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Mot en n : la rectrice de l’Université Laval pour une liberté académique « bienveillante »

La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours

La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours

Photo : Radio-Canada

Dans une lettre publiée vendredi matin, Sophie D’Amours revient sur une semaine difficile dans le milieu universitaire. À l’instar de la motion déposée à l'Assemblée nationale jeudi, la rectrice de l’Université Laval se positionne en faveur de la liberté académique… mais bienveillante.

Depuis la semaine dernière, l’Université d’Ottawa est secouée par une controverse entourant l’utilisation, par une de ses professeures, du mot commençant par la lettre n. Verushka Lieutenant-Duval a été suspendue pour cette utilisation du mot dans le cadre d’un enseignement sur les termes péjoratifs. Elle a depuis réintégré ses fonctions.

Plusieurs élèves disent avoir été blessés, voire choqués. Sur les réseaux sociaux, certaines personnes ont ensuite incité à la cyberintimidation et ont tenu des propos violents.

C’est un débat qui a lieu à l'université depuis le début de son existence, on en discute de cette liberté académique, depuis toujours. Et là, d’entendre ce débat prendre une portée plus générale et sociétale, c'est donc important pour nous de prendre la parole, explique Mme D’Amours en entrevue à l’émission C’est encore mieux l’après-midi.

Elle croit qu’à l’Université il faut débattre de tout, prendre des risques, étudier et explorer des sujets difficiles, sensibles, voire controversés. Mais pas n’importe comment.

Il existe un comité qui se concentre sur comment on peut justement continuer avec cette approche bienveillante de nos professeurs, avec rigueur, pour éviter de mauvaises interprétations de nos intentions, pour éviter qu'on se retrouve dans une situation de ruptures, poursuit-elle.

Ce comité doit remettre un rapport sur cet enjeu précis au début du mois de novembre.

Rappelons que même si la controverse se déroule à Ottawa, Québec a décidé d’agir. Une motion du Parti libéral a été adoptée à l’unanimité, jeudi, pour que l’Assemblée nationale réaffirme son appui indéfectible à la liberté académique.

Nommer sans le nommer

Dans sa lettre ouverte, comme en entrevue, la rectrice fait elle-même attention de ne pas nommer le mot controversé, au centre du débat actuel.

Elle souligne toutefois qu’il est primordial de tenir un débat civilisé. Il y a ce mouvement, cette tolérance à voir des messages qui sont haineux, qui sont violents et qui intimident, et il faut se préoccuper de ça comme société parce que ça amène des gens à se retirer du débat, et ce n'est pas sain, dit-elle.

La rectrice admet tout de même qu’il reste un travail à faire sur le plan de l’inclusion et de la diversité dans les universités.

Les étudiants nous le disent souvent. Ce qu’il faut, c’est d’avancer dans notre inclusion, et faire en sorte que nos universités soient plus inclusives et que l’accès aux études supérieures soit accessible. C’est de faire en sorte que les gens des groupes minoritaires se sentent les bienvenus.

La sortie médiatique de Mme D’Amours s’inscrit dans la même veine que celle de son homologue de l’Université de Montréal diffusé plus tôt cette semaine. Daniel Jutras croit qu’une réflexion collective sur la liberté d’expression est nécessaire.

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