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McKenzie Meadows : le représentant des protestataires veut négocier

Un homme avec une casquette noire.

Le représentant des protestataires, Skyler Williams, en point de presse samedi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le porte-parole du groupe de protestataires qui ont établi un camp sur le terrain d'un promoteur immobilier près de Caledonia, en Ontario, a tenu à rappeler qu'il est ouvert aux discussions et aux négociations.

Nous sommes prêts à discuter, s’assoir à la table des négociations, avec quiconque. Il faut aussi avoir une possible résolution en vue, nous n’accepterons pas du vent. Skyler Williams a ajouté qu’il était aussi prêt à discuter avec le promoteur immobilier.

Le groupe de protestataires autochtones a installé son camp sur le terrain d'un promoteur immobilier qui a l'intention de construire un quartier nommé McKenzie Meadows. Le promoteur, Foxgate Developments Inc., prévoit construire 218 maisons sur le terrain.

Les manifestants, qui proviennent la bande des Six Nations de Grand River, affirment qu'il s'agit d'une terre ancestrale autochtone qui leur appartient. Le conflit dure depuis le mois de juillet.

Une confrontation avec la police

Jeudi, les protestataires ont eu une confrontation violente avec la Police provinciale de l'Ontario (PPO). Cette confrontation a été dénoncée par le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, vendredi.

M. Williams a tenu à préciser la chronologie de l’événement de jeudi. Selon lui, deux véhicules pour un total de huit policiers étaient stationnés [à proximité]. Nous leurs avons demandé de quitter les lieux à plusieurs reprises, de manière très polie dois-je le souligner. Après plusieurs heures de refus de leur part, quelqu’un qui n’était plus très poli leur a demandé de quitter à sa manière. Ils ont tenté de l’arrêter, ont utilisé un pistolet à décharge électrique. Des gens ont tenté de lui venir en aide, et les policiers nous ont tiré dessus.

M. Williams a ajouté qu'il en avait assez d'être victime de violence de la part de la police. La journée où on s’est fait tirer dessus? Le jour où j’ai dû tirer des électrodes venant d’un pistolet à impulsion électrique du dos de mon frère? [...] Cette [réaction violente] représente la position de la PPO, de l’Ontario et du Canada sur les Haudenosaunee et leur défense de leurs terres ancestrales. Le niveau de violence [de la part de la PPO] est absolument ignoble.

Il a précisé que la communauté des Six Nations était unie au sujet du développement McKenzie Meadows.

Un appel à la discussion

Le premier ministre ontarien a ajouté, lors de son point de presse de vendredi, que de tels conflits ne sont pas réglés avec la violence mais bien avec la négociation. M. Williams s'est dit d'accord avec cette position et qu'il attendait toujours d'être invité à la table des négociations.

Les ministres Miller et Bennett se traînent les pieds. [...] Ils auraient dû venir nous rencontrer il y a 97 jours! Ils ont eu toutes les opportunités de s’assurer que la situation ne se détériore pas [comme elle l’a fait dernièrement], a déclaré M. Williams. Celui-ci, faisait référence à Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones, et à Carolyn Bennett, ministre des Relations Couronne-Autochtones, tous deux au gouvernement fédéral.

M. Williams affirme que le ministre Miller l'a appelé une fois et qu'il n'a jamais eu de conversation avec la ministre Bennett.

Le gouvernement provincial réagit

En après-midi samedi, Flavia Mussio, directrice des communications du ministère des Affaires autochtones a affirmé que le gouvernement ontarien était lui-aussi ouvert à la discussion.

Le gouvernement fédéral a suggéré un dialogue avec les Six Nations de la rivière Grand et le Conseil des chefs de la Confédération Haudenosaunee et l'Ontario est disposé à participer à ces discussions dirigées par le gouvernement fédéral.

Flavia Mussio, porte-parole du ministère provincial des Affaires autochtones

Mme Mussio fait référence à une lettre signée de la main des ministres Bennett et Miller et émise le 19 août dernier dans laquelle ceux-ci expriment le désir de concevoir en collaboration un processus visant à résoudre les problèmes fonciers non résolus. La lettre était adressée au conseil de bande et au chef de la Première Nation et non pas à M. Williams ou aux protestataires.

Le conseil de bande demande le calme

Vendredi en soirée, le conseil de bande des Six Nations a émis un communiqué dans lequel il demande un retour au calme. Nous ne pardonnons pas la violence ou la destruction de propriété et nous demandons un retour au calme dans le but de revenir à l'essentiel, peut-on y lire.

Le conseil de bande est derrière l'entente qui a permis au développeur immobilier de créer McKenzie Meadows. Dans le communiqué, celui-ci affirme comprendre que la communauté est en désaccord avec cette décision.

Nous reconnaissons que l'entente de McKenzie Meadows est problématique. Nous voulons vous laisser savoir que nous avons entériné l'entente parce que nous croyions qu'elle serait bonne pour notre communauté. [...] Nous sommes obligés de respecter l'entente, mais sachez que nous apprenons. Nous vous assurons que nous pouvons, et que nous allons faire mieux, peut-on lire dans le communiqué.

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