•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Perry Bellegarde demande le remplacement de la commissaire de la GRC Brenda Lucki

Montage avec une photo de Perry Bellegarde d'un côté et Brenda Lucki de l'autre.

Perry Bellegarde (à gauche) demande à Justin Trudeau de remplacer Brenda Lucki au poste de commissaire de la GRC.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick/Adrian Wyld

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, demande le remplacement de la commissaire de la GRC Brenda Lucki. Cette dernière a récemment défendu les agents de la GRC dans leur gestion du différend en cours entre les pêcheurs de homard micmacs et les pêcheurs commerciaux non Autochtones en Nouvelle-Écosse.

Perry Bellegarde explique avoir perdu confiance en Brenda Lucki lorsqu'elle s'est opposée aux affirmations selon lesquelles les forces de l’ordre n'avaient pris que peu de mesures pour endiguer la violence dirigée contre le peuple micmac.

Sur Twitter, le chef de l’APN affirmait ceci : Après des mois de troubles civils et de multiples problèmes liés à la sécurité des membres des Premières Nations dans tout le pays, je vais écrire au premier ministre Trudeau pour lui dire que nous avons perdu confiance en la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Brenda Lucki.

La sûreté et la sécurité de tous les Canadiens, y compris les membres des Premières Nations, doivent être la priorité absolue du premier ministre et du gouvernement fédéral, ajoutait Perry Bellegarde. C'est pourquoi M. Bellegarde demande à Justin Trudeau le remplacement de Brenda Lucki par une personne qui se concentrera sur la sécurité publique et sur le combat contre le racisme.

Justin Trudeau dit continuer le travail avec la commissaire

Lors du point de presse sur la COVID-19 aujourd’hui à Ottawa, Justin Trudeau a réagi à la demande de Perry Bellegarde.

Le premier ministre a expliqué que certains défis existaient en Nouvelle-Écosse avec ce qui s’est passé récemment, mais aussi avec ce qui s’est passé il y a plusieurs mois et la terrible tragédie de Portapique.

Aux yeux de Justin Trudeau, ces événements ont conduit la population canadienne à soulever des questions par rapport à la GRC et à son fonctionnement.

Nous allons continuer de travailler pour assurer que la GRC est en train de protéger les Canadiens et de bien les servir. C’est un travail que je fais avec la commissaire, et un travail que nous faisons tous ensemble.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La commissaire Brenda Lucki a déclaré à la CBC plus tard en journée qu’elle reste déterminée à remplir [son] mandat de modernisation de la GRC en mettant fortement l’accent sur la promotion de la réconciliation avec les Autochtones.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, affirme que le gouvernement fédéral est au courant de la demande de Perry Bellegarde.

Nous avons reconnu, tout comme la commissaire, que, tout au long de son histoire, le service n’a pas toujours traité de façon juste et équitable les groupes raciaux et les peuples autochtones. Il n’y a aucun doute qu’il existe un racisme systémique au sein de la GRC, explique-t-il.

Il ajoute que le gouvernement et la commissaire apporteront ensemble des changements significatifs pour s’assurer que la police traite les personnes qu’elle a juré de servir et de protéger avec dignité et respect, et cela, tout en prenant les mesures nécessaires pour arriver à des résultats justes et équitables pour tous.

Une saison de pêche sous tension

Les propos de Perry Bellegarde sur les réseaux sociaux surviennent après plusieurs semaines de tensions relatives au lancement d'une pêche au homard autorégulée par la Première Nation Sipekne'katik, qui se déroule toutefois en dehors de la saison commerciale autorisée par le gouvernement fédéral.

Il y a 21 ans, la Cour suprême du Canada avait statué que les Micmacs ont le droit de tirer un gagne-pain modéré de la pêche. La Cour avait ensuite jugé que le gouvernement fédéral pouvait réglementer la pêche des Micmacs, mais qu'il devait justifier toute restriction qui était imposée.

Le 14 octobre, plusieurs centaines de pêcheurs commerciaux non autochtones et leurs partisans ont fait une descente dans deux installations de pêche au homard dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Ces personnes ont alors vandalisé les bâtiments où les pêcheurs micmacs entreposaient leurs prises, notamment en repartant avec des caisses de homard.

L'une de ces installations, située dans le Middle West Pubnico, en Nouvelle-Écosse, a été détruite, quelques jours plus tard, dans un incendie que la GRC a déclaré suspect.

Sur place, de nombreux pêcheurs commerciaux considèrent la saison de pêche Sipekne'katik dans la baie Sainte-Marie comme illégale et craignent que la capture de homard en dehors de la saison obligatoire n'ait des répercussions négatives sur les stocks de crustacés.

Cette semaine, la Première Nation Sipekne'katik a obtenu une injonction pour protéger ses pêcheurs et ses biens, ainsi que pour empêcher toute interférence avec ses activités commerciales dans la baie Sainte-Marie.

Avec les informations de Ryan Patrick Jones

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !