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Près de 80 rebelles pro-turcs tués en Syrie dans des frappes imputées à Moscou

Un soldat marche devant un immeuble en ruines.

Un soldat marche dans un quartier détruit près d'Ariha, dans la province d'Idlib, le 26 mai 2020.

Photo : Getty Images / AFP/OMAR HAJ KADOUR

Agence France-Presse

Près de 80 rebelles syriens affiliés à la Turquie ont été tués lundi dans des frappes attribuées à la Russie, contre leur camp à Idlib en Syrie; c'est l'escalade la plus meurtrière dans cette région depuis huit mois.

Dans la guerre complexe en Syrie, la Russie aide militairement le régime de Bachar Al-Assad, et la Turquie soutient des groupes rebelles dans la province d'Idlib, ultime grand bastion djihadiste et rebelle dans le nord-ouest du pays.

Les deux puissances étrangères ont négocié à plusieurs reprises des cessez-le-feu précaires pour cette zone, et une trêve tient depuis mars en dépit d'affrontements sporadiques dans cette région proche de la frontière turque.

Les frappes aériennes attribuées à la Russie par un responsable rebelle et par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont visé un camp d'entraînement de Faylaq Al-Cham dans la région de Jabal Al-Douayli dans le nord de la province d'Idlib.

Selon un dernier bilan de cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, 78 combattants ont péri dans les frappes et quelque 90 ont été blessés.

Le bilan pourrait encore être revu à la hausse, car certains blessés se trouvent dans un état critique, a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Ce bilan est le plus lourd depuis l'entrée en vigueur de la trêve dans la province d'Idlib, a indiqué M. Abdel Rahmane. Des dizaines de combattants se trouvaient dans le camp au moment des frappes.

Seif Al-Raad, un porte-parole du Front national de libération, une coalition de groupes rebelles affiliés à Ankara dont fait partie Faylaq Al-Cham, a confirmé à l'AFP des frappes russes qui ont fait des morts et des blessés.

Il a dénoncé les violations par l'aviation de Moscou et par les forces du régime de la trêve avec des positions militaires, des villages et des localités pris pour cible.

Idlib, dernier bastion de l'opposition

Environ la moitié de la région d'Idlib est sous le contrôle des djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda présente également dans des zones de territoires adjacents dans les provinces voisines de Lattaquié, Hama et Alep.

La trêve adoptée en mars avait stoppé une énième offensive du régime qui avait réussi en quelques mois à grignoter un peu plus des territoires échappant à son contrôle.

L'offensive, marquée par des frappes quasi quotidiennes des aviations syrienne et russe, a coûté la vie à au moins 500 civils, selon l'OSDH.

Elle avait également déplacé près d'un million d'habitants, installés essentiellement depuis dans des camps informels à la frontière avec la Turquie. Parmi eux, près de 235 000 personnes ont fait le choix du retour, profitant de la trêve, selon l'ONU.

L'offensive d'Idlib était alors le principal front de la guerre en Syrie, le régime, aidé militairement par la Russie, l'Iran et le Hezbollah libanais, ayant réussi à reprendre le contrôle de plus de 70 % du territoire.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit syrien s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de puissances étrangères et de groupes djihadistes.

La guerre a fait plus de 380 000 morts et poussé à la fuite plusieurs millions de personnes.

Les négociations de paix entre régime et opposition, menées sous l'égide de l'ONU, sont aujourd'hui au point mort.

L'envoyé spécial de l'ONU Geir Pedersen a rencontré dimanche à Damas le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem. Il a ensuite dit espérer trouver un terrain d'entente sur le moyen de faire avancer le processus politique visant à mettre fin au conflit.

Le responsable onusien enchaîne les rencontres avec le régime syrien, mais aussi avec des figures de l'opposition et des responsables à Moscou ou Ankara, sans succès jusqu'à présent.

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