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Le policier qui a arrêté Meng Wanzhou en décembre 2018 témoigne

Meng Wanzhou, qui porte un masque, sort d'une voiture, encadrée de ses gardes du corps.

Meng Wanzhou est accusée par la justice américaine d’avoir menti à des banques dans le but de violer les sanctions américaines contre l’Iran.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC

Des membres des forces de l’ordre qui ont détenu et arrêté la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, le 1er décembre 2018, ont commencé à témoigner, cette semaine, à la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

Le premier à avoir été appelé à la barre, lundi, est le policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Winston Yep, qui a formellement arrêté Meng Wanzhou à l’aéroport de Vancouver après son interrogatoire par des agents de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

En tout, ce sont dix témoins – employés de l'ASFC et de la GRC – que les avocats de la défense et du procureur général du Canada souhaitent interroger cet automne, en prévision de prochaines audiences portant sur l’extradition vers les États-Unis de la femme d’affaires chinoises qui auront lieu à l’hiver 2021.

Meng Wanzhou est accusée par la justice américaine d’avoir menti à la banque britannique HSBC dans le but de contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

La défense souhaite faire avorter les procédures d’extradition, plaidant qu’on a violé les droits fondamentaux de Mme Meng lors de son arrestation.

Ses avocats citent notamment les trois heures qu’elle a passées avec les agents de l'ASFC, sans la présence d’un avocat, avant son arrestation officielle. Lors de cet interrogatoire, ses avocats soutiennent qu'on l'a obligée à donner les codes d'accès de ses appareils électroniques, que l’ASFC a ensuite transmis à la GRC – prétendument par erreur.

La défense allègue que le plan d’origine était d’arrêter Meng Wanzhou dans son avion dès l’atterrissage, mais que sous la pression du Federal Bureau of Investigation (FBI) américain, la GRC y a renoncé et a demandé à l’ASFC de profiter de ses pouvoirs extraordinaires pour obtenir, lors de l’interrogatoire, le plus de preuves possible avant l’arrestation formelle de la directrice financière de Huawei.

Témoignage d'un policier de la GRC

Le policier de la GRC Winston Yep, qui a ultimement procédé à cette arrestation, a réfuté cette allégation lundi, et affirmé que l’idée d’arrêter la voyageuse alors qu’elle se trouvait toujours dans l’avion n’était qu’une suggestion.

Nous ne savions pas avec qui elle voyageait et ce dont elle était capable, a-t-il déclaré, ajoutant que la présence d’autres passagers rendait la situation risquée.

Winston Yep a aussi affirmé qu’un bref échange de courriels avec une attachée légale du FBI le jour de l’arrestation de Meng Wanzhou était conforme aux pratiques habituelles quand l’agence américaine présentait aux autorités canadiennes une requête d’arrestation.

En tout, quatre ou cinq témoins devraient être entendus cette semaine en Cour suprême de la Colombie-Britannique, et quatre ou cinq autres lors d’une autre semaine d’audiences au mois de novembre.

Des allégations graves

Selon le professeur de sciences politiques Michael Byers, de l'Université de la Colombie-Britannique, les allégations dont il est question cette semaine sont graves et potentiellement problématiques pour la Couronne.

Je pense qu'il y a de bonnes chances que la juge décide que quelque chose de grave s'est produit ici et, peut-être, assez grave pour ordonner sa libération.

La Couronne fait toutefois valoir que la loi autorise les agents des services frontaliers à prendre les téléphones des voyageurs, à leur en demander les codes d'accès et même à les fouiller afin d’établir si une personne est autorisée à entrer au pays.

La GRC et l’ASFC affirment quant à eux avoir tout fait dans les règles après avoir appris que Meng Wanzhou avait prévu de se rendre à sa maison de Vancouver pour déposer quelques effets personnels lors d'une escale entre Hong Kong et Mexico.

Audiences en février 2021

Les avocats de Meng Wanzhou allèguent aussi, outre la violation des droits de leur cliente lors de son arrestation, que la requête d’extradition présentée par la justice américaine comporte des déclarations erronées et que les procédures sont depuis le début empoisonnées par des interventions politiques.

Les audiences portant sur le fond de ces allégations doivent avoir lieu, selon le calendrier proposé par le tribunal, en février 2021.

Meng Wanzhou habite en liberté surveillée dans l’une des deux résidences luxueuses qu’elle possède à Vancouver.

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