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L'industrie des pâtes et papiers, une des plus polluantes, selon l'IRIS

L'usine de l'entreprise Kruger à Trois-Rivières

L'usine de l'entreprise Kruger à Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Malgré le confinement de la pandémie, le Québec va rater ses cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour 2020, selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Les pâtes et papiers figurent tout en haut de la liste des dix industries les plus polluantes.

L'un des auteurs de la brochure Qu'est-ce que la transition juste? publiée le 22 octobre, Bertrand Schepper, souligne que la Mauricie compte 6 % des industries polluantes du Québec, alors qu’elle n’a que 2,75 % des emplois. Pour lui, il est urgent que le gouvernement commence dès maintenant à soutenir une transition pour assurer une pérennité de ces emplois en région.

Malheureusement pour la Mauricie, un des secteurs les plus polluants au Québec, c’est les usines de pâtes et papiers, et la transformation du bois, souligne le chercheur.

Les 10 industries les plus polluantes au Québec

1. Usines de pâte à papier, de papier et de carton

2. Fabrication de pesticides, d'engrais et d'autres produits chimiques agricoles

3. Fabrication de produits du pétrole et du charbon

4. Fabrication de ciment et de produits en béton

5. Fabrication de produits chimiques de base

6. Transport aérien

7. Fabrication de produits de viande

8. Fabrication de produits laitiers

9. Foresterie et exploitation forestière

10. Première transformation des métaux

Source : Statistique Canada

Les chercheurs ont étudié les émissions de GES déclarées au Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE). Les entreprises ont l’obligation de déclarer leurs émissions si elles produisent plus de 10 000 tonnes de GES par année.

M. Schepper estime qu’à terme, pour effectuer la transition écologique, ces entreprises sont vouées à disparaître. C’est sans compter que certains pays interdisent maintenant l’importation d’éléments plus polluants et qu’il y a donc une baisse de demande mondiale.

Si on veut protéger ces emplois-là, il faut être capable de voir des avenues de sortie et permettre aux gens qui gagnent ces emplois-là de continuer à être bien rémunérés d’une manière ou d’une autre et ça, ça passe par le développement d’autres industries, explique-t-il.

La province devait diminuer de 20 % ses émissions de GES en 2020, par rapport à 1990. Or, selon les estimations des chercheurs de l’IRIS, Bertrand Schepper et Julia Posca, en 2017, le Québec avait diminué ses émissions de GES de seulement 8,7 %, et ils estiment que l’objectif ne sera ainsi pas atteint pour 2020. Le prochain jalon est de diminuer de 37,5 % par rapport à 1990 d’ici 2030.

Il va falloir que le gouvernement prenne acte de cette situation-là et pas seulement subventionner ces industries-là pour être un peu moins polluantes, mais peut-être réfléchir à transformer ou à inviter d’autres industries, hors des grands centres. On peut penser par exemple à développer des industries d’efficacité énergétique sur le territoire, souligne M. Schepper.

Pour le chercheur, les gouvernements ont une opportunité de voir venir d’avance la situation. Il estime que pour effectuer une transition écologique qui ne délaisse pas les moins nantis, Québec doit dès maintenant orienter sa stratégie économique pour diminuer drastiquement ses émissions.

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