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Un détenu dénonce la gestion de l'éclosion de COVID-19 à la prison de Trois-Rivières

Le centre de détention de Trois-Rivières vue de face. En arrière-plan, un stationnement avec beaucoup de voitures.

Le centre de détention de Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada

Alors que le plus récent bilan fait état de 23 cas d'infection parmi les détenus et le personnel du centre de détention de Trois-Rivières, un détenu déplore que très peu d'information circule entre les murs de la prison.

Selon Jacques Cayer, les détenus sont informés par les médias de la situation au centre de détention. Il dit aussi noter des lacunes dans l’application des mesures sanitaires.

Tout le monde a peur ici. On a peur d'avoir un autre cas qui rentre, souligne l'homme de 37 ans qui est détenu depuis un mois à la prison de Trois-Rivières.

Selon lui, la proximité entre les détenus est importante, on leur donne des masques lavables sans moyen de pouvoir les laver et il manque de désinfectant pour les mains.

On est deux par chambres. Il n'y a pas de toilettes, donc ils ne peuvent pas nous embarrer. [Notre bloc sanitaire], c'est comme une roulotte de chantier pour Hydro-Québec, avec une place pour manger puis deux douches et deux toilettes. Donc, on prend tous les mêmes toilettes, les mêmes douches. On se croise dans les corridors quand c'est barré le soir, relate M. Cayer.

Même s'il ne vit pas dans l'aile où a lieu l'éclosion actuellement, il indique que certains détenus de son secteur s'y rendent trois fois par jour pour faire la vaisselle.

L'aile de quarantaine, par laquelle passent les détenus en arrivant, serait aussi problématique.

Le monde, quand ils sortent de l'isolement, ils les envoient avec nous dans l'aire commune. Mais ils mettent la personne qui vient d'arriver avec la personne qui est en isolement depuis 13 jours. Alors l'isolement, il n'y en a pas en fin de compte, souligne-t-il.

Des avocats de Trois-Rivières soutiennent que plusieurs détenus leur ont rapporté les mêmes problématiques.

Au cours des dernières semaines, j'ai reçu de nombreux appels de détenus qui sont inquiets de la situation. Ce que j'ai eu comme échos de la part des détenus, c'est que les quarantaines ne sont pas toujours respectées. Les détenus sont appelés à se côtoyer durant cette quarantaine-là, notamment lors des sorties de cour. Également, il y aurait un manque au niveau des savons, du papier pour le lavage de mains, le partage de douche, le partage de toilettes, soutient Me Mélanie Bédard, du bureau Biron Spain avocats.

Jacques Cayer craint d'être infecté. Le détenu souffre de problèmes cardiaques et est ainsi à risque de complications s'il attrape la COVID-19. On se dit : "Qu'est-ce qu'ils vont faire avec nous si on a la COVID? Ils vont nous mettre en réclusion, le trou, comme ils disent en prison? Ou bien ils vont prendre soin de nous comme des humains?''

D'après les informations d'Amélie Desmarais et de Sarah Désilets-Rousseau

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