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Des gyms défient Québec et comptent rouvrir jeudi

Des produits désinfectants sont disposés près de machines d'exercice.

Les salles de sport qui comptent ouvrir leurs portes jeudi assurent que toutes les mesures sanitaires en vigueur seront respectées.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Félix Morrissette-Beaulieu

Une coalition formée de 200 gyms, centres de yoga, de danse, d'arts martiaux et de CrossFit défie la santé publique. Ils ont tous l’intention de rouvrir leurs salles le 29 octobre, et ce, même si François Legault a annoncé lundi le prolongement des mesures sanitaires en zone rouge au Québec.

Dans une annonce commune, les propriétaires de différentes salles de sport affirment que leurs établissements ne constituent pas des lieux de transmission de la COVID-19.

En ce sens, le 29 octobre prochain, nous ouvrirons nos salles de sport dans toutes les régions du Québec afin de redevenir le partenaire de la santé des Québécois et des Québécoises. Toutes les mesures sanitaires en vigueur seront respectées. Si le gouvernement d'ici là est en mesure de nous prouver, à l'aide d'études, que nous sommes une source d'éclosion, nous ferons marche arrière, défie la coalition.

Lundi en fin de journée, le gouvernement a confirmé que les mesures sanitaires, incluant la fermeture des gyms, se poursuivront jusqu'au 23 novembre.

Le premier ministre François Legault a précisé que les récalcitrants pourraient recevoir des amendes.

Un allié plus qu'un ennemi

Au nom de la santé mentale et physique des Québécois, la coalition réclame au gouvernement de reconsidérer immédiatement sa position.

Ça serait inacceptable de rester fermé. J’ai trop de témoignages de gens qui sont en détresse. C’est de la santé mentale et physique, précise l’homme à l'origine du mouvement, Dan Marino, propriétaire du Mega Fitness Gym, à Québec.

Depuis le confinement, on reçoit des cris de notre clientèle, ajoute Dany Laflamme, propriétaire de Nova Gym, un centre d’arts martiaux à Québec. Tous les jours, on reçoit des appels. C’est vraiment triste. Ma clientèle, c’est ma famille, déplore-t-il.

Un homme s’entraîne dans une salle de gym.

Le Québec fait le pari de garder les salles de gym ouvertes dans les zones rouges, les clients et les propriétaires s’en réjouissent.

Photo : Radio-Canada

Au lieu d'être une source de problèmes, ces établissements contribuent plutôt à combattre la dépression. Ils accueillent aussi bon nombre de professionnels de la santé qui en ont eux-mêmes bien besoin, assurent-ils.

On n'arrive pas à suivre la stratégie du gouvernement, alors que nous contribuons à la santé physique et mentale de la population, déplore Steve Dubé propriétaires du SSP Barbell Club, à Longueuil.

La ministre Isabelle Charest doit monter au front avec nous. Nous faisons partie des solutions et non du problème.

Marie-Ève Charbonneau, propriétaire du studio de danse Evedanz
Le propriétaire d'une salle d'entraînement discute avec un client.

Le propriétaire du Mega Fitness Gym de Québec, Dan Marino, avait déjà ouvert son gym en juin malgré l'interdiction de la santé publique afin d'éviter la faillite.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement à l'écoute

Le médecin épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Gaston de Serres, estime que les doléances des propriétaires parviennent au gouvernement.

Je pense que d’essayer de trouver quel est le meilleur équilibre entre garder ces commerces ou ces entreprises ouverts pour permettre justement d’avoir une meilleure santé physique, une meilleure santé mentale, doit être considéré sérieusement, ajoute-t-il.

Il rappelle toutefois que les gyms ne sont pas exempts de risques. En Ontario, notamment, un total de 47 cas de COVID-19 a été relié à un studio de spinning.

Maintenant, dire que ça ne peut pas être à l’origine d’éclosions, ça, par contre, ce n’est pas vrai.

Gaston de Serres, médecin épidémiologiste à l'INSPQ

Il reviendra au gouvernement de décider si les mesures mises en place par les centres d'activité physique permettent de limiter la contagion, selon le docteur.

Transgresser les règles ou pas?

Questionné par les médias sur sa volonté de transgresser les règles si les gymnases doivent demeurer fermés, Dan Marino préfère renvoyer la question au premier ministre.

Pensez-vous que c’est une bonne idée de laisser un bon partenaire de la santé physique et mentale fermé une journée de plus? Pourquoi resterait-on fermé?

C’est quoi la différence entre un Costco avec une éclosion, qui passe à peu près 2000 clients par jour, et ici, où il en passe 25 à l’heure?

Dan Marino, propriétaire, Mega Fitness Gym

Dan Marino demande au gouvernement de faire monter les centres d'activité physique dans la liste de priorités du gouvernement.

Je n’essaye pas de me lamenter aujourd’hui. On a avalé notre pilule. On a pris les 28 jours. Maintenant, ce n’est pas notre faute, on fait partie de la solution, explique M. Marino.

La coalition déplore également que ce deuxième confinement pousse actuellement un grand nombre de propriétaires vers la faillite.

Le CCICP n’encourage pas la désobéissance civile

La section québécoise du Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique (CCICP) se dissocie de l’annonce de cette coalition formée et explique qu’il respectera les consignes gouvernementales.

Bien que nous soyons d’avis que l’absence d’activité physique a des impacts directs et néfastes sur la santé physique et mentale de tous et que nos centres de conditionnement physique devraient pouvoir rouvrir pour permettre aux Québécois et Québécoises de maintenir une bonne santé, le CCICP respecte les directives imposées, peut-on lire dans un communiqué rendu public lundi soir.

Pas de désobéissance chez les restaurateurs

Les restaurateurs s'attendent pour leur part à pouvoir rouvrir leurs salles à manger dans quelques semaines, mais le Vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association des restaurateurs du Québec, François Meunier, aimerait savoir sur quel pied danser.

On souhaite le plus possible savoir à quoi s'attendre. C'est notre souhait le plus cher. On n'a pas changé d'idée. On pense que les restaurants sont des lieux sécuritaires de socialisation. On pense qu'on est en mesure de respecter de manière importante les directives pour assurer la sécurité de notre clientèle.

On espère que le gouvernement va faire en sorte qu'on puisse voir rapidement la lumière au bout du tunnel.

François Meunier, Vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'Association des restaurateurs du Québec

Malgré la déception, la désobéissance civile n'est toutefois pas encouragée par l'Association des restaurateurs du Québec.

Deux restaurateurs de Québec partagent la vision de leur association. Rocco Cortina, propriétaire du Il Matoo, aimerait cependant que le gouvernement précise dans quelle circonstance les salles à manger pourraient rouvrir.

On est un peu plus découragés que lors du premier confinement, admet-il.

Le propriétaire du Montego Resto-Club, Charles-Antoine Authier, affirme que son équipe se doutait bien que les mesures sanitaires en zone rouge n'allaient pas être levées après le 28 octobre.

Nous avons été chanceux, la clientèle répond bien à nos services pour emporter. Même si c'est une grosse diminution de notre chiffre d'affaires, on est déjà préparé à être en confinement pour deux semaines, voire un mois, soutient-il.

Avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc

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