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Confinement et éducation physique : faire bouger les jeunes malgré tout

Joueur de football avec un masque.

Le sport doit souvent être pratiqué avec de nouvelles restrictions. (Photo d'archives)

Photo : Associated Press / Rick Bowmer

Après un printemps et un été sous le signe du confinement, les jeunes réapprivoisent peu à peu le sport à l'école. Et pour les accompagner dans ce processus, les écoles et les familles doivent adapter leurs pratiques.

À l'automne, le Conseil scolaire du district de Toronto a notamment demandé aux enseignants d'éducation physique d'annuler certains entraînements.

Ils ont remarqué que les enfants sont immédiatement à bout de souffle, donc le manque d'activité physique [causé par] les sept derniers mois est évident

George Kourtis, directeur du programme d'éducation physique du Conseil scolaire du district de Toronto

Malgré cette directive, George Kourtis soutient qu'il est impératif que les enfants continuent à faire de l'exercice à l'école d'une manière ou d'une autre.

La distanciation physique avant tout

Maryam Sabir, élève de 9e année à Toronto, a appris à jouer au football depuis le début de la pandémie. Selon elle, la distanciation physique y amène une toute nouvelle dynamique. Tu dois rester à 2 mètres de distance, dit-elle. Elle ne peux pas vraiment communiquer avec d’autres personnes. Ça rend la partie plus difficile.

Maryam Sabir lance un ballon.

Maryam Sabir a récemment appris à jouer au football.

Photo : CBC/Craig Chivers

Le Conseil scolaire du Grand Nord de l’Ontario doit lui aussi revoir les règles des sports pratiqués dans les cours d’éducation physique.

Le directeur de l’éducation Marc Gauthier explique que plusieurs activités nécessitent le port du couvre-visage, alors que d'autres sports ne peuvent simplement plus être pratiqués.

Au secondaire, on ne fait plus de lutte. Tu ne veux pas des étudiants les uns par dessus les autres.

Marc Gauthier, directeur de l'éducation au Conseil scolaire du Grand Nord de l’Ontario

Quant à la forme physique de ses étudiants, Marc Gauthier fait la part des choses. Du mois de mars au mois d’août, c’est vrai que certains des élèves n’ont pas bougé autant. Avec la pandémie, plusieurs choses étaient fermées, des sports ont été annulés, dit-il.

Mais pour lui, ce retard s’observe dans toutes les disciplines, qu’elles soient sportives ou académiques. Ce n’est pas "business as usual", ça ne peut pas l’être, dit-il simplement.

Selon lui, il est prioritaire que les élèves retrouvent une forme de routine. Il faut réaliser que les jeunes sont rentrés avec un niveau d’anxiété beaucoup plus élevé qu’à la normale , soutient-il.

La quarantaine n’a pas été facile pour plusieurs de nos élèves. Pour plusieurs, l’école est l’endroit le plus sécuritaire qu’ils ont. On leur a retiré le tapis sous les pieds pendant une bonne période de temps.

Un homme sourit debout dans son bureau.

Le directeur de l'éducation au Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario, Marc Gauthier.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Bouger dès la maternelle

Chaque jour, Tina Beaudry enseigne à 27 jeunes de la maternelle à l’Académie virtuelle du Conseil scolaire catholique Nouvelon. Séparés en deux groupes, les petits sont accompagnés d’un adulte à la maison.

On doit les faire bouger chaque 5 ou 6 minutes [pour garder leur attention]. Au début de la journée, j’ouvre des liens au bas de mon écran avec des chansons pour bouger, des exercices!, lance-t-elle.

Il faut se transformer en Annie Brocoli pour les animer, sinon on les perd!

Tina Beaudry, enseignante spécialisée dans le cycle préparatoire
Tina Beaudry montre les petites affiches qu'elle a préparé.

À la rentrée, les jeunes ont d'abord dû s'habituer à leur nouvel environnement numérique, selon Tina Beaudry. « On a beaucoup pratiqué ouvre ton micro, ferme ton micro, et on a des petits bonhommes pour les aider », explique-t-elle.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, les cours d’éducation physique sont menés par les parents. L’enseignante leur fournit des propositions d’activités à faire avec leurs enfants en dehors des classes.

Quand on envoie une activité à la maison, comme pour l’éducation physique, si [les parents] ne nous fournissent pas de preuve, c’est difficile pour nous de faire le suivi comme on n’est pas là, soulève Mme Beaudry.

Elle souligne qu’il s’agit d’un défi auquel sont confrontés tous les enseignants donnant des cours en ligne, peu importe l’âge de leurs élèves. Si on n'est pas là avec [les jeunes], c’est plus difficile.

Parents à l’avant-plan

Maxime Jérôme a le sport et l’éducation à cœur. Il est coach de baseball, de soccer et de t-ball chaque été depuis 20 ans.

Moi, mon but est d’initier les enfants aux sports, et les aider à se rencontrer, à socialiser, dit celui qui est également représentant régional des Parents partenaires en éducation pour le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien.

Mais cet été, la pandémie a forcé l’annulation des activités sportives qu’il organisait.

Toujours souriant, M. Jérôme soutient que la situation actuelle est un excellent prétexte pour que les parents prennent le relais.

Une bonne marche [ou une autre activité] avec ses enfants après l’école. Ça fait dépenser de l’énergie… mais en plus, ça vous fait passer du temps avec vos enfants

Maxime Jérôme, représentant régional des Parents partenaires en éducation pour le Conseil scolaire de district catholique de l’Est Ontarien
Maxime Jérôme en compagnie d'un des groupe d'enfant qu'il a entraîné l'été passé.

Maxime Jérôme en compagnie d'un des groupes d'enfants qu'il a entraîné l'été passé.

Photo : Soumise par Maxime Jérôme

C'est également ce que suggère les résultats d'une étude publiée cet été dans l'International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity à laquelle le Dr Mark Tremblay, directeur de la recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité à l’Institut de recherche CHEO a participé.

Selon l'étude, l’encouragement et le soutien des parents ainsi que le fait de jouer activement avec ses enfants augmentent la probabilité de comportements sains en dehors de l'école.

L'équipe de recherche a également déterminé qu'au début de la pandémie, seuls 3 % des jeunes suivaient les directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les enfants et les jeunes (5 à 17 ans).

Presqu'aucun enfant canadien ne pratiquait les comportements associés à une vie saine, et ça les expose à un risque accru de problèmes de santé physique et mentale à l'avenir. [...] Ce n'est pas ce que veulent les responsables de la santé publique.

Dr Mark Tremblay, directeur de la recherche sur les saines habitudes de vie et l’obésité à l’Institut de recherche CHEO
 Dr Mark Tremblay.

Le Dr Mark Tremblay estime que les consignes de santé publique sur le fait de rester à la maison sont importantes, « mais cela ne signifie pas rester à l'intérieur ».

Photo : CBC

Mais même en temps normal, moins d’un enfant sur cinq suit ces directives, selon lui.

Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les enfants et les jeunes

  • Au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée
  • Plus de 8 heures de sommeil et des heures de coucher et de lever régulières
  • Moins de 2 heures de temps de loisir devant un écran

Le Dr Mark Tremblay explique que le niveau d’activité physique des enfants est également influencé par leurs conditions de vie. Il soutient que les enfants qui passent plus de temps à faire de l'activité physique à l'extérieur sont plus susceptibles de vivre dans une maison que dans un immeuble de 40 étages au centre-ville.

Avec les informations de CBC

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