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La pénurie d'infirmières à son paroxysme au CISSS de la Côte-Nord

Une infirmière qui porte des gants de caoutchouc joint se mains derrière son dos.

Le CISSS de la Côte-Nord dépend de main-d'œuvre indépendante pour combler les besoins infirmiers. (archives)

Photo : Associated Press / Tim Tai

Radio-Canada

La pénurie d'infirmières atteint des sommets historiques au CISSS de la Côte-Nord. Il manque plus de 300 infirmières et infirmières auxiliaires dans les établissements de santé publics de la région.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) admet que les conditions de travail difficiles, bien connues dans le réseau de la santé, compliquent le recrutement, et peuvent inciter des infirmières à se tourner vers les agences de placement privées.

Vanessa Charest, la cheffe de la liste de rappel, de la rémunération et des avantages sociaux du CISSS de la Côte-Nord, avance malgré tout que les emplois dans le réseau public de santé présentent toutefois leurs avantages.

Plus on va le déserter, notre réseau, pire ça va aller. Donc il faut lui donner de l'amour puis revenir vers le réseau. Je pense qu'on a de bonnes conditions de travail quand même, il faut regarder ce qu'on a : la sécurité d'emploi, un régime de retraite, c'est important. Ce sont toutes des choses qu'on ne retrouve pas nécessairement chez la main-d'œuvre indépendante, présente Mme Charest.

Pourtant, le problème du CISSS de la Côte-Nord n'est pas le recrutement, mais bien de rétention du personnel, selon la présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ), Nathalie Savard.

Nathalie Savard.

La présidente du syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois, Nathalie Savard

Photo : Radio-Canada

La syndicaliste estime que les relations de travail se sont dégradées au CISSS depuis la réforme Barrette en 2016, et qu'il est difficile pour les infirmières de faire respecter leur convention collective.

Nathalie Savard observe que cette situation pousse plusieurs infirmières à quitter leur emploi.

C'est des gens qui nous quittent, qui retournent dans d'autres régions, qui viennent essayer puis qui disent "non, je retourne ailleurs, sous un ciel plus beau". C'est ça qui se passe présentement. On ne s'occupe pas des gens que nous avons, déplore-t-elle.

Quitter le public pour le privé

Pour maintenir ses services, le CISSS de la Côte-Nord doit donc, plus que jamais, faire appel à de la main-d'œuvre indépendante.

Andréa Leduc fait partie de ces infirmières d'agence, venue en renfort à Sept-Îles.

Ayant quitté le réseau public il y a quelques années, elle estime qu'il est plus avantageux de travailler au privé.

Il y a des conditions salariales, mais aussi, c'est beaucoup pour la liberté, le choix. Le choix des vacances, le choix des horaires, le choix de l'endroit où tu veux travailler. Puis il y a toujours une équipe qui t'écoute, des patrons qui sont là pour toi, qui veulent juste ton bien, indique Mme Leduc.

Andréa Leduc.

Andréa Leduc est une infirmière d'agence.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Si l'emploi de main-d'œuvre indépendante est donc nécessaire, le SIISNEQ-CSQ rappelle que cette option est cependant coûteuse et qu'elle contribue à l'instabilité des équipes de travail.

Avec les informations de Marc-Antoine Mageau

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