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Le site d’un écrasement d’avion de 1957 mis en péril par des curieux

Elwyn Behnke.

Elwyn Behnke a perdu la vie en 1957 alors qu'il participait à une mission d'épandage au Nouveau-Brunswick.

Photo : Avis de décès

Un Américain dont le père est mort en 1957 dans un écrasement d’avion au Nouveau-Brunswick demande à la population de respecter le site de la carcasse, découverte par hasard en décembre dernier.

Quand Mark Behnke, un Américain du Texas, a appris que l’avion que pilotait son père dans les années 1950 avait été retrouvé dans une forêt du nord du Nouveau-Brunswick, il s’est promis de se rendre sur place pour y ériger un mémorial.

Une représentation du mémorial que souhaite ériger Mark Behnke à la mémoire de son père.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une représentation du mémorial que souhaite ériger Mark Behnke à la mémoire de son père.

Photo : Gracieuseté

Il s’y rendrait le 20 juin, date de l’écrasement du petit avion biplan dans lequel est mort ce père de six enfants à l’âge de 31 ans. Je pense à mon père tous les jours, a dit l'Américain dans une précédente entrevue.

Si Mark Benhke a dû mettre son projet sur pause à cause de la pandémie, il craint aujourd’hui de ne jamais pouvoir voir la couleur de cette carcasse.

Selon André Mercier, un résident de la région avec qui M. Behnke est en contact depuis la découverte de l’avion, plusieurs curieux se rendent sur le site et repartent avec des débris comme souvenirs.

Une carcasse d'avion.

Un travailleur forestier a trouvé par hasard la carcasse de l'avion abandonné il y a plus de 60 ans au Nouveau-Brunswick.

Photo : Gracieuseté / Danny Pelletier

Bien qu'André Mercier se réjouisse de voir cette histoire dépoussiérée, il veut sensibiliser la population avant qu'il ne soit trop tard pour la famille Behnk.

C’est bien que les gens aillent au site, c’est une histoire perdue du Restigouche. Mais ça n’a pas de valeur pour les gens qui ramassent cette ferraille, et pour la famille, ça vaut beaucoup, explique-t-il.

Pour Mark Behnke, [voir le site] c’est dire : ''C’est ici que mon père est mort''. Et la dernière chose qu’il a touchée, c’est ça.

André Mercier, résident du Restigouche

L’histoire perdue à laquelle André Mercier fait référence est celle de Budworm City, un site en pleine forêt fondé en 1952 à environ 50 km de Campbellton.

Une photo en noir et blanc du site de Budworm City.

Le site de Budworm City a été établi au début des années 1950 près du lac Upsalquitch. Il était utilisé comme campement pour les travailleurs qui participaient à une vaste mission d'épandage sur les forêts du Nouveau-Brunswick.

Photo : D.C. Anderson

À l’époque, la tordeuse des bourgeons de l’épinette faisait rage et le gouvernement avait mis sur pied l’un des plus grands programmes d’épandage d’herbicide de son histoire. Des campements pouvant accueillir jusqu’à 200 travailleurs avaient été construits et des centaines d’avions survolaient la région pour éliminer cet insecte nuisible.

C’est durant une manœuvre d’épandage que le pilote Elwyn Behnke a perdu la maîtrise de son Boeing-Stearman.

Une photo en noir et blanc de la carcasse de l'avion.

Une photo en noir et blanc de la carcasse de l'avion, prise en 1957.

Photo : Gracieuseté

Le corps du défunt a été récupéré sur le site de l’écrasement et rapatrié à Eagle Point, en Oregon, où il vivait avec son épouse et leurs cinq garçons. Mme Behnke était enceinte d’un sixième fils lorsqu’elle a appris l’horrible nouvelle.

Une photocopie du rapport d'accident de M. Behnke.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le rapport d'accident de M. Behnke donnait peu de détails.

Photo : Gracieuseté

L’avion, en revanche, a été laissé dans la forêt, car il aurait fallu trop d’argent et d’efforts pour nettoyer le site de l’accident, estimait-on à l’époque.

Le seul accident avec décès, c’est M. Behnke, dit André Mercier, touché droit au cœur par l'histoire de famille de cet Américain, la seule qui porte encore le poids de ce passé important du Restigouche.

C’est une histoire qui a été oubliée. Aujourd’hui, les gens utilisent une partie de la piste d'atterrissage comme un camping, mais 60 ans passés, il y avait 200 avions de stationnés au même endroit, rappelle M. Mercier.

Mark Benhke attend que les restrictions sur les voyages soient levées pour se rendre au Nouveau-Brunswick, il l'espère, avant le 20 juin prochain.

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