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Deuxième vague : les résidents du Grand Montréal gardent le moral… pour l’instant

Mais la situation est plus difficile que lors de la première vague.

Des passants devant un commerce à vendre.

Après la pluie, le beau temps?

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les Montréalais et leurs voisins des banlieues ne désespèrent pas de vaincre la COVID-19.

Selon un sondage commandé par Radio-Canada, la grande majorité d’entre eux (73 %) arrivent à garder le moral malgré la pandémie. Mais la situation est plus difficile que lors de la première vague. Les jeunes, en particulier, vivent difficilement ces chambardements.

Le coup de sonde a été donné il y a environ un mois, au moment où la COVID-19 effectuait un retour en force et que la moitié du Québec basculait d’un coup en zone rouge. Ses résultats soulignent jusqu’à un certain point la résilience des résidents du Grand Montréal.

Ainsi, 73 % des personnes interrogées ont qualifié leur moral de « bon » ou de « très bon » dans le contexte actuel. Cette appréciation varie cependant avec l’âge : si 86 % des 65 ans et plus ont affirmé avoir un bon moral, ce taux chute à 56 % chez les 18-24 ans.

Être à l'université et être confinée sans pouvoir aller dans des cafés ou interagir avec d'autres gens est très difficile pour ma santé mentale. Je ressens que nous sommes la tranche d'âge des mal-aimés.

Une Montréalaise âgée entre 18 et 24 ans

Ce sentiment se justifie, selon Michel Berne, associé principal et cofondateur d’Ad hoc Recherche, qui a réalisé le sondage à la demande de Radio-Canada.

Les plus jeunes sont ceux qui souffrent le plus des restrictions en ce moment à cause du caractère très social de leur vie, à cause de leur mobilité, explique-t-il. Parce qu’en ce moment, qu’est-ce qu’on restreint? On restreint les contacts sociaux. Et les plus jeunes, ce sont des animaux sociaux, qui ont des contacts multiples au quotidien, qui sont très mobiles, alors ils sont particulièrement brimés dans le contexte.

Un hiver pénible à nos portes

Elle avait beau être prévisible, la deuxième vague de COVID-19 s’annonce plus difficile que la première, à en juger par les résultats compilés par Ad hoc Recherche.

Dès l’arrivée du mois d’octobre, les résidents du Grand Montréal étaient déjà deux fois plus nombreux à dire que leur moral s’était dégradé plutôt qu’amélioré par rapport à leur état d’esprit du printemps dernier.

Si, pour 45 % des répondants, leur moral n’a pas changé depuis six mois, 38 % jugent qu’il est aujourd’hui moins bon, contre 17 % qui croient, au contraire, qu’il est meilleur aujourd’hui – un écart de 21 points de pourcentage.

On sent essentiellement de l’usure par rapport à la situation, résume Michel Berne.

Invités à s’exprimer sur ce qu’ils trouvaient le plus difficile depuis le début de la crise, les répondants au sondage ont exprimé avant tout des irritants en lien avec leur bien-être psychologique.

Je me sens très seule, toute seule chez moi, écrit par exemple une Lavalloise âgée entre 45 et 54 ans. Les fêtes de Noël et du jour de l'An vont bientôt arriver, alors ça m'inquiète d'avoir à passer peut-être un temps des fêtes toute seule [...] C'est si important de se réunir avec nos proches…

À en juger par leurs commentaires, l’isolement social, le manque de contacts physiques, l’anxiété, la solitude et l’éloignement de la famille semblent peser lourd sur les épaules des résidents du Grand Montréal.

Il y a bien sûr d’autres choses, reconnaît Michel Berne : il y a des gens qui nous disent "c’est plate, je ne peux pas voyager"; il y a des restrictions qu’on n’apprécie pas; des souffrances économiques également; mais dans l’ensemble des commentaires qui nous sont rapportés, c’est vraiment mineur par rapport aux difficultés psychologiques qui sont vécues par les gens.

Pourtant, les conséquences de la crise sur les finances personnelles des résidents du Grand Montréal ne sont pas négligeables : 36 % des répondants affirment que la pandémie a eu un impact négatif sur leur budget, alors qu’ils sont seulement 11 % à soutenir l’inverse.

Les mesures en zone rouge bien acceptées

Par ailleurs, les résidents du Grand Montréal font preuve d’indulgence face aux restrictions imposées par le gouvernement Legault dans les zones rouges : 42 % des répondants estiment que les mesures adoptées jusqu’ici ne sont « pas assez sévères », alors que 34 % les jugent « juste correctes » et que 24 % les trouvent « trop sévères ».

Selon notre sondage, 7 % des résidents du Grand Montréal jugent que les mesures du gouvernement sont « beaucoup trop sévères »; 17 % « un peu trop sévères »; 34 % « juste correctes »; 32 % « pas tout à fait assez sévères »; et 11 % « vraiment pas assez sévères ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les mesures gouvernementales sont plus souvent jugées « pas assez sévères » que « trop sévères » par les résidents du Grand Montréal.

Photo : Radio-Canada

Ces mesures visent les bons secteurs, estiment-ils en grande majorité (70 %), et ne briment pas leurs droits et libertés (77 %). En fait, seuls 8 % des répondants croient fermement qu’elles y font obstacle.

Selon notre sondage, 8 % des résidents du Grand Montréal jugent que les mesures du gouvernement briment « tout à fait » leurs droits et libertés; 15 % « plutôt »; 31 % « pas vraiment »; et 46 % « pas du tout ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Trois répondants sur quatre estiment que les mesures gouvernementales adoptées dans la foulée de la pandémie de COVID-19 ne briment pas leurs droits et libertés.

Photo : Radio-Canada

Ces résultats font dire à Michel Berne qu’il y a une acceptation assez générale, dans la population métropolitaine, face aux mesures adoptées par Québec pour contrer la pandémie, et qu’il y a même une ouverture à plus de sévérité.

Quand on pense à ce qui vient d’être autorisé pour l’Halloween, on peut se dire : "Est-ce qu’on est trop laxistes par rapport à une fête comme celle-là?" Quand je vois des résultats comme ceux-là, je me dis qu’il doit y avoir un certain nombre de gens qui pensent ça.

Michel Berne, associé principal et cofondateur d’Ad hoc Recherche

Quant à ceux qui croient « tout à fait » que les mesures adoptées en zone rouge briment leurs droits et libertés, Michel Berne observe qu’ils ne représentent qu’une infime minorité des répondants. Cette partie de la population, selon lui, serait donc pas mal plus [audible] que ce qu'on voit dans les chiffres.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La COVID, plus difficile sur le moral des jeunes

Le télétravail plaît

Les répondants conviennent toutefois que la pandémie de COVID-19 et les restrictions qui ont suivi ont eu un impact évident sur plusieurs aspects de leur vie.

Par exemple, 56 % des répondants ont eu recours au télétravail depuis la mi-mars, et cette réalité concerne toujours 45 % des résidents du Grand Montréal – un mal pour un bien, puisque 56 % des répondants préfèrent travailler à domicile plutôt que sur place.

Cette popularité du télétravail explique d’ailleurs en partie pourquoi tant de Montréalais jugent probable qu’ils quittent la ville au cours des prochaines années.

Une rame de métro de la ligne orange, déserte, vide. Seule une utilisatrice, de dos, attend de monter.

Les résidents du Grand Montréal utilisent beaucoup moins le transport en commun depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le recours accru au télétravail et la mise à l’arrêt de nombreux secteurs d’activité ont aussi eu un impact considérable sur l’achalandage des services de transport en commun, qui se confirme dans le sondage commandé par Radio-Canada.

Pas moins de 74 % des résidents du Grand Montréal affirment qu’ils prennent moins souvent le métro, le bus ou le train de banlieue depuis le début de la pandémie; 11 % ont soutenu l’inverse.

La peur d’y contracter la COVID serait en cause : 58 % des répondants ont dit se sentir peu en confiance ou pas du tout en confiance sur le plan sanitaire dans les transports collectifs.

Méthodologie : Ce sondage a été commandé par Radio-Canada auprès de la firme Ad hoc Recherche, qui a consulté entre le 30 septembre et le 4 octobre un panel web de 1454 adultes capables de s’exprimer en français ou en anglais dans le Grand Montréal. Un échantillon probabiliste de la même taille aurait une marge d’erreur maximale de plus ou moins 2,6 % à un niveau de confiance de 95 % ou plus, et la marge d’erreur serait supérieure dans les sous-échantillons. L’ensemble des résultats a été rendu disponible mardi matin sur le site web d’Ad hoc Recherche (Nouvelle fenêtre).

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