problème que j'ai. Je ne me sens plus en sécurité dans la ville et dans le quartier où je vis. Et on dirait que personne ne fait rien pour régler la situation.

La conseillère municipale de Fort Rouge-East Fort Garry, Sherri Rollins, est décidée à agir. Ils doivent s’en aller, affirme-t-elle lors d’un entretien derrière le club de curling Granite de la rue Balmoral, à quelques mètres d’un campement.

Le campement est une véritable perturbation pour le quartier.

Sherri Rollins, conseillère municipale de Fort Rouge-East Fort Garry

Elle décrit ce campement comme l'un des trois pires de la ville. La situation est aussi source d'effractions, de vente et de consommation de drogue et d'incendies, rappelle-t-elle.

La conseillère Sherri Rollins est photographiée dehors. Elle porte un masque en raison de la pandémie.

La conseillère Sherri Rollins estime que les campements le long de la rivière doivent être démantelés, mais elle croit aussi que la province et la Ville doivent trouver des solutions au sans-abrisme.

Photo : Radio-Canada / John Einarson

La conseillère municipale dit avoir eu un bon nombre de discussions au sujet des campements avec des résidents du quartier et des propriétaires d’entreprises, mais ce sont des problèmes que la Ville ne peut régler seule, parce qu'elle n'a pas juridiction sur l'ensemble des enjeux liés au sans-abrisme.

La Ville a l’autorité de démanteler un campement, mais il apparaîtra de nouveau sur les rives de la rivière en quelques heures seulement, dit-elle.

Il y a une complexité profonde et croissante dans le travail de l'itinérance. J'attends que la province se présente, mais elle ne l’a pas encore fait, poursuit-elle.

Dans l’ombre du Golden Boy

Le gouvernement manitobain est responsable des services de toxicomanie, de santé mentale et de logement ainsi que des stratégies de lutte contre la pauvreté.

Le manque de logements abordables et les ressources limitées pour les problèmes de santé mentale dans la province exacerbent le problème, selon Sherri Rollins.

Il faut mettre sur pied une équipe composée d’experts, de conseillers municipaux et de députés, propose-t-elle. La population s'attend à ce que différents groupes travaillent ensemble de manière transparente pour le mieux-être de chacun.

Un porte-parole du gouvernement affirme que la province est prête à travailler avec la Ville sur des solutions, mais que l'application des règlements municipaux et le nettoyage des campements de sans-abri sont de la responsabilité de la Ville de Winnipeg.

Des tentes, des abris de fortune et des déchets.

Des tentes, des abris de fortune et des déchets sont étalés le long de la rive de la rivière Assiniboine près de la rue Balmoral.

Photo : Radio-Canada / John Einarson

Pat McNorgan croit que la lutte contre l'itinérance demandera du temps et de l’argent, mais dans l’immédiat, il aimerait voir une action directe pour démanteler une fois pour toute les campements sur les rives de la rivière, qui selon lui font partie du joyau de la ville.

Ce qu'il faut faire, je pense, c'est de nettoyer les campements et de demander à la police de faire des patrouilles une fois par semaine, quelques fois par mois, peu importe, juste pour garder la zone propre, conclut le résident du quartier Broadway.

Avec les informations de Sean Kavanagh

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