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Le temps presse pour le quai de Natashquan

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Le Bella-Desgagnés au quai de Natashquan

Le Bella-Desgagnés au quai de Natashquan. (archives)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Boudreault

Radio-Canada

Dans un ultime cri du cœur, la Corporation du port régional de Natashquan a interpellé la ministre canadienne des Pêches, des Océans et de la Garde côtière pour la création d’un port de pêche au village.

La vingtaine de navires qui pêchent dans le secteur utilisent présentement un quai fédéral conçu pour le cabotage que la corporation juge dangereux.

Dans le venteux village de Natashquan, il suffit que de forts vents proviennent du sud-sud-ouest pour que les navires de pêches amarrés au quai soient contraints d’aller se placer à l’abri dans une baie voisine.

Le quai de Transports Canada n’est pas sécuritaire pour les pêcheurs parce qu’il n’a jamais été construit pour les pêcheurs, résume simplement Jean-Claude Landry, le président de la Corporation du port régional de Natashquan. M. Landry réclame depuis des années des actions du fédéral pour l’amélioration du quai.

Au quai de Natashquan, les pêcheurs doivent s’amarrer en quatre rangées de cinq navires placés côte à côte pour profiter de l'installation. Ils estiment que cette situation est particulièrement périlleuse lors des tempêtes.

Le président de la Corporation du port régional de Natashquan est bien placé pour le savoir : il a été pêcheur de crabe pendant 43 ans.

À la minute qu’il fait la moindre tempête, les bateaux se cognent les uns les autres et on est obligé soit de lâcher le quai, d’aller à l’ancre ou encore d’aller sur des tangons pour être capable de dormir à l’occasion et protéger [nos] bateaux. C’est pas une vie, se plaint Jean-Claude Landry.

On met plus d’énergie à savoir si les bateaux vont se défaire ou ne pas se défaire qu'on met à aller à la pêche.

Jean-Claude Landry, président de la Corporation du port régional de Natashquan

La Corporation du port régional de Natashquan réclame donc la construction urgente d’un port de pêche comprenant un quai de déchargement doté de 20 postes d’amarrage, d'une rampe de mise à l’eau, d'un stationnement doublé d’un parc d’hivernage et d'un brise-lame pour protéger le tout.

Jean-Claude Landry, président de la corporation du port régional de Natashquan

Jean-Claude Landry, président de la Corporation du port régional de Natashquan

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Un espoir qui s’effrite

Jean-Claude Landry avoue toutefois de moins en moins croire en la possibilité de voir se construire un port de pêche à Natashquan.

Selon les statistiques de Pêches et Océans Canada, le port de Natashquan est le 4e en importance sur la Côte-Nord et le 15e au Québec. Pourtant, le projet sur lequel il travaille depuis près de 10 ans semble dans l'impasse.

Pour la députée bloquiste de Manicouagan, Marilène Gill, un manque de volonté politique est en cause.

Il faut que le ministère des Pêches et Océans en vienne à avoir une vision! Se projeter en avant, se projeter dans l'avenir et non pas juste essayer de gérer une extinction d'infrastructures. En fait, c'est une question de volonté politique, avance la politicienne.

Selon elle, c’est une décision politique et non une décision administrative au sein de la fonction publique, qui permettrait de dénouer l’impasse pour les pêcheurs de Natashquan.

Un quai vétuste

Le quai utilisé actuellement par la flottille de Natashquan est jugé en fin de vie utile. La Corporation du port de Natashquan craint donc que la désuétude du quai force les pêcheurs de la région à débarquer leurs prises au port de Kegaska, à 50 kilomètres de là.

Cette alternative est rejetée par le président de la corporation du port régional de Natashquan. C'est un projet qui n'a aucun, aucun sens! Le havre de Kegaska est en surcapacité, juge M. Landry.

Le quai de Kegaska.

Le quai de Kegaska

Photo : Radio-Canada / Louis Garneau

La corporation estime que les infrastructures suffisantes coûteraient 17 millions de dollars à construire. Elle croit que le besoin d’un port de pêche en bonne et due forme sera grandissant dans le secteur avec la croissance prévue de la flottille de pêche de la communauté innue de Nutashkuan et son projet d'usine de transformation des fruits de mer.

Nous avons tenté de rejoindre le gouvernement fédéral à ce sujet, sans succès. Ni Pêches et Océans, ni le cabinet de la ministre canadienne des Pêches n'ont répondu à nos appels.

Avec les informations de Nicolas Lachapelle

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