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Projet de clinique médicale mobile pour femmes autochtones dans La Vallée-de-la-Gatineau

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Jessie Nault, originaire de Maniwaki, rêve de mettre sur pied une clinique mobile pour offrir des soins de santé aux femmes anichinabées.

Rachel Dugas

Une résidente en obstétrique-gynécologie originaire de Maniwaki travaille à la création d’une clinique sur roues qui offrira des soins de santé aux femmes autochtones des communautés anichinabées de la région. C’est une idée qui trotte dans l’esprit de Jessie Nault depuis quelques années et elle entend sillonner La Vallée-de-la-Gatineau à bord d’un autobus transformé d’ici la fin de 2022.

Je me demandais comment, moi, en tant que femme autochtone et future médecin spécialiste, je pouvais aider dans ma communauté de façon tangible et directe, explique la jeune anichinabée. L’idée de se déplacer d’une communauté à l’autre s’est alors imposée. Je trouve qu’à chaque fois, on demande à nos patients autochtones de se déplacer vers les grands milieux hospitaliers, se désole-t-elle.

On les déracine de leur milieu, de leur culture, de leur langue pour les emmener dans des environnements où ils ne sont pas nécessairement à l’aise.

Jessie Nault, étudiante en obstétrique-gynécologie
Jessie Nault, souriante, devant un paysage d'automne.

Jessie Nault pourra aussi compter sur l’aide de pédiatres et de chirurgiens autochtones et non autochtones pour son projet de clinique mobile.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Une idée qui fait boule de neige

Jessie Nault était prête à se lancer dans l’aventure solo, mais son idée de pap mobile a fait du chemin. Je voulais créer une unité mobile pour l’obstétrique-gynécologie, ma propre spécialité, mais d’autres médecins spécialistes se sont montrés intéressés à monter dans l’autobus et contribuer à la cause, se réjouit-elle. Jessie pourra donc compter sur l’aide de pédiatres et de chirurgiens autochtones et non autochtones. [Dans l’autobus] Il y aura une salle pour des procédures ou urgences et une salle d’examen régulière pour des consultations simples, décrit la future médecin spécialiste. Elle ajoute qu’il pourra circuler été comme hiver.

Jessie Nault qui regarde vers la droite, assise au bord d'une rivière.

Jessie Nault aimerait aussi négocier un poste d’obstétricienne-gynécologue à temps plein à l’Hôpital de Mont-Laurier pour y développer un service de gynécologie complet.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

De retour chez elle

Mon but, c'est effectivement de retourner vers les miens pour les aider et leur offrir une meilleure qualité de soins de santé, maintient celle qui vient d’entamer sa troisième année de résidence en obstétrique-gynécologie à l’Université de Montréal. C’est tout d’abord à l’Université d’Ottawa qu’elle a fait ses études de médecine dans le cadre du programme destiné à former davantage de personnel médical autochtone. Mon autre projet, c’est de négocier un poste d’obstétricienne-gynécologue à temps plein à l’Hôpital de Mont-Laurier, où on va développer un service de gynécologie complet, révèle-t-elle tout en mentionnant qu’elle se réservera une semaine par mois pour la clinique mobile.

Un événement tragique : la mort de Joyce Echaquan

C’est un cri du cœur qui est venu chercher tout le monde au fond de l’âme directement, lance Jessie Nault, qui connaissait personnellement Joyce Echaquan, cette jeune mère atikamekw de 37 ans morte à l’hôpital de Joliette. Ce tragique événement-là me fait réfléchir que justement, on a besoin de projets tangibles. On a besoin d’idées, mais dans le concret, dit-elle en soulignant l’importance de son projet de clinique mobile.

C’est bien beau d’avoir des directives, d’avoir des politiques, des déclarations sur le racisme au niveau des peuples autochtones, mais maintenant on a besoin de plus. On a besoin d’action. On a besoin de projets, on a besoin que ça bouge.

Jessie Nault, étudiante en obstétrique-gynécologie

Le projet en est à ses balbutiements et la transformation d’un autobus en clinique médicale prend au moins une année. Mais Jessie Nault voit déjà grand : C’est un projet qui pourrait servir à toutes les autres nations autochtones.

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