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Le chef Mike Sack doute du médiateur Allister Surette, nommé par Ottawa

On demande au recteur de l'Université Sainte-Anne d'aider à désamorcer le conflit de pêche à la baie Sainte-Marie.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Allister Surette devant une webcam, le menton appuyé sur sa main.

Allister Surette, recteur de l'Université Sainte-Anne, en entrevue par webcam le 25 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le chef d'une Première Nation à l'origine d'une petite, mais controversée flottille de pêche piégeant le homard de la Nouvelle-Écosse en dehors de la saison réglementée par Pêches et Océans Canada, soulève des inquiétudes au sujet de la dernière initiative d'Ottawa pour réprimer les violentes manifestations d'agitateurs non autochtones.

Le chef Mike Sack, de la Première Nation de Sipekne'katik, a publié dimanche une brève déclaration dans laquelle il met en doute la décision du gouvernement fédéral de nommer un représentant spécial pour assurer une médiation dans les pourparlers entre les pêcheurs autochtones et non autochtones du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Le lancement de la pêche par les Autochtones a déclenché de violentes manifestations et a donné lieu à des allégations de vandalisme. Un bâtiment où étaient entreposés des homards a été incendié le week-end dernier à Pubnico-Ouest-le-Centre.

Mike Sack.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik, met en doute l'impartialité du représentant nommé par Ottawa.

Photo : CBC / Nic Meloney

Mike Sack dit que lui et d'autres personnes à qui il a parlé craignent qu'Allister Surette n'ait pas assez d'expérience des questions autochtones et des droits issus des traités pour rester neutre et indépendant.

Plusieurs ont exprimé leurs préoccupations quant à la capacité de M. Surette d’être un tiers parti objectif et neutre, écrit le chef Sack.

Acadien de la Nouvelle-Écosse, Allister Surette est depuis 2011 le recteur de l’Université Sainte-Anne, un établissement d’enseignement supérieur francophone à Pointe-de-l’Église. Il a également été le député d’Argyle sous la bannière du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse, de 1993 à 1998.

En entrevue dimanche au Téléjournal Acadie, Allister Surette a indiqué que sa priorité sera d’être à l’écoute.

Je suis indépendant et neutre.

Allister Surette, représentant spécial nommé par Ottawa

Je ne suis pas là pour présenter mes opinions, mon jugement. Je suis là pour écouter, et puis essayer de penser à toutes les parties, c'est vraiment quoi les [problèmes] ici et, après ça, de voir si je peux faire des recommandations, donner des avis à différentes personnes pour savoir comment régler les différends, a dit M. Surette.

Allister Surette devant une webcam.

Allister Surette, recteur de l'Université Sainte-Anne, en entrevue par webcam le 25 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada

Le chef Mike Sack dit avoir exprimé ses inquiétudes à la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, samedi.

Il affirme que Mme Bennett a confirmé que les pourparlers menés par M. Surette n'auront aucun impact sur les négociations de nation à nation entre la bande et le gouvernement fédéral concernant la proposition de la Première Nation de poursuivre ses activités de pêche au homard autoréglementée.

Allister Surette corrobore. Il n'y a aucun travail [...] présentement en cours entre les gouvernements, les pêcheurs commerciaux et les Premières Nations qui va arrêter. Moi, c'est un autre processus additionnel, a-t-il mentionné dimanche au Téléjournal Acadie.

Un petit bateau de pêche sur lequel flotte un drapeau micmac est photographié à travers le trou dans les cordages d'un casier à homard.

Des pêcheurs micmacs à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, à l'automne 2020.

Photo : CBC / Eric Woolliscroft

Des pourparlers entre le ministère des Pêches et des Océans et l’Assemblée des chefs mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse, qui représente 12 des 13 nations de la province (la seule exception étant Sipekne'katik), ont avorté vendredi. À ce moment crucial, le gouvernement fédéral nous laisse tomber, a déclaré le chef de la Première Nation de Membertou, Terrance Paul.

Le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, Mike Sack, dit entretenir de son côté des discussions avec la ministre des Pêches, Bernadette Jordan, et la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Nous avons de bonnes conversations. Je suis très reconnaissant pour ce dialogue. Nous sommes en contact avec les ministres Jordan et Bennett et les choses vont bien, dit Mike Sack.

Il ne voit pas l’urgence de s’entretenir avec Allister Surette, mais n’écarte pas de le faire après que la communauté qu’il représente soit parvenue à s’entendre avec le gouvernement fédéral.

Nous lui parlerons à ce moment-là si c’est toujours nécessaire, a dit M. Sack.

Deux hommes debout, chacun sur un rocher. Ils se font face. L'un a un drapeau acadien et l'autre, un drapeau micmac.

Un pêcheur commercial tenant un drapeau acadien et un pêcheur autochtone tenant un drapeau micmac ont discuté civilement pendant quelques instants sur des rochers à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 19 septembre 2020.

Photo : CBC / Taryn Grant

Néanmoins, Allister Surette espère se dévouer à la tâche le plus rapidement possible.

Je suis très au courant que c'est une situation complexe et très personnelle pour certains, a dit le recteur de l’Université Sainte-Anne. Le plus tôt que je peux commencer à faire mon travail, le mieux que ça sera.

Le fédéral lui demande de remettre un rapport préliminaire avant la fin de 2020, et un rapport final à la fin mars 2021, si la situation le permet. Il affirme que le gouvernement lui donne beaucoup de flexibilité pour ce mandat.

Des bateaux de pêche au quai, la plupart ayant hissé un drapeau d'une nation autochtone.

Des bateaux de pêche de la Première Nation de Sipekne'katik le 20 septembre 2020 à Saulnierville, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Photo : La Presse canadienne / Mark O'Neill

La plupart des Premières Nations de la Nouvelle-Écosse plaident qu'elles ont le droit, protégé par la Constitution, de gagner leur vie modérément en pêchant où et quand elles le souhaitent, car la Cour suprême du Canada a confirmé ce droit issu de traités dans l’arrêt Marshall de 1999, citant les traités de paix signés par la Couronne dans les années 1760.

Des pêcheurs non autochtones impliqués dans la lucrative industrie de la pêche au homard de la province, qui dépasse le milliard de dollars, soutiennent que la décision du tribunal confirmait également le droit d'Ottawa de réglementer l'industrie pour assurer la conservation des stocks de homard. Ils affirment qu’ils sont inquiets qu'une pêche croissante comme moyen de subsistance modérée épuise la ressource.

Le chef Mike Sack maintient que sa communauté a un plan sérieux pour protéger la conservation de la ressource. Certains experts ont aussi souligné que la quantité de homard pêché par les Premières Nations représente une infime partie de la quantité pêchée dans les eaux de la province.

D'après une dépêche de la La Presse canadienne, avec des renseignements de CBC et de Marie-Hélène Lange

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