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Pologne : nouvelles manifestations contre l'interdiction quasi totale de l'avortement

Une femme brandit une pancarte pour demander le droit à l'avortement.

Des milliers de personnes ont manifesté à Cracovie, samedi, pour protester contre la la limitation du droit à l’avortement.

Photo : via reuters / AGENCJA GAZETA

Radio-Canada

Des milliers de personnes ont manifesté samedi en Pologne une troisième journée d'affilée pour contester la limitation du droit à l’avortement par le Tribunal constitutionnel polonais.

Le Tribunal constitutionnel polonais a proscrit jeudi l’avortement en cas de malformation grave du foetus, une décision a priori définitive, pourtant contestée par l'opposition libérale et des organisations de défense des droits des femmes dans ce pays profondément ancré dans la tradition catholique.

Le jugement, conforme au souhait du parti ultracatholique nationaliste au pouvoir, Droit et Justice (PiS), restreint le droit à l'avortement aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste.

Chantant Liberté, égalité, droits des femmes, les protestataires – bravant l'interdiction des rassemblements publics décrétée par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus – ont défilé dans les rues à travers tout le pays pour dénoncer la décision du Tribunal constitutionnel.

Honte ou guerre aux femmes proclamaient des banderoles brandies par les manifestants, qui réclament également un référendum sur le sujet.

«Je ne peux pas croire que je dois toujours manifester pour cette merde», peut-on lire sur la pancarte d'une manifestation.

Des milliers de femmes ont condamné à Gdansk les nouvelles limitations du droit à l'avortement.

Photo : Reuters / Peter Pawlowski

La présidence polonaise et l'épiscopat de Pologne ont exprimé leur satisfaction après le jugement du Tribunal, réformé par le gouvernement du parti ultracatholique et accusé depuis de compter dans ses rangs nombre de juges loyaux à ce parti.

La Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, avait réagi jeudi à la décision du Tribunal constitutionnel, dénonçant dans un communiqué une violation des droits de l'homme.

Le chef du Parti populaire européen (PPE), ex-président du Conseil européen et ancien premier ministre polonais Donald Tusk a, quant à lui, pointé une crapulerie politique.

Selon les données officielles, la Pologne, pays de 38 millions d'habitants, a enregistré en 2019 seulement environ 1100 cas d'avortements, dont l'écrasante majorité était autorisée à cause d'une malformation irréversible du fœtus.

Selon des ONG, le nombre d'avortements pratiqués clandestinement en Pologne ou dans des cliniques étrangères pourrait atteindre près de 200 000 par an.

Avec les informations de Agence France-Presse

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