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Les banlieusards sont plus satisfaits de leur ville que les Montréalais

Les banlieusards de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont une meilleure opinion à l’égard de leurs villes que les Montréalais par rapport à la leur, selon un sondage mené pour le compte de Radio-Canada à un an des élections municipales et dans un contexte de crise sanitaire mondiale.

Vue aérienne sur une banlieue de la Rive-Nord de Montréal, montrant un secteur résidentiel avec des maisons en rangée.

Les problèmes dans les banlieues sont moins abordés sur la place publique que ceux de Montréal ce qui influence la perception de la population, selon un chercheur.

Photo : iStock

Qui plus est, l’enquête révèle également que plus on s’éloigne de Montréal, plus les citoyens ont une bonne opinion de leur ville.

Les banlieusards ressentent aussi plus de fierté envers leur milieu de vie que les Montréalais. À Montréal, 67 % des répondants ont dit être assez ou très fiers de leur ville, tandis qu'ailleurs dans la CMM, 83 % ont exprimé être assez ou très fiers.

Pour Gérard Beaudet, professeur titulaire à l’École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l’Université de Montréal, tout cela n’est pas très surprenant.

Plus on s’éloigne de Montréal, plus on est dans des banlieues qui ont commencé à se développer récemment et plus on peut supposer que les gens n’ont pas nécessairement de très grandes attentes. On peut penser que quelqu’un qui va s’installer dans une troisième ou quatrième couronne [...] n’envisage pas que la municipalité va être en mesure de fournir toute la panoplie des services qu’on peut s’attendre à avoir dans une vieille banlieue comme Laval ou Longueuil ou dans une ville centre comme Montréal, fait-il valoir.

À l’inverse, selon lui, les Montréalais sont confrontés à plus d’inconvénients et entendent davantage parler des problèmes dans leur ville, alors que ceux des banlieues ne sont pas nécessairement abordés, même s’il y en a un certain nombre.

Normalement, les problèmes de la ville centre sont toujours beaucoup plus sur la place publique que les autres, ce qui fait que ça influence la perception qu’on a.

Gérard Beaudet, professeur titulaire à l’École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l’Université de Montréal

Il précise toutefois que ces perceptions sont globalement très peu objectives.

Une plus grande satisfaction dans les banlieues

Pour certains enjeux municipaux, les répondants montréalais se disent satisfaits dans une bonne proportion, mais les résidents de la CMM affichent toujours un plus fort pourcentage de satisfaction, à une seule exception, celui à l’égard des transports en commun.

M. Beaudet indique qu’il s’agit une fois de plus d’une évidence, d’après lui, parce que les banlieusards ont moins d’attentes envers leur ville. En ce qui concerne la plus grande satisfaction des Montréalais par rapport au transport en commun, il soutient que cela va de soi.

Le transport en commun ne peut être vraiment efficace que dans les quartiers très denses, lance-t-il . À Montréal, on est dans une situation privilégiée. En même temps, il soutient qu’en banlieue, le niveau de service de transport en commun ne peut être équivalent à celui des quartiers centraux.

Un train de l'Autorité régionale de transport métropolitain

La satisfaction des Montréalais envers le transport en commun est grande en comparaison à celle des banlieusards de la CMM.

Photo : Facebook / Exo

Le plus bas niveau de satisfaction à l’égard de Montréal n’est pas un phénomène nouveau et se traduit depuis une vingtaine d'années par l’exode des jeunes familles à la recherche d’une meilleure qualité de vie vers les banlieues, où le coût du logement ou de l’accès à la propriété est plus abordable.

La concurrence des banlieues reste extrêmement forte.

Gérard Beaudet, professeur titulaire à l’École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l’Université de Montréal

Il s’agit d’un problème que connaissent toutes les grandes agglomérations, précise M. Beaudet. Montréal a été moins sévèrement touchée. On a juste à comparer nos chiffres avec ceux de Toronto et Vancouver pour comprendre qu’on a été privilégiés au cours des dernières décennies, mais là, on est en mode rattrapage de ce point de vue.

Au départ, les jeunes familles ont moins d'attentes envers leur ville de banlieue, et leur vie tourne bien souvent plus autour de la maison, explique M. Beaudet. Mais à mesure que les enfants vieillissent, les besoins changent et l’intérêt pour des services liés aux sports ou aux activités culturelles grandit.

À ce moment, les attentes changent envers la ville graduellement, ce qui donne aux municipalités de banlieue le temps de s’adapter. C'est beaucoup plus difficile à faire dans une ville comme Montréal, car les attentes sont plus diversifiées, soutient Gérard Beaudet.

Méthodologie : Ce sondage a été commandé par Radio-Canada auprès de la firme Ad hoc Recherche, qui a consulté entre le 30 septembre et le 4 octobre un panel web de 1454 adultes capables de s’exprimer en français ou en anglais dans le Grand Montréal. Un échantillon probabiliste de la même taille aurait une marge d’erreur maximale de plus ou moins 2,6 % à un niveau de confiance de 95 % ou plus, et la marge d’erreur serait supérieure dans les sous-échantillons. L’ensemble des résultats a été rendu disponible mardi matin sur le site web d’Ad hoc Recherche (Nouvelle fenêtre).

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