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Pêche au homard aux Îles : de « dangereux précédents » malgré une saison record

Des cages à homard et des bateaux à quai dans la lumière du soleil levant.

Tous les ports de pêche madelinots ont connu une hausse des volumes de débarquement de homard en 2020, sauf celui de Pointe-aux-Loups.

Photo : Comité de la Mise à l'eau

La dernière saison de pêche au homard aux îles de la Madeleine a engendré de « dangereux précédents » selon les associations de pêcheurs madelinots.

Le rapport final de Pêches et Océans Canada confirme que la saison 2020 en est une record en termes de volume avec 6095 tonnes de homard débarqué, soit une hausse de 13,7 % par rapport à l’an dernier. Cependant, la valeur des débarquements est en baisse de 15,5 % par rapport à 2019, pour un total de 66,4 millions de dollars.

Même si les pêcheurs estiment avoir sauvé les meubles dans le contexte de la pandémie, la COVID-19 a engendré des situations inquiétantes, selon le président de l'Association des pêcheurs propriétaires des Îles (APPÎM).

Il y a eu des précédents qu’on n’avait jamais vus depuis que la pêche au homard existe aux îles de la Madeleine. Ça pourrait être assez dangereux pour l’avenir des pêcheries dans l'archipel.

Mario Déraspe, président de l'Association des pêcheurs propriétaires des Îles

Mario Déraspe s’inquiète notamment du recul des prix versés à quai.

En 2020, quand tu pêches du homard en bas de 4 $/ lb aux îles de la Madeleine, c’est inacceptable. On a eu des semaines à 3,90 $/ lb, explique-t-il.

Le prix moyen versé aux pêcheurs s’élève à 4,95$/lb en 2020 comparativement à 6,65 $/ lb en 2019.

Des quotas de débarquement à quai

L’APPÎM déplore également que certains industriels aient fixé des limites de débarquement aux pêcheurs, une doléance partagée par le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCÎ). Les associations précisent que deux industriels ont imposé des quotas de débarquement durant certaines périodes à leurs pêcheurs affiliés.

C’est déplorable pour une partie de nos membres qui ont eu de la difficulté à vendre leurs produits, estime le président du RPPCÎ, Charles Poirier.

Imposer des quotas journaliers pour certains pêcheurs, ça n’avait jamais été fait dans la pêche au homard aux îles de la Madeleine, précise Mario Déraspe.

Quand nos confrères s’en vont en mer et qu’ils ont une limite, et que toi tu peux rapporter ce que tu veux, ce n’est pas équitable pour l’ensemble des pêcheurs.

Mario Déraspe, président de l'Association des pêcheurs propriétaires des Îles
Des pêcheurs transbordent leur prise de leur bateau à un camion sur le quai de Grosse-Île.

À Grosse-Île, la Coopérative des pêcheurs du Cap-Dauphin a imposé une limite quotidienne de débarquement de homards à ses pêcheurs durant une bonne partie de la saison de pêche. LA Renaissance a également mis en place des quotas durant certaines périodes (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Mario Déraspe déplore également le fait que certains industriels aient refusé d'acheter, cette année, les homards à une seule patte.

Ce sont toutes des choses auxquelles il faudra faire attention dans l’avenir, indique-t-il.

L’enjeu des pêches autochtones de subsistance

Le Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles est aussi préoccupé par le débat entourant la pêche de subsistance autochtone, un enjeu qui suscite actuellement la controverse en Nouvelle-Écosse.

Son président, Charles Poirier, s'inquiète de la tenue d'une pêche micmaque hors saison et appuie les revendications des pêcheurs commerciaux allochtones des Maritimes. Selon lui, cette pêche de subsistance peut mettre à mal les efforts de conservation du homard dans le golfe du Saint-Laurent.

Charles Poirier estime que les pêcheurs madelinots ne sont pas à l'abri du débat, bien qu'aucune communauté autochtone ne se trouve dans l'archipel.

Si je comprends bien, dit-il, les pêcheurs micmacs veulent s’approprier le golfe du Saint-Laurent au complet, donc il faut rester alertes. S’ils décident de venir pêcher ici, ils vont pouvoir parce que le gouvernement le permet.

Le RPPCÎ souhaite faire partie des discussions dans le dossier.

On veut faire partie des consultations avec les Autochtones, allochtones, et les industriels pour savoir ce qu’il se passe parce que, là, toutes les consultations sont à huis clos seulement avec les Autochtones, soutient M. Poirier.

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