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Les cerveaux libéraux et conservateurs réagissent différemment aux mêmes informations

Le président américain pointe du doigt durant son rassemblement partisan.

Le président américain a salué les « guerriers » venus assister à son rassemblement partisan à Tulsa, en Oklahoma.

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

Radio-Canada

Les cerveaux de personnes libérales et conservatrices réagissent différemment lorsqu’elles visionnent les mêmes vidéos sur des sujets d’actualité, montrent les travaux de scientifiques américains. Explications.

Les élections américaines actuelles sont l’occasion parfaite d’observer la fracture idéologique qui existe entre les partisans démocrates et républicains, dont les valeurs se trouvent plus à gauche ou plus à droite sur l’échiquier politique.

Des études ont déjà montré qu’une personne interprète l’information qu’elle reçoit de manière à conforter ses idées. Avec l’arrivée des médias sociaux et la polarisation de plus en plus importante des médias, ce biais cognitif pourrait contribuer à une division politique de plus en plus grande.

Le cerveau politique

Le neuroscientifique Yuan Chang Leong et ses collègues des universités de la Californie à Berkeley et Stanford ont voulu expliquer le rôle des préjugés partisans dans le traitement de l’information politique en cernant comment ce biais cognitif se forme dans le cerveau.

Pour y arriver, ils ont observé l’activité neuronale (à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique) de trois douzaines de participants auxquels on présentait des extraits vidéo liés à la politique américaine représentant les positions libérales et conservatrices sur les politiques d’immigration.

Ces passages comprenaient des publicités électorales et des extraits de discours de personnalités politiques qui contenaient des références à la construction du mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et à l’octroi de protections aux immigrants sans papiers (DACA).

Les chercheurs ont constaté que, même s’ils ont regardé les mêmes extraits, les participants conservateurs et libéraux ont présenté des réponses neurales totalement différentes, surtout lorsque le contenu visionné contenait un vocabulaire fréquemment utilisé dans les messages de campagne politique.

Cette polarisation neurale s’est produite dans leur cortex préfrontal, une région du cerveau associée, entre autres, à l’interprétation du contenu narratif, c’est-à-dire qui donne un sens aux récits.

Les chercheurs ont également observé que les réponses neurales polarisées menaient à des attitudes différentes en réaction aux extraits.

Ces résultats laissent donc à penser qu’un traitement cérébral différent entraîne des interprétations divergentes des informations politiques, ce qui mène ultimement à une polarisation des attitudes.

Notre étude suggère qu’il existe une base neuronale aux préjugés partisans, et que certains mots sont particulièrement moteurs de polarisation.

Yuan Chang Leong, Université de la Californie à Berkeley

Les plus grandes différences d’activité neuronale entre les idéologies se sont produites lorsque les participants ont entendu des mots qui mettent l’accent sur une menace, la moralité et les émotions, explique le neuroscientifique.

Son collègue Jamil Zaki, professeur de psychologie à l’Université Stanford, ajoute que ces différences ne veulent pas dire que ces personnes sont nées pour être en désaccord.

Nos expériences de vie et les médias que nous consultons contribuent probablement à la polarisation neurale.

Jamil Zaki

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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