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La police d’Ottawa veut plus de financement pour s’attaquer aux enjeux de santé mentale

Un écusson du Service de police d'Ottawa.

Un écusson du Service de police d'Ottawa. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis plusieurs mois, des voix militantes s’élèvent pour qu’une partie du budget alloué au Service police de la Ville d'Ottawa (SPO) soit investi en santé publique. Cet appel a été entendu par le chef de police du SPO qui compte faire des interventions en santé mentale une priorité de son service, mais en demandant plus de financement.

L’usage de la force par le policier d’Ottawa Daniel Montsion lors d’une intervention musclée en 2016 a provoqué un débat sur la formation des policiers en ce qui a trait aux interventions liées à la santé mentale dans la région.

Son récent acquittement pour homicide involontaire d’Abdirahman Abdi est venu jeter de l’huile sur le feu et mobiliser des centaines de manifestants qui réclament que les priorités budgétaires de la Ville d’Ottawa soient davantage axées sur les ressources offertes à la population et moins au corps policier de la ville.

Plus d'une centaine de personnes se tiennent debout dans le parc McNabb à Ottawa. Elles écoutent quelqu'un prononcer un discours.

Plus d'une centaine de manifestants étaient présents.

Photo : Radio-Canada

Nous demandons que le budget de la police d’Ottawa ne soit pas augmenté cette année et que l’argent soit investi en santé publique, a revendiqué samedi la porte-parole de la coalition Justice for Adbirahman, Ifrah Yousef en pleine manifestation au centre-ville.

Mme Yusuf en entrevue, dans une parc avec des dizaines de personnes derrière elle.

Mme Yusuf est la présidente de la coalition Justice for Abdirahman.

Photo : Radio-Canada

Le SPO demande plus de financement

À maintes reprises, le chef du SPO a réitéré qu’il comptait faire des interventions en santé mentale une priorité de son service.

Afin d’y arriver et ainsi améliorer la formation des policiers et certains protocoles, le SPO propose à la Commission de services policiers d’Ottawa une augmentation de 3 % de son budget pour l’année 2021 et suggère une hausse d'imposition de 1,5 %.

Cette proposition sera présentée au conseil municipal qui devra alors trancher.

Déjà, le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, ne cache pas sa réticence : je pense qu’il y a une situation émergente actuelle qui est la pandémie et les déficits qui y sont reliés. Je pense qu’investir plus d’argent ailleurs qu’à la santé publique en ce moment envoie un mauvais signal.

Mathieu Fleury dans la salle du conseil municipal.

Mathieu Fleury est conseiller municipal.

Photo : Radio-Canada

Le SPO reçoit en moyenne chaque année 6000 appels pour une intervention en santé mentale. Cette forte demande est intenable, concède le service de police.

D’après le professeur en psychologie de l’Université d’Ottawa, Tim Aubry, la police doit être en mesure de répondre aux besoins de la population.

C'est une situation où on a vraiment besoin d'un meilleur lien entre les services de santé mentale et les services policiers.

Tim Aubry, professeur de psychologie à l'Université d'Ottawa

Pour établir ce lien brisé, le SPO a du pain sur la planche d’après le professeur et la militante Efrah Yusuf.

Nous sommes d’accord. Nous voulons qu’il y ait plus de ressources en santé mentale, mais croyons aussi qu’il faut en faire plus.

La nouvelle stratégie en santé mentale du SPO devrait entrer en vigueur en 2021.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

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