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Francisation des demandeurs d'asile : le PLQ exige un recul complet

Marwah Rizqy, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, assise au Salon bleu

Marwah Rizqy, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation

Photo : Radio-Canada

Le Parti libéral du Québec (PLQ) revient à la charge dans le dossier des demandeurs d'asile privés de cours de francisation cet automne. Insatisfaite de la réponse offerte jusqu'ici par le ministre de l'Éducation, la députée Marwah Rizqy réclame à nouveau un recul complet.

Lors d'une interpellation au Salon bleu concernant la gestion de la COVID-19 dans le réseau de l'éducation au Québec, vendredi matin, Mme Rizqy s'est insurgée que des demandeurs d'asile attendent d'avoir le go pour pouvoir s'inscrire à leurs cours de français.

Je n'arrive pas à comprendre aujourd'hui pourquoi avec un nouveau critère qui a été instauré en pleine pandémie , a-t-elle ajouté.

Mme Rizqy fait référence au fait que depuis la fin de l'été, les demandeurs d'asile qui veulent être francisés dans le réseau scolaire ont été obligés d'obtenir d'abord un permis d'études du fédéral et un certificat d'acceptation du Québec.

Mais plus tôt cette semaine, Radio-Canada a révélé que les délais pour obtenir ces documents peuvent atteindre six mois. Qui plus est, de nombreux demandeurs d'asile ont été carrément incapables d'obtenir leur certificat d'acceptation.

À la suite de ce reportage, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge a annoncé qu'il retirait un critère menant à l'obtention du certificat d'acceptation du Québec. Cela facilitera les démarches de plusieurs demandeurs, selon lui.

Ce changement n'est toutefois pas suffisant aux yeux de Mme Rizqy, qui réclame un retour aux anciennes règles. Pour s'inscrire à la francisation, les demandeurs d'asile devraient ainsi fournir une preuve de résidence au Québec et un document officiel d'Immigration Canada.

La meilleure façon de s'intégrer au Québec, vous le savez comme moi et je suis persuadée que vous partagez le même sentiment que moi, c'est par la langue, a lancé Mme Rizqy à son vis-à-vis caquiste.

Je vous demande de reconsidérer votre position, de reculer et de permettre dès maintenant aux demandeurs d'asile d'avoir accès à leurs cours de français.

La députée libérale Marwah Rizqy, s'adressant au ministre de l'Éducation

Hors sujet, selon le ministre

Au moment de répliquer, le ministre Roberge a laissé entendre que cette demande était hors sujet dans le cadre de ces travaux parlementaires devant porter sur la gestion de la pandémie en éducation.

Ma collègue s'est gâtée en allant dans vraiment beaucoup de sujets, certains qui ne sont pas en lien avec le thème de l'interpellation, a-t-il dit, avant de répondre aux autres questions abordées par Mme Rizqy.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, assis au Salon bleu

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

Photo : Radio-Canada

À plus d'une reprise, Radio-Canada a demandé au cabinet du ministre pourquoi de nouveaux documents sont exigés pour les demandeurs d'asile qui veulent être francisés dans les centres de formation générale pour adultes.

Vendredi après-midi, l'attachée de presse du ministre a indiqué par courriel que les règles n'avaient pas changé. Selon Geneviève Côté, le Ministère a simplement bonifié son guide administratif pour préciser les règles que les centres de services scolaires sont tenus d'appliquer.

Une source bien au fait du dossier dans le milieu de l'éducation, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles, croit que le cabinet du ministre joue sur les mots. Les règles ont bel et bien changé, dit-elle. Et elle se demande toujours pourquoi.

La dignité

C'est soit une erreur, soit une mauvaise compréhension du système, ou c'est une façon de ne pas donner de services à cette clientèle-là, indique cette source.

À son avis, le petit changement annoncé mercredi pour faciliter l'accès au certificat d'acceptation du Québec ne réglera pas le fond du problème : les nouveaux documents exigés sont difficiles et longs à obtenir.

Il y en a déjà que ç'a freiné. Ceux qui ont déjà essayé, vont-ils vouloir le refaire? C'est compliqué ces démarches-là pour quelqu'un qui ne parle pas la langue et qui ne connaît pas le système.

Une source bien au fait du dossier dans le milieu de l'éducation

Cette source rappelle que la francisation dans le réseau scolaire ne mène pas à un diplôme, mais qu'il s'agit de l'outil de base pour s'intégrer et vivre la période où ils sont ici en attente d'une réponse à leur demande d'asile.

C'est juste ça, la francisation : permettre aux gens d'avoir les outils pour vivre, s'en sortir et avoir un minimum de dignité , résume-t-elle.

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