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Les femmes autochtones surreprésentées dans le milieu carcéral en Nouvelle-Écosse

Le stationnement et la façade de la prison Central Nova.

Central Nova, à Dartmouth, est la plus grande prison provinciale en Nouvelle-Écosse. Elle a une capacité d'accueil de 322 hommes et de 48 femmes.

Photo : Robert Short/CBC

Radio-Canada

Le nombre de femmes autochtones dans les prisons provinciales de la Nouvelle-Écosse a plus que doublé en 2019 par rapport à 2018. Bien qu’elles ne forment que 6 % de la population de la province, elles représentaient 22 % des prisonnières l’an dernier, la plus haute proportion depuis 2016, selon de nouvelles données du ministère provincial de la Justice.

Les prisons provinciales pour femmes accueillent généralement des détenues qui purgent une peine de courte durée ou qui attendent de subir leur procès. Certaines d’entre elles, après avoir passé des semaines, voire des mois derrière les barreaux, finissent même par être acquittées.

La surreprésentation des femmes autochtones s’aggrave aussi dans les prisons fédérales pour femmes, où les détenues purgent normalement des peines de deux ans ou plus. D’après des données publiées plus tôt cette année, les femmes autochtones représentaient 42 % des détenues du système carcéral fédéral.

Par ailleurs, ces données indiquent également que les femmes autochtones sont plus susceptibles d’être placées en confinement et d’être maltraitées en détention.

L'intérieur d'une cellule vide.

L'intérieur d'une cellule à la prison Central Nova, à Dartmouth (archives)

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Laura Toney, de la Première Nation de la vallée de l'Annapolis, s’est retrouvée derrière les barreaux à de multiples reprises de 2014 à 2018. Personne ne parlait le micmac à la prison, il n’y avait pas de cérémonie traditionnelle, je n’avais aucune ressource, raconte-t-elle.

Peu de temps après sa libération en 2018, elle a fait une surdose. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était un besoin. C’est peut-être la douleur, la solitude, tente-t-elle d’expliquer.

Laura Toney, membre de la Première Nation de la vallée de l'Annapolis.

Laura Toney, membre de la Première Nation de la vallée de l'Annapolis

Photo : Brooklyn Connolly pour CBC

Laura Toney vit aujourd’hui à Dartmouth. Elle fréquente un centre d’aide pour Micmacs et dit qu’elle va très bien.

Des solutions de rechange

Mona O’Brien, membre de la Première Nation Qalipu Mi'kmaq, œuvre depuis une dizaine d’années dans le domaine de la justice pour les femmes autochtones. Selon elle, le gouvernement devrait plutôt tenter de répondre aux besoins spécifiques des femmes autochtones au lieu de les incarcérer dans un système mis en place par des colonisateurs.

C’est une relation, il doit y avoir un processus de construction de relation, explique Mme O’Brien à propos du lien qui unit le ministère de la Justice et les communautés autochtones. Et je crois que ce processus doit être dirigé par les communautés autochtones, il ne peut pas être mené par la province.

Une solution de rechange aux prisons que certains préconisent est celle des sites de ressourcement. De tels établissements ont été proposés dans les années 1990 par l’Association des femmes autochtones du Canada. Les premiers à ouvrir leurs portes étaient en Saskatchewan, en 1995.

Ces sites sont soumis aux mêmes contrôles et restrictions que les prisons, mais l’accent est davantage mis sur la guérison, avec des services et des programmes portant sur les valeurs et les croyances autochtones.

Il existe aujourd’hui neuf sites du genre au pays, et certains d’entre eux sont gérés par Service correctionnel Canada. Huit sont fédéraux et un seul, situé au Québec, accueille des détenus des prisons provinciales.

Dans un courriel, le ministère provincial de la Justice a reconnu l’existence d’une surreprésentation des personnes autochtones, y compris les femmes, dans le milieu carcéral, et dit faire des efforts pour réduire les inégalités.

Le premier ministre Stephen McNeil a aussi publiquement reconnu l’existence du racisme systémique dans le système de justice provincial, et tout particulièrement à l’encontre des Autochtones et des Noirs. Il a d’ailleurs annoncé un plan visant à revoir de fond en comble le système et à éliminer le racisme.

Avec les informations de CBC

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