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Les petits producteurs de viande ont de la difficulté à vendre faute d’inspecteurs

De la viande de bœuf crue sur une planche à découper.

Durant la pandémie, la demande sur les circuits courts a augmenté.

Photo : iStock

Radio-Canada

Certains fermiers de Colombie-Britannique qui élèvent des animaux pour des petits marchés sont inquiets que leur viande n'atteigne jamais les consommateurs parce que la demande dépasse les capacités des abattoirs et la disponibilité des inspecteurs sanitaires.

Selon la Small-Scale Meat Producers Association, qui représente les personnes qui élèvent de la viande en dehors du système conventionnel à grande échelle, la demande pour de la viande de la table au producteur a explosé dans la province pendant la pandémie.

En raison de cette demande, l’association explique qu’il y a un problème de manque d‘inspecteurs qualifiés qui doivent être dans les abattoirs lorsque l’animal est abattu. Certains producteurs n’ont ainsi aucun moyen de faire abattre et conditionner légalement leur viande.

La présidente de l’association Julia Smith, qui possède sa propre exploitation, explique qu’en conséquence de ce problème les producteurs devront donc prévoir des dépenses plus grandes pour nourrir leurs animaux, et pourrait même être tentée de les abattre elle-même à la ferme.

[Les bêtes] seront abattues d’une façon ou d’une autre et on aimerait que ce soit fait avec un certain contrôle, explique Julie Smith.

Ce délai pourrait aussi entraîner le passage de la date idéal pour abattre certains animaux.

Un agneau l’est si longtemps, qu’il finit par devenir un mouton, regrette un fermier Prince George, Robert Redmond. Il dit ne pas avoir trouvé qui pourra s’occuper de son bétail cette année.

Cela pourrait entraîner une baisse de la qualité de sa viande et de ses prix de vente.

Réglementation dans les abattoirs

Julie Smith aimerait que la réglementation concernant les abattoirs change pour faire face à la crise.

Cela pourrait ainsi inclure une augmentation des permis de classe D et E qui permet des abattages faits sur la ferme, plutôt que d’avoir recours à un abattoir avec un inspecteur, si la viande est vendue localement.

Le ministère de l’Agriculture est actuellement engagé dans une procédure de consultation avec les fermiers, les abattoirs, les gouvernements locaux, et les autorités sanitaires. Les consultations se concluent le 16 novembre.

Mike Noullet dirige un abattoir en périphérie de Prince George et estime que revoir les permis serait une erreur.

Du point de vue de la plupart des propriétaires d’abattoir, il s’agit de permis illégaux, affirme-t-il.

Il s’inquiète que cela puisse mettre à mal toute l’industrie si jamais des produits contaminés se retrouvaient sur le marché.

Le risque du changement

Selon Julia Smith il n’y a jamais eu de contamination alimentaire qui ait été en lien avec des animaux abattus sur des fermes, à l’inverse de cas dans des grandes chaînes d’abattage.

Elle ajoute que dans le pire des cas le traçage serait d’autant plus facile vu que les petits producteurs vendent principalement au consommateur et ne répartissent pas le même animal entre plusieurs points de vente.

Julia Smith estime que la situation est trop critique pour attendre la fin des consultations gouvernementales. Elle dit vouloir voir une situation d’urgence mise en place afin que les fermiers puissent recevoir leur argent, et les consommateurs leur viande, cet hiver.

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