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Des inondations à répétition dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

Plusieurs propriétaires d’un arrondissement de Montréal en ont assez d’être victimes d’inondations causées la plupart du temps par le refoulement des égouts. Selon eux, le réseau et son entretien sont déficients. Montréal dit le contraire et se dégage de toute responsabilité, a appris La facture.

Un homme se tient dans l'eau devant la maison de Mme Chamsi.

La maison de Myriam Chamsi a été inondée en octobre 2019.

Photo : Myriam Chamsi

Trois inondations en trois ans. C’est ce qu’a vécu Myriam Chamsi ces dernières années. Cette citoyenne de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, possède une maison avec un sous-sol et un garage dont l’accès est en contre-pente. L’eau peut donc s’y infiltrer facilement s’il y a refoulement des égouts à la suite de fortes pluies.

La première inondation, on a eu une perte significative. Ma voiture était une perte totale puisqu'elle était stationnée sur la pente.

Myriam Chamsi
De l'eau recouvre la partie en pente de l'entée de garage.

L'entrée de garage est inondée en octobre 2019.

Photo : Myriam Chamsi

Ses assurances ne couvrent plus les dommages causés par les inondations chez elle. Ses fâcheuses expériences lui ont coûté des dizaines de milliers de dollars depuis 2017. Myriam Chamsi et de nombreux propriétaires de son quartier allèguent que la Ville de Montréal manque de vigilance dans l’entretien des puisards.

Myriam Chamsi devant un escalier.

Myriam Chamsi devant sa résidence touchée par des inondations.

Photo : Radio-Canada

La Ville s’en défend. Selon le chef de la division Gestion durable de l'eau au Service de l'eau de la municipalité, Hervé Logé, on ne parle pas ici d’un problème d'encrassement ou d’état structural des égouts. C'est plutôt, d’après lui, une question d'intensité des pluies causées par les changements climatiques et de topographie des pentes.

Avec les données accumulées au cours des dernières années, on peut voir une augmentation des pluies plus intenses. C'est vraiment le phénomène d'avoir de l'eau qui s'accumule sur la rue, qui va se déverser dans les entrées en contre-pente.

Hervé Logé
Hervé Logé

Hervé Logé est le chef de la division Gestion durable de l'eau au Service de l'eau de la Ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Il est vrai que Myriam Chamsi et les résidents de sa rue et des rues avoisinantes vivent dans une cuvette, sur le lit de l’ancien ruisseau Molson. Mais, selon eux, ce n’est pas une raison valable pour être trop souvent victimes d’inondations causées par le refoulement des égouts.

La Ville de Montréal se dégage de toute responsabilité pour les dommages causés par les inondations chez les propriétaires comme Myriam Chamsi et ses voisins.

Selon l’avocate en droit municipal et environnemental Christine Duchaine, la Ville s’esquive peut-être trop facilement. Elle rappelle à toutes les victimes de refoulements d’égout et d’inondations au Québec que la jurisprudence a souvent joué en leur faveur.

La Ville a une obligation d’offrir un service d’aqueduc et d’égout. Elle est gardienne de son réseau. Elle a une responsabilité pour les dommages causés par son bien, qui est le réseau d'aqueduc.

Christine Duchaine
Christine Duchaine avec des bâtiments en arrière-plan.

Christine Duchaine est avocate en droit municipal et environnemental.

Photo : Radio-Canada

L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a tout de même installé des têtes plus performantes aux deux puisards près de chez Myriam Chamsi. La Ville a sous-traité la construction d’un troisième puisard. Elle rappelle aux citoyens du quartier qu’ils doivent investir dans les clapets anti-refoulement et les pompes de renvoi, deux protections qui peuvent changer les choses.

Pour atténuer davantage les risques d’inondation, la Ville de Montréal voudrait que les citoyens fassent construire à leurs frais un button, au seuil de leur entrée de garage, qui bloquerait l’eau, en partie du moins.

Myriam Chamsi, quant à elle, craint la venue des prochains mois. Sera-t-elle victime d’une inondation pour une quatrième fois?

Le reportage d'Yvan Lamontagne et de France Larocque sera diffusé à La facture mardi à ICI Télé à 19 h 30 et en rediffusion le mercredi à 12 h 30 ainsi que le samedi à 12 h 30. À ICI RDI ce sera le samedi 21 h 30 et le dimanche à 17 h 30.

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