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Entente à l'amiable entre trois réfugiés érythréens et une minière canadienne

Des installations, avec des bâtiments et des véhicules, situées au milieu d'un désert.

La mine Bisha, contrôlée par Nevsun au moment des faits allégués, est située en Érythrée, un pays de l'est de l'Afrique.

Photo : Nevsun Resources

Radio-Canada

Trois réfugiés érythréens sont parvenus à une entente hors cour avec une compagnie minière canadienne, selon un communiqué émis par Amnistie internationale (Nouvelle fenêtre). La poursuite déposée en Colombie-Britannique en 2014 alléguait que Nevsun Resources a été responsable de violations des droits de la personne comme l'esclavage, le travail forcé, et la torture, lors de la construction de sa mine de cuivre et d'or en Érythrée.

En février 2020, la Cour suprême du Canada a statué que l'affaire pouvait être entendue en Colombie-Britannique malgré le fait que les allégations portaient sur des événements survenus en Afrique.

Les termes de l’entente sont confidentiels, mais Amnistie internationale affirme que ce dénouement aura un impact au-delà de cette affaire.

Un précédent établi

Tara Scurr est militante pour les affaires et les droits de la personne d'Amnistie internationale Canada. Le fait que la société minière canadienne ait choisi de régler le différend à l'amiable enverra un message aux autres entreprises, selon elle.

C'est une affaire qui crée un précédent. C'est la première fois qu'un tel niveau de violation des droits de la personne est porté devant un tribunal canadien pour les activités d'une entreprise d'extraction canadienne à l'étranger, a déclaré Mme Scurr.

Elle dit que cela sert d'exemple que de tels cas peuvent être entendus au Canada et aboutir à des règlements importants avec des entreprises.

L'affaire a été déposée devant la cour en 2014 par les anciens mineurs Gize Yebeyo Araya, Kesete Tekle Fshazion et Mihretab Yemane Tekle.

Le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada a loué le courage des mineurs qui ont fait part de leurs expériences horribles dans le cadre d'un procès révolutionnaire.

Ces personnes ont contribué à ouvrir la voie à la responsabilité des entreprises à l'étranger. Les entreprises canadiennes doivent assumer la responsabilité des violations présumées des droits de la personne associées à leurs activités, non seulement sur le sol canadien, mais partout dans le monde, a déclaré Ketty Nivyabandi.

Un traumatisme encore présent

Mme Scurr a déclaré que les membres du trio continuent de souffrir de traumatismes en raison de leurs expériences.

Elle a déclaré que les travailleurs ont décrit avoir été ligotés et battus, avoir été laissés ligotés sous le soleil brûlant pendant des heures. Ils gagnaient environ 30 $ par mois. Il n'avait pas droit aux congés de maladie et eux et leurs familles étaient victimes de représailles s'ils prenaient un congé.

Elle a déclaré que le règlement est un soulagement pour les familles, malgré le fait que les détails sur les personnes impliquées ne seront pas rendus publics.

Cela leur évite de témoigner, d'avoir chaque question examinée et débattue alors qu'ils se remettent encore des terribles abus qu'ils ont subis. En fait, c'est fantastique pour eux que l'affaire ait été réglée. Je sais qu'ils sont très heureux, soutient-elle.

CBC a contacté d'anciens dirigeants de Nevsun Resources, qui ont refusé de commenter.

Les demandes adressées à Zijin Mining Group Company, une société chinoise qui a acquis Nevsun Resources en 2018 pour 1,9 milliard de dollars, sont restées sans réponse.

Dans des déclarations précédentes, Nevsun Resources avait nié toutes les allégations et déclaré qu'elle prévoyait se défendre vigoureusement devant le tribunal.

Avec des informations d'Yvette Brend

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