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Étude sur les violences sexuelles au cégep: une personne sur trois rapporte en avoir subi

L'extérieur du Cégep de l'Outaouais.

Un professeur de cégep sur deux a été victime de harcèlement sexuel, selon une étude à laquelle le Cégep de l’Outaouais a participé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un professeur de cégep sur deux a été victime de harcèlement ou de comportements sexuels non désirés dans son milieu de travail, selon une étude réalisée auprès de cinq institutions collégiales, dont le Cégep de l’Outaouais.

Plus de 6000 membres de la communauté collégiale, dans cinq cégeps deu Québec, ont participé au sondage en ligne du Projet intercollégial d’étude sur le consentement, l’égalité et la sexualité (Nouvelle fenêtre) (PIECES) en novembre dernier. Près de 900 étudiants et employés du Cégep de l'Outaouais ont répondu aux questions dans le cadre de l'étude. Les résultats dévoilés jeudi permettent de dresser un portrait des situations de violences à caractère sexuel vécues par la communauté collégiale.

On pourrait s'attendre à ce que ce soit surtout les étudiants, mais les chiffres sont significatifs pour les employés aussi, que ce soit pour les enseignants ou les employés administratifs explique la travailleuse sociale et co-chercheuse de l’étude au Cégep de l’Outaouais, Dominique M-Lavoie.

Les gens peuvent soupçonner que le problème des violences à caractère sexuel en milieu collégial est un problème marginal, mais les chiffres ont démontré que les cas sont nombreux, fréquents, répétitifs.

Dominique M-Lavoie, travailleuse sociale et co-chercheuse de l’étude au Cégep de l’Outaouais

Un enjeu silencieux

Par ailleurs, plus d'une personne sur trois a rapporté avoir été victime de comportements sexuels non désirés au cégep, la plupart étant des cas de harcèlement (imposer sa nudité à l'autre, regards offensants, commentaires ou gestes sexuels insultants) survenus sur le campus.

Malgré tout, la violence sexuelle dans les milieux collégiaux demeure un enjeu dont on entend peu parler. Les victimes sont encore peu nombreuses à dénoncer.

Une femme parle à la caméra devant des arbres au feuillage coloré.

Dominique M-Lavoie, travailleuse sociale et co-chercheuse de l’étude au Cégep de l’Outaouais

Photo : Radio-Canada

Le professeur de littérature et président du Syndicat des enseignants et des enseignantes du Cégep de l’Outaouais (SEECO), Christian Bernier, souligne que ces chiffres très élevés ne sont pas rassurants.

Je suis étonné parce qu’on ne connaissait pas l'ampleur de ce phénomène, indique M. Bernier, ajoutant n’avoir reçu aucune plainte officielle en matière de violence à caractère sexuel depuis le début de son mandat à la tête du syndicat, il y a plus de quatre ans.

Je pense que beaucoup de choses peuvent se passer dans les corridors, loin de la vue et des oreilles des autres. C’est l’impression que j'ai.

Christian Bernier, professeur de littérature et président du Syndicat des enseignants et des enseignantes du Cégep de l’Outaouais

Pas surprenant selon des étudiants

Sur le campus, les réactions sont partagées. Alors que certains étudiants disent ne pas être étonnés des résultats de l’étude, d’autres soulignent n’avoir jamais été témoins ou victimes de tels comportements.

Il y a beaucoup de rumeurs qu’on entend de ce qui se passe au cégep, du bouche-à-oreille. Ça ne me surprend pas vraiment, indique une étudiante en techniques juridiques au Cégep de l’Outaouais, Marie-Ève Garneau.

Avec mes amies, je suis en soins infirmiers et c’est pas mal juste des filles, et je n’ai jamais entendu quelque chose comme ça, ajoute Lydia Nadon. Son amie Laurence Prescott, qui a fait ses études en sciences humaines au Cégep de l’Outaouais, comprend néanmoins que la plupart des victimes hésitent à dénoncer.

S’ils sortaient ça, ce serait 50-50 : est-ce qu’on les croit ou on ne les croirait pas? C’est comme ça encore de nos jours avec toutes les agressions, estime-t-elle.

Encourager à dénoncer

Au Cégep de l’Outaouais, un service pour les violences à caractère sexuel a été mis en place depuis l'adoption de la loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel sur les campus.

Il y a des gens dont c’est le travail, qui sont là pour accueillir les victimes, assure M. Bernier. On n’est pas obligé de porter plainte et d'entrer dans un processus très lourd, mais il faut nommer ces problèmes-là à des personnes qui pourront intervenir.

Les membres du personnel ont également suivi une formation sur le sujet.

Pour que les gens arrêtent de commettre des violences de ce genre-là, ça va passer beaucoup par la conscientisation, mais il faut aussi que les victimes prennent la parole si on veut que ça change, conclut-il.

Avec les informations de Nafi Alibert et Marielle Guimond

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