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Trump annonce une normalisation entre Israël et le Soudan

Abdallah Hamdok parle dans un micro.

Le premier ministre soudanais Abdallah Hamdok.

Photo : Reuters / MOHAMED NURELDIN ABDALLAH

Agence France-Presse

Israël et le Soudan ont accepté de normaliser leurs relations diplomatiques, a annoncé vendredi le président américain Donald Trump, revendiquant une « énorme victoire pour la paix dans le monde » à 11 jours de la présidentielle américaine.

Khartoum a confirmé vendredi soir ce dégel. Le Soudan et Israël ont accepté de normaliser leurs relations, de mettre fin à l'état d'agression entre eux, a annoncé la télévision d'État.

C'est dans le bureau ovale, entouré notamment de son secrétaire d'État Mike Pompeo et de son gendre et conseiller Jared Kushner, que M. Trump a déclaré que les deux pays ennemis avaient fait la paix.

Le président américain était au téléphone, sur haut-parleur, avec le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son homologue soudanais Abdallah Hamdok.

Ce dernier a remercié M. Trump d'avoir décidé de retirer son pays de la liste des États soutenant le terrorisme, affirmant que cette décision aurait un impact économique majeur.

Nous oeuvrons à avoir des relations diplomatiques qui servent au mieux les intérêts de notre peuple, a-t-il écrit sur Twitter.

Nous agrandissons le cercle de la paix si rapidement grâce à votre leadership, a salué de son côté le premier ministre israélien.

Quel formidable revirement! Aujourd'hui Khartoum dit oui à la paix avec Israël, oui à la reconnaissance d'Israël et à la normalisation avec Israël, a ajouté M. Nétanyahou dans une déclaration transmise par ses services à l'AFP.

Un péché politique, selon le Hamas

La normalisation des relations Israël-Soudan est un péché politique qui nuit à la fois aux Palestiniens et aux Soudanais, a réagi le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Il s'agit d'un péché politique qui nuit au peuple palestinien et à leur juste cause, nuit aussi à l'intérêt national du Soudan […] et ne bénéficie qu'à Nétanyahou [le premier ministre israélien], a déclaré Hazem Qassem, le porte-parole officiel du Hamas, mouvement au pouvoir dans la bande de Gaza.

Le président américain, à la traîne dans les sondages pour la présidentielle du 3 novembre, s'est réjoui sur Twitter d'une ÉNORME victoire aujourd'hui pour les États-Unis et pour la paix dans le monde.

Le Soudan a accepté un accord de paix et de normalisation avec Israël! Avec les Émirats arabes unis et le Bahreïn, cela fait TROIS pays arabes en seulement quelques semaines. D'autres vont suivre!, a-t-il écrit.

Après le Soudan, l'Arabie saoudite?

Avant le Soudan, les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient accepté de normaliser leurs relations avec Israël.

Le président Donald Trump a dit vendredi s'attendre à ce que cinq autres pays arabes, dont l'Arabie saoudite, normalisent leurs relations avec Israël.

C'est une nouvelle étape majeure vers la paix au Moyen-Orient, a tweeté un porte-parole de la Maison-Blanche, Judd Deere.

Peu avant, la Maison-Blanche avait annoncé que Donald Trump allait retirer le Soudan de la liste des États soutenant le terrorisme.

Donald Trump a informé le Congrès de son intention d'annuler formellement la désignation du Soudan comme État parrain du terrorisme, a indiqué l'exécutif américain, qualifiant ce développement de moment charnière pour le Soudan et les relations entre Washington et Khartoum.

Indemnisation de victimes américaines par le Soudan

Cette annonce intervient après que le Soudan eut accepté de résoudre certaines demandes des victimes américaines du terrorisme et leurs familles. Hier, en application de cet accord, le gouvernement de transition du Soudan a transféré 335 millions de dollars sur un compte séquestre pour ces victimes et leurs familles, a précisé la Maison-Blanche.

Il s'agit notamment des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse djihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie, et qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

L'accord ouvre la voie à un nouvel avenir de collaboration et de soutien à la transition historique en cours au Soudan, selon la Maison-Blanche, qui a salué les autorités de transition du pays.

L'exécutif a enfin appelé le Congrès américain à adopter la loi nécessaire pour mettre en œuvre l'accord.

Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les États-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsque l'ex-président soudanais Omar El-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et a joué le jeu de la paix au Soudan du Sud. La révolution qui a balayé Omar El-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Depuis la chute du régime d'El-Béchir en avril 2019, le Soudan est dirigé par une autorité de transition dans laquelle militaires et civils se partagent le pouvoir, jusqu'aux élections prévues en 2022.

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