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La Tuque à la défense du projet de gazoduc de GNL Québec

Un panneau du BAPE.

La ville de La Tuque fait partie des organismes et citoyens qui présentent un mémoire devant le BAPE.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

La ville de La Tuque, qui bénéficierait d’une redevance de dix millions de dollars par an, a pris la parole lors des audiences du BAPE lundi pour appuyer le projet de GNL Québec qui souhaite construire un gazoduc de 780 kilomètres au Québec.

Si le projet va de l’avant, GNL Québec investira plus de neuf milliards de dollars pour construire une usine de liquéfaction du gaz naturel à Saguenay ainsi qu’un immense pipeline entre le nord-est de l’Ontario et le Saguenay.

La Tuque serait financièrement dédommagée pour les 178 kilomètres de gazoduc qui seraient enfouis sur son territoire.

Les dix millions de dollars offerts chaque année pour soutenir les projets de La Tuque représenteraient le tiers de son budget annuel.

Une nouvelle économie pour La Tuque

Le maire Pierre-David Tremblay estime que les redevances permettraient d'alléger le compte de taxes et d’améliorer des services à La Tuque. Il a expliqué qu'actuellement le Colisée municipal est déficitaire d’un demi-million de dollars par année; c’est le même montant pour la pente de ski. La bibliothèque municipale nous coûte environ 400 000 $ par année et le centre culturel un autre 200 000 $.

Tous ces montants seraient épongés par ces redevances et nous permettraient même d’améliorer les services et d’en offrir davantage à nos citoyens.

Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque

Ce projet permettrait également d’offrir des emplois de qualité aux gens de sa région, de construire des infrastructures comme des logements pour ces 4 000 travailleurs qui resteront accessibles une fois la construction du pipeline achevée.

Le maire a répété qu’il s’agit d’un projet de transition pour le Québec. Il estime que la province devrait aller de l’avant tout en continuant de développer parallèlement les technologies vertes. À ce chapitre, Pierre-David Tremblay estime que sa municipalité pourrait faire sa part vu son territoire 58 fois plus grand que celui de l'Île de Montréal. On a pas mal de place pour mettre des éoliennes et des plaques solaires ajoute-t-il.

À contre-courant

Le comité formé par la ville de La Tuque est l’un des rares intervenants à appuyer publiquement le projet aujourd’hui. Des citoyens et plusieurs organismes environnementaux se prononcent contre la construction du gazoduc.

Le Comité citoyen carboneutre de la MRC de Maskinongé estime que le projet est tout sauf inspirant pour les futures générations. La porte-parole du comité, Geneviève Richard, croit elle aussi que la province est à la croisée des chemins, mais souhaite plutôt un abandon de l'exploitation des hydrocarbures.

Pensez-vous que les gens viendront admirer le fjord après qu’il ait été contaminé par tous ces bateaux longs comme 30 autobus ?

Geneviève Richard, Comité citoyen carboneutre de la MRC de Maskinongé

En tout, 48 associations étudiantes ont déjà demandé l’arrêt du projet. Le BAPE entendra également les recommandations de la Coalition Anti-Pipeline Rouyn-Noranda, la fondation David Suzuki, Équiterre, ENvironnement JEUnesse et Eau Secours.

Des estimations divergentes

Lors de la première semaine d’audience, un représentant de Pêches et océans Canada a affirmé que le bruit généré par les navires qui transporteront le gaz naturel liquéfié aura un impact sur la communication entre les bélugas ainsi que leur capacité à se nourrir et éviter les dangers. Ces bateaux navigueraient directement dans le fjord du Saguenay entre 300 et 400 fois par an.

GNL Québec estime que son projet permettra de remplacer certains combustibles hautement polluants comme le charbon et réduira de 28 millions de tonnes par années les émissions de gaz à effet de serre de la planète.

Les experts du gouvernement du Québec et du Canada en arrivent toutefois à une autre conclusion, estimant que le projet fera plutôt grimper les émissions de huit millions de tonnes par années, soit l’équivalent de 3,4 millions de voitures.

Le gouvernement du Québec dit attendre les conclusions du BAPE mais se dit d’emblée favorable à ce projet.

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