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Électrification des transports : un gros joueur au Québec d’ici six mois

Portrait de Pierre Fitzgibbon.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, mise sur le développement de l'industrie automobile électrique.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Hugo Lavallée

Le Québec devra agir très vite s'il veut se tailler une place de choix dans l'industrie du transport électrique. « Le train est sorti de la gare », met en garde le ministre de l'Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon, en entrevue à Radio-Canada.

Il espère annoncer dans les six prochains mois qu'une grande entreprise du secteur des batteries aura choisi de s'installer au Québec.

Moi je suis très confiant qu'on va prendre un joueur important dans la conversion, qui va vouloir venir travailler avec nous autres, et si j'en annonce un d'ici 6 mois – moi je suis assez confiant – ça va débouler.

Pour le ministre, il n’y a pas une minute à perdre. Alors que de nombreux pays mettent de l'avant des plans de relance verte, assortis de milliards de dollars de subvention, la compétition est féroce pour attirer les entreprises et développer les brevets.

D’ici un an, un an et demi, il faut avoir annoncé quelques projets parce que le succès amène le succès, assure-t-il.

Mais même si plusieurs États sont engagés dans la course, Pierre Fitzgibbon estime que le Québec est en bonne posture pour rafler la mise, et ce, particulièrement dans le contexte actuel. Le ministre évoque entre autres les ressources naturelles dont dispose le Québec – lithium, nickel, graphite, cobalt –, ressources qu’il serait possible de transformer ici.

La séduction nord-américaine

Il va y avoir un besoin de circularité en Amérique du Nord et c'est là que je veux que le Québec soit perçu comme un des joueurs. […] M. Musk, de Tesla, je suis sûr, préférerait acheter des composantes faites en Amérique du Nord que de dépendre des marchés asiatiques où géopolitiquement il peut y avoir des problèmes et même des problèmes commerciaux. On parle de la Chine et des États-Unis, ce n'est pas jojo présentement.

Pas question, toutefois, pour le Québec de se lancer dans la fabrication d’automobiles. On ne fera pas de Tesla au Québec, j'aimerais ça pouvoir vous dire ça, mais ça n'arrivera pas, tranche le ministre.

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Transport électrique au Québec : vers un coup d’accélérateur?

Il est en revanche moins catégorique sur la localisation de l’assemblage des batteries : La question c’est [...] : où on met la batterie? Près du producteur [de voiture] ou près du minerai? C'est là la question.

Si espérer vendre des batteries à des constructeurs automobiles basés dans le sud des États-Unis semble peu plausible, en fabriquer pour les usines ontariennes semble plus probable.

Le mois dernier, les premiers ministres du Canada et de l’Ontario ont annoncé un investissement de 590 millions de dollars pour convertir une usine de montage d’Oakville afin qu’elle fabrique des véhicules électriques.

On pourrait peut-être faire un deal avec M. Ford, évoque le ministre, qui précise en avoir déjà parlé avec le premier ministre ontarien. Moi je pense qu'on a une chance de devenir un joueur important en Amérique du Nord.

Le ministre réitère être prêt à engager de grosses sommes d’argent public pour soutenir l’industrie – jusqu’à 2 milliards de dollars. En plus du développement des batteries, il identifie deux créneaux porteurs : le recyclage des composantes de batteries en fin de vie et le développement de véhicules autonomes, électriques et intelligents.

Il donne en exemple le projet de tracteur autonome Elmec, auquel le ministère a octroyé 4,1 millions de dollars. Le véhicule pourra à terme effectuer des tâches agricoles, qui sont présentement réalisées avec des tracteurs au diesel.

L'investissement du Québec dans ces projets-là nous rend crédibles et légitimes quand on parle aux gros producteurs, fait-il valoir.

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Le tracteur électrique autonome développé par Elmec

Un tracteur électrique, autonome et intelligent

L’entreprise Elmec, établie en Mauricie, développe présentement un tracteur électrique, autonome et intelligent, capable de sarcler les champs sans conducteur.

La compagnie a déjà construit un prototype, et une subvention de 4,1 millions lui permettra maintenant de construire des répliques commerciales de son nouvel engin.

Il n'y a pas de moteur à essence, il n'y a pas de moteur Diesel, il n'y a pas d'hydraulique [...] L'électricité a été choisie vraiment au départ, il y avait une raison environnementale, explique l’ingénieur en chef du projet, Samuel Pittet. Il ajoute cependant que, d’un strict point de vue financier, le choix de l’électricité s’est avéré plus économique qu’un moteur à essence.

C'est un savoir-faire qui est émergent, donc c'est en faisant des projets comme ceux-là qu'on forme des gens à mieux faire, explique Marc-Antoine Legault, de l’Institut du véhicule innovant, qui a également contribué au projet.

Une chaîne faite de plusieurs maillons

Pour réussir à percer sur la scène nord-américaine, le Québec devra idéalement développer une expertise dans plusieurs créneaux de pointe.

Entre le minerai et puis assembler la batterie, il y a toute une chaîne [...] Là, je travaille dans la chaîne présentement. [...] Il y a peut-être 5-6 segments dans la chaîne. On regarde chacun des segments, explique M. Fitzgibbon.

Les premiers maillons de la chaîne seront les plus difficiles à mettre en place, mais le ministre a bon espoir de voir les investissements s’additionner une fois les premières étapes franchies.

Le train est peut-être sorti de la gare, mais il n’est pas encore arrivé à destination.

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