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La traversée poétique de Joséphine Bacon

Portrait de la poétesse innue Joséphine Bacon.

La poétesse innue Joséphine Bacon

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

Radio-Canada

Hier soir à 20 h s’amorçait La grande traversée poétique, un marathon de 12 heures durant lequel 200 poètes d’ici et d’ailleurs se sont relayés en vidéo pour faire des lectures, dans un mélange de cultures et de langues; une nuit virtuelle de la poésie présentée au festival Québec en toutes lettres.

Parmi les artistes qui ont fait une lecture, on comptait Joséphine Bacon, dont la vie fait l’objet d’un nouveau film de Kim O’Bomsawin, Je m’appelle humain, qui sortira le 13 novembre. Le journaliste Louis-Philippe Ouimet a rencontré la poétesse innue.

Tombée dans l’écriture par accident

Joséphine Bacon raconte souvent que c’est un peu par accident qu’elle est tombée dans l’écriture, par l’entremise de son amie Laure Morali, une poétesse d’origine bretonne qui habite aujourd’hui à Montréal.

Des Innus d’Ekuanitshit de Mingan [une réserve amérindienne de la Côte-Nord] l’ont adoptée parce qu’elle n’arrêtait pas de faire des allers-retours quand elle était toute jeune, raconte-t-elle au sujet de Morali.

« Et puis un jour, elle a fait un rêve qui lui disait de jumeler des écrivains québécois avec [des écrivains des] Premières Nations. Ça a donné Aimititau, parlons-nous! », un recueil lancé en 2008 qui rassemble 29 auteurs et autrices de cultures différentes, dont Joséphine Bacon, à travers des correspondances inédites.

L’année suivante, la maison d’édition Mémoire d'encrier publiait le premier recueil de la poétesse, Bâtons à message/Tshissinuashitakana, qui allait la faire connaître d’un plus large public.

Gardienne de la langue innue

Joséphine Bacon se considère un peu comme une gardienne de la langue innue et des traditions des Premières Nations, un rôle qu’elle prend au sérieux.

Un jour, il y a un vieux qui m’a dit : "Aujourd’hui, je te raconte mon savoir. Un jour, ce sera à ton tour", relate l’autrice. Je fais ce qu’il m’a demandé de faire, mais avec de la poésie.

Joyce Echaquan et le racisme systémique

Difficile de s'entretenir avec une si grande représentante des communautés autochtones et passer à côté du drame qui a secoué le Québec dans les dernières semaines : la mort tragique de Joyce Echaquan, une Atikamekw, dans des circonstances troubles à l’hôpital de Joliette le 28 septembre dernier.

J’avais le cœur gros, gros, gros… chargé de larmes, [...] mais je me dis qu’elle est partie en gagnant un combat. Aujourd’hui, grâce à elle, des gens ont pris conscience qu’il y a du racisme systémique [au Québec].

Le film Je m’appelle humain, dans lequel la réalisatrice abénakise Kim O’Bomsawin suit les traces de Joséphine Bacon, sortira le 13 novembre au Québec, après avoir remporté plusieurs prix dans différents festivals.

Pour ce qui est de La grande traversée poétique, toutes les vidéos sont accessibles en rediffusion sur la page Facebook (Nouvelle fenêtre) et la chaîne YouTube (Nouvelle fenêtre) du festival Québec en toutes lettres jusqu'à dimanche soir, à 20 h.

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