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BAPE sur GNL Québec : une quinzaine de participants entendus lundi après-midi

Denis Bergeron lors des audiences sur le projet Énergie Saguenay.

Le président la commission d'enquête du BAPE sur GNL Québec, Denis Bergeron

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

La deuxième partie des audiences du BAPE sur le projet Énergie Saguenay de GNL Québec a permis à une quinzaine de citoyens et d’organismes de faire valoir leur point de vue, lundi après-midi.

Politiciens, représentants d’organismes environnementaux et de municipalités se sont succédé devant les commissaires pour résumer le contenu de leur mémoire. Les audiences ont lieu de façon virtuelle.

Plusieurs d’entre eux ont manifesté leur désaccord à l’égard du projet évalué à 9 milliards de dollars. Ce fut notamment le cas du Mouvement citoyen littoralement inacceptable, d’Équiterre, et du Mouvement pour un Québec indépendant.

Plusieurs organismes en ont contre le fait que le projet d’aménagement d’un gazoduc de 780 kilomètres visant à acheminer du gaz naturel de l’Ouest canadien jusqu’au port de Grande-Anse ne soit pas analysé par le BAPE en même temps que celui visant la construction d’une usine de liquéfaction.

C’est une division qui est malhonnête intellectuellement de demander aux citoyens de se prononcer sur chacun des deux projets indépendamment, alors qu’ils ne sont pas indépendants et qu’ils ne peuvent pas voir le jour un sans l’autre , a déclaré l’ex-cheffe du Bloc québécois et présidente du Mouvement pour un Québec indépendant, Martine Ouellet.

Notre première critique porte sur le cadre de l’analyse environnementale du terminal de liquéfaction et d’exportation maritime Énergie Saguenay, qui sera uniquement raccordé et viable avec l’apport du gaz transporté par le pipeline Gazoduq. Considérons donc Gazoduq comme une partie intégrante du projet Énergie Saguenay , a mis en relief Marc-André Viau d’Équiterre.

La Coalition Eau secours est d’avis que le projet de GNL est néfaste pour le futur.

Sa porte-parole, Rébecca Pétrin, a présenté un mémoire dans lequel la Coalition estime que d’importantes pertes d’eau potable seront provoquées par le projet chaque année et que Saguenay en paiera la facture.

Pour un meilleur calcul des GES

La députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, invite les commissaires du Bureau des audiences publiques sur l’environnement à considérer la totalité des gaz à effets de serre générés par le projet Énergie Saguenay lorsqu’ils émettront un avis au gouvernement.

Il est crucial que les émissions en aval et en amont, que ce soit en Alberta ou plus tard, quand le gaz sera brûlé, soient prises en compte , a-t-elle mis en relief.

Ruba Ghazal estime que le Québec devrait garder son hydroélectricité pour des projets plus verts.

L’hydroélectricité, dont nous sommes si fiers, qui doit servir à l’électrification des transports, va servir à une usine qui va réduire à néant tous les efforts de réduction des gaz à effet de serre au Québec , a poursuivi la députée de Mercier.

Elle met aussi en doute les prétentions de GNL Québec, selon laquelle l’usine de liquéfaction de gaz naturel permettrait de réduire de 28 millions de tonnes les émissions mondiales de GES.

Est-ce qu’on veut vraiment être de cette génération qui a fait disparaître pour toujours le béluga? Je ne pense pas , a lancé Ruba Ghazal, à l’intention des commissaires.

Si on ne veut pas se retrouver dans quelques années devant une usine abandonnée, il faut dire non à GNL Québec , a-t-elle conclu, ajoutant que la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’a pas besoin de ces emplois.

En faveur du projet

Parmi les présentations entendues en après-midi par les commissaires du BAPE, Denis Bergeron et Laurent Pilotto, figuraient celles de l’Association de l’énergie du Québec et de la municipalité de La Tuque. Les deux ont vertement plaidé en faveur de la réalisation du projet Énergie Saguenay, qu’ils jugent porteur d’avenir.

Le problème des émissions, il est mondial. Ce n’est pas nécessairement ce qu’on va faire ici qui va changer quoi que ce soit. C’est ce que le Québec peut faire pour le monde. Le plus grand geste que le premier ministre peut poser, le plus grand geste que le Québec peut poser, c’est d’aller réduire les émissions mondiales là où se pose le problème , a indiqué le président-directeur général de l’Association de l’énergie du Québec, Éric Tétrault.

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, appuie à 100 % le projet Énergie Saguenay et affirme que sa municipalité est prête à le défendre sur la place publique. Lors des audiences du BAPE, le maire a indiqué que les redevances pour sa municipalité seraient importantes si le projet voit le jour et que les citoyens en tireraient grandement profit.

Nous voulons agir comme des partenaires dans ce projet. Les solutions proposées par GNL Québec et Gazoduq nous semblent réalisables et acceptables. Nous croyons à l’utilité de ces projets , a déclaré le premier citoyen de La Tuque, qui a salué les efforts de transparence de GNL et de Gazoduq en matière d’information publique.

Les audiences se dérouleront sur huit jours. Quelque 250 participants seront entendus par les deux commissaires, qui siègent à partir des bureaux du BAPE à Québec. Le temps de parole a été limité à 10 minutes par intervenant.

Des ratés dès l'ouverture

Des problèmes techniques ont marqué l’ouverture de la deuxième portion des travaux de la commission d'enquête du bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur GNL Québec, dont le coup d’envoi a été donné lundi après-midi.

Quinze minutes à peine après le début des audiences, tenues par vidéoconférence, le président, Denis Bergeron, a dû demander une pause parce que les intervenants ne pouvaient être entendus.

Intégrité

Par ailleurs, tout juste après le début de la webdiffusion, Denis Bergeron a cru bon de faire le point concernant l’intégrité et l'indépendance de la commission, après certaines critiques véhiculées depuis sa nomination à titre de président des audiences sur GNL Québec.

L’ancien consultant de l'industrie gazière a répété qu'il n'était pas en conflit d'intérêts et a cru bon de relire sa déclaration déposée au BAPE le 2 mars 2020.

Il a aussi assuré que rien ne pourrait affecter l’impartialité du BAPE.

2550 mémoires déposés

Lors de la première partie des audiences sur le projet Énergie Saguenay, tenues en septembre, 400 personnes se sont présentées à l'hôtel Le Montagnais, à Chicoutimi, pour assister aux travaux. Selon la commission, 3270 internautes ont suivi les discussions à distance sur le web. La première phase avait pour but de permettre aux parties intéressées de poser des questions.

Autour de 2550 mémoires ont été soumis au BAPE par des citoyens, organismes ou entreprises qui souhaitent exprimer leur opinion au sujet du projet de construction d'un terminal de liquéfaction de gaz naturel à La Baie.

Au terme des audiences, un rapport sera présenté par le BAPE au ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, au plus tard à la mi-janvier. Le ministre aura deux semaines pour le rendre public. Par la suite, il formulera des recommandations au Conseil des ministres, qui prendra la décision finale au sujet du projet Énergie Saguenay.

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