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COVID-19 : l'Europe donne un tour de vis pour « sauver Noël »

Des dizaines de personnes masquées sont rassemblées sans grande distanciation physique autour de taxis. Un homme s'adresse à eux avec un mégaphone.

À Turin, des chauffeurs ont débrayé et se sont rassemblés sur la grande place Piazza Costello lundi midi pour protester contre les mesures annoncées par le gouvernement Conte.

Photo : Getty Images / AFP/MARCO BERTORELLO

Radio-Canada

La colère montait lundi en Italie en raison des nouvelles mesures introduites face à la progression de l'épidémie de COVID-19 pour sauver Noël, tandis que plusieurs pays européens ont imposé des couvre-feux ou réfléchissent à des confinements pour contrer la deuxième vague.

La décision du premier ministre italien Giuseppe Conte de fermer les restaurants et les bars à partir de 18 h, heure locale, et tous les théâtres, cinémas et salles de sport pendant un mois a été qualifiée d'aveu d'échec par ses détracteurs et a poussé les scientifiques à se demander si cela suffirait à endiguer la propagation du virus.

La maladie continue à s'étendre à travers l'Europe, et l'Espagne a imposé un nouvel état d'urgence ainsi que des couvre-feux nocturnes. La Catalogne (nord-est) réfléchit même à un confinement de la population à domicile le week-end et la région voisine d'Aragon a décidé de boucler son territoire.

La France a quant à elle établi un nouveau triste record quotidien avec plus de 52 000 cas supplémentaires de COVID-19. La perspective d'un nouveau confinement y prend corps face à une deuxième vague brutale qui pourrait même être plus forte que la première, s'est alarmé Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique qui guide le gouvernement.

En Allemagne, le marché de Noël mondialement connu de Nuremberg, qui attire quelque deux millions de visiteurs, a été annulé cette année.

Le gouvernement slovène a pour sa part annoncé le durcissement à partir de mardi du confinement partiel en vigueur et renforcé les contrôles aux frontières.

En Norvège, de nouvelles restrictions vont entrer en vigueur à Oslo, où le port obligatoire du masque de protection est notamment étendu. Les bars de la capitale, déjà contraints d'arrêter de servir à minuit, ne pourront en outre plus accepter de nouveaux clients après 22 h.

Et en Belgique, où le nombre des contaminations a triplé en cinq semaines, passant à 321 031 cas, les vacances scolaires de la Toussaint ont été prolongées et les écoles contraintes de s'adapter à la forte progression du virus pour ne pas risquer d'aggraver une situation déjà dramatique dans les structures de soins.

Six membres du personnel médical s'affairent autour d'un lit d'hôpital sur lequel une personne est couchée.

À Aulnay-sous-Bois, près de Paris, une équipe médicale intervient auprès d'une personne atteinte de COVID-19.

Photo : Reuters / GONZALO FUENTES

Plus d'un million de morts dans le monde

La pandémie a fait au moins 1,15 million de morts dans le monde depuis fin décembre et près de 43,1 millions de cas ont été diagnostiqués, selon un comptage de l'AFP.

Certains voient toutefois le bout du tunnel : Melbourne, la deuxième grande ville d'Australie, devrait ainsi sortir de son confinement cette semaine après environ quatre mois de restrictions qui ont coûté très cher.

En revanche, les États-Unis ont connu un nombre record de nouveaux cas de COVID-19 ce week-end, le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, accusant le gouvernement du président Donald Trump d'agiter le drapeau blanc de la défaite après que son chef de cabinet eut admis qu'il « n'allait pas contrôler la pandémie ».

Les restrictions pèsent aussi sur la vie politique : en Allemagne, le Parti conservateur d'Angela Merkel a annoncé le report de son congrès de début décembre devant élire un nouveau président et potentiel candidat à la chancellerie en 2021, faute de pouvoir réunir ses délégués en raison d'une aggravation de la pandémie.

L'Union européenne a décidé pour sa part de réduire les réunions physiques de responsables et d'experts, au profit des visioconférences, en raison de l'augmentation du nombre des contaminations à Bruxelles.

Les nouvelles mesures restrictives sont souvent impopulaires, comme en Italie, où elles portent un coup sévère à des secteurs déjà durement touchés après un strict confinement national le printemps dernier.

Mais ces mesures nous permettront d'être plus sereins d'ici Noël, a expliqué le premier ministre italien, tout en avertissant que les célébrations festives seront encore hors de question en fin d'année.

Arrêtez! Nous avons pris un décret pour vous sauver!, lançait lundi Giuseppe Conte au père Noël s'apprêtant à se suicider, dans un dessin satirique en une du principal quotidien de son pays, le Corriere della Sera.

Avec ces nouvelles restrictions, on va fermer. Notre établissement ne se trouve pas dans un centre-ville, nous sommes en province, nos clients viennent le soir ou pendant le week-end, a déclaré à l'AFP Giuseppe Tonon, 70 ans, propriétaire d'un restaurant à Oderzo, un petit village du nord-est, dont la photo a fait le tour des réseaux sociaux.

Selon le syndicat FIPE-Confcommercio, les nouvelles mesures italiennes coûteront environ 2,7 milliards d'euros supplémentaires au secteur de la restauration.

Les nouvelles mesures décidées par le gouvernement italien ont été sévèrement critiquées.

Cela fait huit mois qu'il navigue à vue avec le premier ministre qui signe un décret tous les quatre jours pour apparaître à la télévision, a accusé Giorgia Meloni, la cheffe du parti Fratelli d'Italia (FDI, extrême droite).

Pour Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), le principal parti italien, les nouvelles restrictions sont une folie, un confinement qui ne dit pas son nom.

Au Pays de Galles, les restrictions ont également provoqué colère et confusion. Pas le droit d'acheter de livres ou de vêtements pour bébés, même dans les magasins ouverts : confinés depuis vendredi et limités aux achats de produits essentiels, plus de 65 000 Gallois avaient signé lundi une pétition exigeant l'abandon de ces règles jugées disproportionnées.

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