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Usine de GNL Québec à Saguenay : l’Action boréale craint que les dés soient pipés

Une participante s'adresse aux experts du BAPE dans une salle.

Les audiences du BAPE sur le projet GNL Québec se poursuivent à Saguenay. (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

L’organisme l’Action boréale dit entretenir peu d’espoir que le gouvernement du Québec refuse d’autoriser la construction par GNL Québec d’une usine de liquéfaction de gaz à Saguenay.

Dans une mémoire qu’il présentera lundi soir devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), l’organisme se désole que plusieurs membres influents du gouvernement du Québec aient déjà publiquement exprimé leur appui au projet par le passé, notamment le premier ministre François Legault et le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon.

Pour moi, c’est du jamais vu, lance Henri Jacob, président de l’Action boréale. Quand des gens appelés à prendre la décision finale se disent déjà en faveur d‘un projet en répétant la publicité de la compagnie, c’est frustrant et décevant. Ça enlève toute crédibilité à un processus nécessaire qui jouit pourtant d’une bonne réputation à l’échelle mondiale.

Pas une analyse globale du projet

L’Action boréale déplore aussi que le gouvernement n’ait pas choisi d’étudier les conséquences environnementales du projet dans son ensemble. Les audiences actuelles du BAPE concernent uniquement la construction de l’usine à Saguenay. D’autres audiences pourraient être annoncées dans les prochains mois concernant le gazoduc de 780 km qui doit notamment traverser l’Abitibi-Témiscamingue pour acheminer le gaz au Saguenay.

L’organisme estime que le projet doit être vu comme un tout, puisqu’il aura des impacts du début à la fin, soit par l’extraction du gaz en Alberta, la construction du pipeline au Québec, la construction d’un port méthanier, l’augmentation du transport maritime dans le fleuve St-Laurent et les risques de fuites de gaz en mer et lors du transbordement en Asie et en Europe.

Si on fait un BAPE uniquement sur l’usine de liquéfaction et si on dit oui, comment pourra-t-on juger crédible le BAPE qui va parler du tuyau?, se questionne Henri Jacob. Si on autorise la construction d’une infrastructure de plusieurs milliards, on ne pourra pas dire non à l’autre aspect du projet. C’est rire du monde.

Henri Jacob pose pour la caméra devant une carte.

Henri Jacob, président de l'Action boréale

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Pas de gain environnemental

Du point de vue environnemental, l’Action boréale se dit contre le projet de GNL Québec et réfute les arguments voulant que le gaz exporté permettra d’éliminer des centrales plus polluantes outre-mer.

La compagnie nous a dit qu’elle ne pourrait pas exiger que ses clients s’engagent à fermer des centrales au charbon, souligne Henri Jacob. Elle pense que oui, mais pour nous ce ne sont que des voeux pieux. Aussi, même si le gaz rendu à l’autre bout n’est pas si mal, le processus d’extraction par fracturation va laisser échapper du méthane, qui est un gaz à effet de serre 87 fois plus dommageable que le CO2. Il est où le gain environnemental en bout de ligne? Je ne le vois pas.

L’Action boréale craint enfin que le développement de centrales au gaz en Asie ou en Europe retarde la mise en place de véritables projets verts, comme l’hydroélectricité, l’éolien ou le solaire.

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