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Rafle des années 60 : des groupes réclament des excuses du fédéral

Une personne brandit une pancarte.

Des survivants de la Rafle des années 60 réclament des excuses officielles du gouvernement Trudeau.

Photo : Jessica Deer / Archives The Eastern Door

Un groupe de survivants de la Rafle des années 60 demande au premier ministre Justin Trudeau de présenter des excuses pour la pratique pancanadienne ayant arraché des milliers d'enfants autochtones à leur famille et leur communauté.

Il n'est pas suffisant de simplement nous donner de l'argent, affirme Colleen Hele-Cardinal, cofondatrice du Sixties Scoop Network, un collectif de survivants de la rafle sis à Ottawa.

Il faut que cela soit officiellement indiqué que cet événement s'est produit au Canada. Cela doit être reconnu.

Entre les années 1950 et le début des années 1990, plus de 22 500 enfants autochtones canadiens ont été placés sous la gouverne d'agences de services sociaux et confiés à des parents non autochtones, et ont perdu leur identité culturelle.

En 2018, le gouvernement du Canada a annoncé une entente à l'amiable de 875 millions de dollars avec les survivants de la rafle provenant des Premières Nations et des peuples inuit. En date de septembre dernier, plus de 10 000 des 34 768 réclamations déposées étaient toujours en traitement.

La pétition électronique lancée sur le site Internet de la Chambre des communes et initiée par le Sixties Scoop Network (de son ancien nom National Indigenous Survivors of Child Welfare Network) demande au premier ministre Trudeau de travailler avec l'organisation et les survivants pour tenir une cérémonie visant à demander pardon, et à présenter des excuses officielles en Chambre.

C'est quelque chose de personnel, pour nous. Il nous revient de décider si nous pardonnons ou pas, plutôt que de simplement accepter des excuses. Je veux qu'ils demandent pardon pour ce qu'ils ont fait à nos familles, affirme Mme Hele-Cardinal.

Cette dernière précise que l'idée de la demande d'excuses est venue lors de rencontres de survivants, et que cela leur trotte en tête depuis un certain temps.

Des excuses provinciales insuffisantes

Plusieurs provinces ont présenté des excuses officielles, dont le Manitoba en 2015, l'Alberta en 2018, et la Saskatchewan, l'an dernier. Mais pour Mme Hele-Cardinal, si les excuses des provinces sont importantes, elles ne sont pas suffisantes pour régler la question de l'héritage de la Rafle des années 60.

Ces excuses, pour les gens qui ne viennent pas de ces provinces et n'y vivent pas, sont un peu inutiles, parce qu'elles ne reconnaissent pas le déracinement et les déplacements, particulièrement pour les gens qui ont été sortis du pays, dit-elle.

La pétition, qui se terminera le 15 décembre, est mise de l'avant par Amnistie internationale Canada. Les pétitions électroniques présentées aux Communes doivent recueillir au moins 500 signatures pour être déposées en Chambre.

À Affaires autochtones et du Nord Canada, on mentionne que si l'entente représente une étape historique dans le cadre des démarches du pays pour s'attaquer au mal provoqué par la Rafle, il ne s'agit que de la première étape.

La Rafle des années 60 est un chapitre sombre dans l'histoire du Canada. Travailler de concert pour obtenir une résolution conséquente à cet héritage difficile est une importante étape dans notre cheminement vers la réconciliation avec les peuples autochtones, mentionne un communiqué du ministère fédéral.

Nous savons qu'il y a encore des réclamations qui n'ont pas encore été traitées, et nous travaillons pour nous attaquer aux souffrances des enfants autochtones à la suite de la Rafle. Nous sommes toujours engagés à écouter les personnes touchées par cet événement et nous assurer qu'elles ont tout le nécessaire pour guérir.

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