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Violations graves et répétées dans un foyer pour aînés géré par la Ville d'Ottawa

Affiche devant un édifice.

Le foyer Peter D. Clark d'Ottawa est aux prises avec une éclosion de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Radio-Canada

Malgré une grave éclosion de COVID-19 et plusieurs décès au foyer Peter D. Clark, Helairie Thomas a jusqu'à présent évité la maladie, mais son épouse dit qu'il n'est pas indemne.

Il était dans le couloir de la mort et il a survécu, a déclaré Lorraine Thomas. Compte tenu de la façon dont son état s'est détérioré au cours des six derniers mois, il pourrait ne pas survivre à la prochaine vague, que nous affrontons en ce moment.

Mme Thomas, une infirmière à la retraite de l'Hôpital d'Ottawa, a été choquée par l'état de son mari lorsque ses visites quotidiennes ont repris cet automne.

Ses ongles d'orteils ont des champignons et ils sont pratiquement partis [...]. Il a un ulcère diabétique de stade deux et ceux-ci peuvent devenir gangréneux, dit-elle.

Mme Thomas, dont le mari est atteint de démence et vit à l'établissement d'Ottawa depuis trois ans, a décrié les problèmes dont elle a été témoin et elle n'est pas la seule à avoir déposé des plaintes officielles.

Photo de la femme dans un quartier résidentiel.

L'infirmière à la retraite, Lorraine Thomas, dit qu'elle a été choquée de voir l'état de son mari lorsqu'elle a de nouveau été autorisée à lui rendre visite au foyer Peter D. Clark à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Une enquête de l’équipe de l’émission Marketplace de CBC a révélé que 105 infractions à la Loi sur les foyers de soins de longue durée se sont produites au foyer Peter D. Clark au cours des cinq dernières années. Cette statistique place l'établissement parmi les foyers de soins de l'Ontario comptant le plus de violations.

L'analyse de rapports du foyer Peter D. Clark a également montré 25 répétitions des infractions les plus graves, notamment des abus, un contrôle inadéquat des infections, un stockage dangereux des médicaments, une hydratation inadéquate et un mauvais soin de la peau et des plaies des résidents, entre autres.

3e flambée cette année

À l'heure actuelle, le foyer Peter D. Clark connaît sa troisième éclosion. Trois membres du personnel ont été déclarés positifs à la COVID-19 en octobre.

Malgré la situation, les proches aidants comme Lorraine Thomas sont désormais autorisés à entrer dans la maison.

Diana Pepin, dont la mère Viola Surkan a vécu au foyer pendant six ans, est également une infirmière à la retraite.

Ayant toutes deux travaillé à l'Hôpital d'Ottawa, Mmes Pepin et Thomas ont fait connaissance ces dernières années au foyer de soins de longue durée.

Mme Pepin a déclaré qu'elle avait été horrifiée par l'état de sa mère lorsqu'elle a été autorisée à revenir la voir, cet automne.

Je suis revenue cinq mois plus tard pour constater que son aine avait l'air d'avoir été ébouillantée par l'eau chaude versée sur elle, a déclaré Mme Pepin, faisant référence aux graves blessures de la peau probablement causées par des couches imbibées d'urine.

Cela ne s'est pas produit du jour au lendemain.

Des erreurs de posologie répétées 

L'enquête de Marketplace a révélé que le foyer Peter D. Clark avait été critiqué 12 fois pour des infractions liées à des erreurs de doses de médicaments, le plus grand nombre d'infractions répétées pour un seul code d'infraction dans la province.

Ce n'est qu'une toute petite pointe de l'iceberg, a déclaré Mme Pepin. La majorité des erreurs [de médicaments] se produisent probablement de manière invisible, non signalée, non reconnue.

Une inspection provinciale de la maison en 2018 a révélé que 20 résidents avaient reçu un vaccin contre la grippe de 2017 expiré, en violation des règles.

Je pense qu'il y a trop de complaisance, a déclaré Mme Pepin.

Mmes Pepin et Thomas ont toutes deux déclaré s'être plaintes auprès du personnel d'erreurs de posologie dont elles avaient été témoins, mais qui n’ont toujours pas été signalées aux autorités.

Dans ces cas, Mme Pepin a déclaré que ses plaintes avaient été validées dans des rapports. Mais deux plaintes récentes concernant des erreurs de posologie qu'elle a déposées l'hiver dernier n'ont pas encore fait l'objet d'une enquête.

Accusé de non-conformité

Dean Lett, directeur des services de soins de longue durée de la Ville d'Ottawa, a déclaré dans un communiqué que le foyer Peter D. Clark prenait très au sérieux les problèmes de non-conformité.

Présentement, il n'y a pas de problèmes de non-conformité en suspens , a déclaré M. Lett dans le communiqué.

Depuis 2017, les foyers de soins de la Ville d'Ottawa ont ajouté 43 postes de première ligne à temps plein, amélioré la formation sur la prévention des abus et mis à jour les processus de médication, selon M. Lett.

Vous devez les considérer comme des humains

Mmes Pepin et Thomas soulignent toutes les deux une dotation en personnel incohérente, un sous-effectif, un manque de formation appropriée et une absence de contrôles et de surveillance auxquels ils ont adhéré à l'hôpital.

Vous devez les considérer comme des humains , a déclaré Mme Pepin.

Épuisée, les larmes aux yeux, Mme Thomas a dit qu'elle craignait que son mari ne survive pas à la deuxième vague.

Avec les informations de Julie Ireton

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