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L'art de tisser les végétaux

Laurence Thiffault est entourée de ses produits tissés avec des végétaux : des paniers, des chapeaux et des accessoires aromatiques.

Laurence Thiffault, à Saint-Juste-du-Lac, au Témiscouata, tisse les végétaux pour en faire des accessoires utilisés dans la vie de tous les jours.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Jennifer Boudreau

Laurence Thiffault est une des rares artisanes qui tisse les végétaux au Bas-Saint-Laurent.

Cette mère de famille qui habite à Saint-Juste-du-Lac, au Témiscouata, transforme la nature qui l'entoure en différents produits utilisés dans la vie de tous les jours.

L'artisane fabrique de ses doigts de fée des paniers en osier et en hart rouge, transforme les quenouilles en chapeaux, les cosses de maïs en poupées et le foin d'odeur en accessoires aromatiques.

Laurence Thiffault fabrique des accessoires avec des quenouilles, du foin d'odeur, de la hart rouge et de l'osier, qu'elle cultive ou cueille dans la nature.

Laurence Thiffault fabrique des accessoires avec des quenouilles, du foin d'odeur, de la hart rouge et de l'osier, qu'elle cultive ou cueille dans la nature.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La quenouille, c'est une matière que j'aime beaucoup. Justement, je parlais d'abondance : il y en a vraiment beaucoup partout!

Laurence Thiffault, artisane

Ça se travaille vraiment bien, ça devient comme une corde. On peut en faire des travaux fins, mais c'est aussi super résistant, raconte-t-elle.

Par contre, pour les paniers rustiques d'osier, c'est très long à terminer. C'est un panier qui peut se faire sur plusieurs mois, explique l'artisane. Pour faire ce type de panier, elle doit utiliser de l'osier fraîchement coupé, attendre qu'il sèche et ensuite y ajouter d'autres branches afin de le rendre plus résistant.

Je fabrique aussi des petites poupées en foin d'odeur. Des tresses aussi qu'on peut disposer dans la maison. Ça sent extrêmement bon! Dans le fond, l'humidité dans l'air va raviver les petits cristaux de coumarine qui se trouvent à l'intérieur. C'est ça qui donne l'odeur, explique-t-elle.

Laurence Thiffault tisse des produits avec du foin d'odeur qu'elle cultive chez elle, à Saint-Juste-du-Lac.

Laurence Thiffault tisse des produits avec du foin d'odeur qu'elle cultive chez elle, à Saint-Juste-du-Lac.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

J'entretiens quelque chose de vraiment puissant avec cette plante-là. Je suis bien quand je suis avec elle. Je peux passer des heures à juste trier des brins de foin! Toute la vannerie, c'est un peu ça aussi, ces moments-là, où tu te poses, tu touches la matière, précise-t-elle.

C'est un mantra avec les doigts!

Laurence Thiffault, artisane

Un séchoir étonnant

Avant de pouvoir les tisser, l'artisane fait sécher ses matières végétales dans une maison ancestrale située sur son terrain.

Laurence Thiffault fait sécher ses matières végétales dans la maison ancestrale de la première famille à avoir habité sa terre.

Laurence Thiffault fait sécher ses matières végétales dans la maison ancestrale de la première famille à avoir habité sa terre.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il s'agit de la maison de la première famille à avoir habité et défriché sa terre. C'est dans ce petit bâtiment que cette famille a élevé six enfants.

C'est là où je place tout mon foin d'odeur, mon jonc et aussi d'autres matières que j'utilise, ajoute l'artisane.

L'artisane dépose des fleurs dans un de ses paniers.

Laurence Thiffault fabrique des paniers en hart rouge et en osier.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

J'ai une grande sensibilité pour les végétaux qui m'entourent.

Laurence Thiffault, artisane

Tous les jours, j'ai une pensée pour la vannerie et j'ai besoin de faire quelque chose en lien avec ça. Alors, je vais juste aller marcher en forêt, aller marcher dans le champ, ou aller ramasser des choses que j'ai déjà séchées dans mon séchoir et je vais faire tremper ça dans l'optique de faire un projet.

Laurence Thiffault tisse un panier avec de la quenouille.

Laurence Thiffault tisse un panier avec de la quenouille.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Laurence Thiffault affirme puiser son inspiration chez certains vanniers du Québec et de l'Europe, comme l'artiste Tim Johnson.

En général, elle ajoute avoir appris ses différentes techniques de tissage de manière autodidacte, notamment en lisant des livres.

Un pied de nez à la société de consommation

Ces savoir-faire anciens permettent à Laurence Thiffault et à sa famille d'avoir un mode de vie en accord avec les saisons et une grande proximité avec le territoire qui les entoure.

C'est une partie intégrale de notre vie, de vivre selon nos convictions, de vivre près du territoire, de consommer la nourriture qu'on produit. Alors la vannerie, c'est juste la suite logique des choses, explique-t-elle.

C'est un peu un pied de nez à la société de consommation, où est-ce qu'on fabrique ce dont on a besoin.

Laurence Thiffault, artisane
Laurence Thiffault fait sécher ses matières végétales en compagnie d'un de ses trois enfants.

Laurence Thiffault fait sécher ses matières végétales en compagnie d'un de ses trois enfants.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Chacun des objets confectionnés par Laurence Thiffault est accompagné d'une histoire, de la cueillette à la création.

Ça fait en sorte qu'on a une relation différente avec les objets qui nous entourent. Si on pouvait avoir une relation directe avec chacun de ces objets-là, peut-être que l'on consommerait moins...

C'est ce qui fait, selon elle, que chacune de ses créations est unique et précieuse.

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